(Rome, 13 octobre 2026). La tension monte en mer Noire après une nouvelle attaque aux drones contre deux navires marchands bulgares. L’un des bâtiments a sombré, tandis que onze marins sont portés disparus. Alors que Sofia sollicite le soutien de l’OTAN, les soupçons se tournent vers Moscou, sans qu’aucune responsabilité n’ait été formellement établie à ce stade. Le Premier ministre Rumen Radev convoque l’ambassadrice de Russie à Sofia. Mark Rutte : prêts à adapter notre force de dissuasion
Vive tension sur le territoire de l’OTAN. Deux navires ont été touchés par des drones en mer Noire, au large des côtes bulgares. Le Premier ministre bulgare, Rumen Radev, a convoqué pour aujourd’hui l’ambassadrice de Russie à Sofia, Eleonora Mitrofanova, à la suite de ces attaques. L’information a été confirmée par la ministre bulgare des Affaires étrangères, Velislava Petrova, qui a évoqué une nouvelle escalade dangereuse de la guerre en Ukraine, comme le rapporte Andrea Riccardi dans le quotidien «Il Tempo».
Les attaques
L’alerte a été donnée à 1h30 du matin, lorsque le navire «Chelsea 3» a lancé un appel de détresse alors qu’il se trouvait à environ 18 milles marins à l’est de Byala. Ce navire, battant pavillon maltais, immatriculé à Odessa et appartenant à des ukrainiens, a été touché sur le pont et sur le flanc par trois drones aériens.
Les 15 membres d’équipage, sept citoyens ukrainiens et huit azerbaïdjanais, ont été secourus et conduits au port de Varna. Cinq d’entre eux ont reçu une assistance médicale, a indiqué M. Radev sur X.
Au cours d’une réunion extraordinaire du Conseil de sécurité, des informations ont également été reçues faisant état d’un second navire, touché à 17 milles marins à l’est de Krapets. Ce navire a coulé et un membre de l’équipage a pu être sauvé.
Sofia demande une enquête sur l’origine des drones
«Nos représentants permanents auprès de l’OTAN et de l’UE ont été informés», a écrit Radev, expliquant que la Bulgarie recherche un soutien pour une enquête permettant d’établir la provenance des drones. Sofia a également demandé une assistance pour renforcer la surveillance des espaces aériens et maritimes et pour améliorer ses capacités de réponse.
La ministre des Affaires étrangères, Velislava Petrova, a confirmé que des contacts étaient en cours avec les partenaires européens et ceux de l’OTAN. «J’ai déjà discuté avec eux de la nécessité d’une aide pour enquêter sur les attaques, afin d’établir l’origine des drones et de renforcer la surveillance de nos espaces aériens et maritimes ainsi que notre capacité de réaction», a-t-elle écrit sur la plateforme X.
Radev : «La logique suggère que cela profite à la Russie»
En l’absence de preuves officielles et définitives sur la provenance des drones, Radev a affirmé que «la logique suggère que les résultats profitent à la Fédération de Russie». D’où la décision de convoquer l’ambassadrice de Russie pour un entretien ce jour. Petrova a qualifié ces attaques de «nouvelle escalade dangereuse de la guerre en Ukraine», ajoutant que «nous devons soutenir tous les efforts diplomatiques visant à y mettre fin».
Mark Rutte : prêts à adapter notre force de dissuasion
«Je me suis entretenu avec le Premier ministre bulgare Rumen Radev au sujet des récentes attaques contre des navires marchands en mer Noire. L’OTAN continuera de collaborer étroitement avec nos Alliés en mer Noire», écrit sur X le secrétaire général de l’Alliance atlantique. Et d’annoncer : «Nous avons déjà renforcé notre présence le long du flanc oriental et nous continuerons à surveiller le contexte sécuritaire, en adaptant notre stratégie de dissuasion et de défense si nécessaire».
Paradoxe ou contradiction ? L’annonce américaine contestée par les faits : Trump annonce une trêve énergétique acceptée par Poutine, mais deux jours plus tard, des navires marchands sont frappés en mer Noire
L’annonce faite par le président américain, le 11 octobre 2026, d’un cessez-le-feu énergétique présenté comme immédiatement applicable entre la Russie et l’Ukraine a fait naître l’espoir d’une désescalade. Pourtant, ce 13 octobre, deux navires marchands ont été frappés par des drones en mer Noire. Ces attaques interviennent dans un contexte de tensions accrues, alors même que les modalités de la trêve annoncée par la Maison-Blanche demeurent incertaines.
«La question essentielle est non seulement de savoir si Poutine a accepté la trêve annoncée par Trump, mais si les deux parties (l’Ukraine et la Russie) ont réellement conclu un accord vérifiable, réciproque et assorti de garanties suffisantes pour empêcher la poursuite des attaques», estime un analyste proche du dossier.
Lire aussi : Entre le diesel, l’Iran et l’Ukraine : les dessous de la stratégie de Trump
Le problème est également celui de la crédibilité de la médiation américaine. Si Washington présente une trêve comme acquise avant que les parties aient défini précisément ses conditions, ses mécanismes de contrôle et les conséquences d’une éventuelle violation, l’annonce risque de créer des attentes que la réalité militaire ne permet pas de satisfaire.