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À Varsovie, le plan du chef militaire de l’OTAN en Europe pour gagner une guerre contre la Russie

(Rome, 12 octobre 2026). Face à la menace russe, le commandant suprême des forces de l’OTAN en Europe, le général Alexus Grynkewich, lève le voile sur sa stratégie pour préparer l’Alliance à une confrontation militaire avec Moscou. Présenté à Varsovie, lors du «Warsaw Security Forum», ce plan expose les moyens que l’OTAN entend mobiliser pour prendre l’avantage en cas de guerre contre la Russie, entre renforcement des capacités militaires, innovations technologiques et coordination des forces alliées. Après les drones, les incendies et les sabotages, il accuse Moscou sans détour. Le Kremlin rejette en bloc ces allégations

Une alliance qui se déclare «purement défensive» expose aujourd’hui publiquement son plan pour gagner une guerre. Le général américain Alexus Grynkewich, commandant suprême des forces alliées en Europe et chef des forces américaines sur le continent, présente au «Warsaw Security Forum», la conférence annuelle réunissant dirigeants politiques et militaires dans la capitale polonaise, sa «théorie de la victoire», à savoir : stopper une incursion russe puis infliger à Moscou «une défaite rapide et écrasante», comme le rapporte «Notizie Geopolitiche.net».

Un plan inspiré de la guerre en Ukraine

En règle générale, l’OTAN garde ses plans de défense sous voiles. Cette fois, Bloomberg, qui affirme avoir consulté une version non classifiée du document, en a dévoilé les grandes lignes : bloquer l’avancée adverse grâce à des forces terrestres appuyées par des drones à faible coût, des systèmes à équipage réduit et un ciblage assisté par intelligence artificielle, dans le cadre de l’initiative de dissuasion pour le flanc oriental ; puis, une fois la liberté de manœuvre acquise, détruire rapidement le commandement et le contrôle russes. Ces enseignements sont tirés de la guerre en Ukraine.

Trump et Grynkewich : le grand écart entre dialogue avec Moscou et préparation à la guerre

Le contraste entre la position de Trump à l’égard de Poutine et la stratégie militaire défendue par le général Grynkewich, met en lumière deux approches distinctes de la Russie au sein du même camp occidental. D’une part, le président américain privilégie une diplomatie fondée sur le dialogue direct avec le Kremlin et la recherche d’accords susceptibles de servir les intérêts économiques et stratégiques des États-Unis. De l’autre, le commandement militaire de l’OTAN prépare ses forces à l’hypothèse d’un affrontement de haute intensité avec la Fédération.

Le diesel : la logique des intérêts économiques

Les contacts entre Trump et Poutine, notamment autour des questions énergétiques, illustrent la place qu’occupe la négociation économique dans la stratégie du locataire de la Maison-Blanche.

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La démarche de ce dernier repose sur une logique transactionnelle : maintenir le dialogue avec Moscou afin de préserver une marge de négociation et de défendre les intérêts américains. Cette approche ne peut toutefois pas coexister avec une politique de pression militaire, car elle comporte des risques. Si le Kremlin estime que les intérêts commerciaux priment sur les engagements de sécurité, la crédibilité de la dissuasion occidentale pourrait être mise à l’épreuve. À l’inverse, les partisans du dialogue considèrent que les échanges diplomatiques et économiques peuvent contribuer à limiter les risques d’escalade.

Le général Grynkewich a préparé le terrain dimanche soir lors d’une interview accordée à Bloomberg. Violations de l’espace aérien, incendies malveillants, sabotages, cyberattaques : «Ils tentent de briser notre volonté collective», a-t-il déclaré. Quant à la responsabilité de Moscou, il a affirmé : «Je ne crains absolument pas de la désigner». Il a cité le Danemark et l’Allemagne qui, après avoir subi des attaques hybrides sur leur territoire, ont accru leur aide à Kiev : «Ce sont des réponses appropriées, qui montrent à la Russie que les objectifs qu’elle cherche à atteindre sont inaccessibles».

Une escalade d’actes hostiles

La liste des incidents survenus ces dernières semaines est longue. Un drone chargé d’explosifs découvert à l’aéroport de Leipzig, en Allemagne. Un navire de guerre russe braquant des fusées de signalisation sur un hélicoptère danois. Un incendie volontaire à Tallinn visant une entreprise qui fournit des drones à l’Ukraine, attribué par l’Estonie aux services russes. En Pologne, un incendie sur un site Starlink utilisé par l’armée ukrainienne, qualifié d’«acte de sabotage» par le gouvernement, et un drone russe ayant percuté la locomotive d’un train Kiev-Varsovie près de la frontière. «Il ne s’agit pas seulement de menaces ; ce sont de véritables attaques», a déclaré le ministre polonais des Affaires étrangères, Radosław Sikorski. Le Premier ministre Donald Tusk affirme que le Kremlin prépare des attaques de drones et de missiles contre des pays européens, destinées à passer pour accidentelles.

La réponse du Kremlin

Moscou rejette tout en bloc. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a qualifié les accusations estoniennes d’«infondées» et «sans aucun rapport avec la réalité» : «Nous ne pouvons pas prendre (et nous ne prendrons pas) de telles déclarations au sérieux».

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Lors du forum de Sotchi, Vladimir Poutine a ironisé sur ces incursions contestées, y voyant un prétexte pour «attiser les tensions afin de faire grimper les dépenses de défense». De son côté, la Russie accuse les pays baltes et l’OTAN de laisser leur espace aérien aux drones ukrainiens.

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Le porte-parole de Grynkewich, le colonel Martin O’Donnell, concilie ces deux registres. «La théorie de la victoire du SACEUR (acronyme de l’anglais Supreme Allied Commander Europe, ou Commandant suprême des forces alliées en Europe, Ndlr) est simple : maintenir l’avantage de l’OTAN, en cohérence avec les plans de dissuasion et de défense de l’Alliance», a-t-il déclaré, ajoutant qu’il faut «créer dès maintenant les conditions pour dissuader toute agression et, si nécessaire, l’emporter en cas d’attaque». Sur les détails il n’est pas allé plus loin : l’Alliance demeure «purement défensive», a-t-il rappelé. Le mois dernier, le secrétaire général Mark Rutte avait appelé à «garder son calme, aller de l’avant et soutenir l’Ukraine».

Un message adressé aussi aux alliés

Le général a également évoqué la politique intérieure européenne. À ses yeux, les forces opposées à l’aide à Kiev seront, à l’approche des élections de 2027, «absorbées» par le caractère «central» de l’Ukraine pour la sécurité du continent : «Il deviendra très vite évident pour elles quelle est la chose juste à faire».

Selon l’AFP, l’intervention de ce jour n’apportera pas grand-chose de nouveau : elle vise à envoyer un signal à Moscou et à rassurer le flanc oriental. Toutefois, le public le plus attentif se trouve parmi les alliés : les capitales de l’Est attendent l’issue de la révision du dispositif militaire du Pentagone, prévue pour la fin de l’année, ainsi que les éventuelles réductions des effectifs américains en Europe qui pourraient en découler, un dossier auquel participe le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth. À Varsovie, sous le slogan «United We Stand», sont attendus Donald Tusk, la secrétaire générale adjointe de l’OTAN Radmila Šekerinska ainsi que, par liaison vidéo, le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Le paradoxe américain : Grynkewich et O’Donnell rassurent sur la défense du Continent, tandis que Washington prépare un retrait de ses forces

Le message délivré par le général Alexus Grynkewich à Varsovie, selon la presse internationale, se veut sans ambiguïté : toute attaque contre un membre de l’OTAN se heurterait à une riposte destinée à neutraliser l’offensive et à détruire rapidement le commandement et le contrôle russes, affirmant ainsi que l’Alliance dispose d’une stratégie pour empêcher un adversaire d’atteindre ses objectifs.

Pour les experts en sécurité, derrière cette démonstration de fermeté existe une question politique majeure : comment garantir la sécurité du Continent européen alors que les États-Unis envisagent de réduire leur présence militaire sur le Vieux Continent ?

Le colonel Martin O’Donnell, quant à lui, intervient dans un contexte où chaque déclaration sur les mouvements de troupes américaines est susceptible d’alimenter les préoccupations européennes.

En définitive, les déclarations rassurantes de Grynkewich et les clarifications de son porte-parole ne suffisent pas à lever toutes les préoccupations. Elles exposent au contraire le principal défi stratégique de l’OTAN : maintenir une capacité de riposte immédiate alors que son principal contributeur militaire entend progressivement réduire sa présence en Europe.

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