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Entre Téhéran et Washington, un bras de fer intermittent qui expose le Golfe

(Rome, 03 août 2026). Alors que les attaques contre les pétroliers dans le détroit d’Ormuz se poursuivent et que les Pasdaran nient avoir demandé à Trump de mettre fin aux bombardements, des négociations indirectes entre Iraniens et Américains doivent reprendre aujourd’hui. Cette situation confuse et paradoxale n’a, pour l’heure, qu’un seul résultat positif : l’effondrement des prix du pétrole. Par ailleurs, ce «bras de fer récurrent», nourri par des rivalités géopolitiques, des enjeux sécuritaires et des intérêts énergétiques, fragilise l’équilibre du Golfe et expose une région où chaque regain de tension peut avoir des répercussions bien au-delà de ses frontières

Pessimisme et réalisme à Washington

À Washington, écrit Gianfranco D’Anna dans le portail italien «Formiche.net», les évaluations alternent entre pessimisme et réalisme face au «go and stop» de Donald Trump, qui a annulé, à la dernière minute, l’ordre de lancer une nouvelle offensive dévastatrice contre l’Iran.

A lire : Iran : Trump suspend les opérations militaires, «à condition qu’un accord soit conclu sans délai»

Frustrations des pays du Golfe

Selon le «Wall Street Journal», les pays du Golfe sont, en coulisses, frustrés par l’absence de stratégie américaine claire ; pendant ce temps, les affrontements sporadiques avec l’Iran s’éternisent, exposant ces pays à des représailles de Téhéran.

Des positions divergentes au sein des pays du Golfe

Contrairement à l’Arabie saoudite, au Qatar et au Koweït, qui ont exhorté Trump à la désescalade, les Émirats arabes unis ont fait pression sur la Maison-Blanche pour qu’elle prenne des mesures plus décisives contre l’Iran. De plus, des sources du renseignement indiquent que le puissant Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), qui aurait pris le dessus à Téhéran, est conscient de la vulnérabilité politique de Trump et réfléchit à la manière de l’exploiter.

Le risque d’attaques préventives

Si la diplomatie leur imposait des ultimatums, les Pasdaran pourraient décider de lancer des frappes préventives, même en l’absence de raids américains, rapporte le «Wall Street Journal».

Selon un expert régional, l’enjeu n’est pas tant de savoir si les Pasdaran disposent des moyens d’ouvrir un nouveau front que de déterminer dans quelles conditions ils jugeraient opportun de le faire. Malgré l’affaiblissement de certains de ses relais régionaux et la pression exercée sur ses capacités militaires, le CGRI conserve une palette d’options asymétriques (frappes de missiles, drones, opérations navales dans le Golfe ou activation de réseaux alliés) lui permettant de prendre l’initiative.

L’analyse du renseignement iranien

L’analyse des services de renseignement suggère que, bien que la faction modérée dirigée par le président Massoud Pezeshkian et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi poursuive les négociations, le régime des ayatollahs ne fera aucun compromis à moins que les États-Unis n’intensifient les hostilités, ne prennent le contrôle du détroit d’Ormuz et n’envisagent des opérations terrestres.

Donald Trump indécis

Indécis quant à sa prochaine action, Donald Trump tergiverse, pris en étau entre la réaction négative de l’opinion publique américaine et les arguments saoudiens concernant les conséquences potentielles d’une offensive de grande envergure, notamment le risque de bombardements iraniens visant les installations pétrolières du Golfe.

Un conflit impopulaire aux États-Unis

De fait, les sondages montrent régulièrement qu’un conflit avec l’Iran est profondément impopulaire aux États-Unis et aurait de graves répercussions sur les élections de mi-mandat de novembre.

La préférence pour la stabilité

Des marchés pétroliers aux grands acteurs de ce secteur, en passant par les consommateurs américains, tous, en somme, privilégient la stabilité à tout le reste.

L’angoisse d’un scénario catastrophique

Un inquiétant «tout le reste» représente le cauchemar d’une bombe nucléaire entre les mains du régime terroriste de la République islamique d’Iran.

L’ombre du pire : pourquoi le scénario d’une guerre totale continue de hanter la région

Si les États-Unis conservent une supériorité militaire incontestable face à l’Iran, cette asymétrie ne garantit pas une victoire politique ou stratégique sans coût. C’est précisément cette contradiction qui nourrit l’angoisse d’une escalade incontrôlée. Une confrontation directe pourrait certes infliger de lourdes pertes aux capacités militaires iraniennes, mais elle risquerait aussi de provoquer une régionalisation du conflit, de perturber durablement les marchés énergétiques et d’entraîner l’implication d’acteurs non étatiques. Le rapport de force militaire favorable à Washington ne dissipe donc pas le spectre d’un scénario catastrophique ; au contraire, il souligne qu’une victoire tactique pourrait déboucher sur une instabilité stratégique de longue durée.

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