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Le détournement du vol Flydubaï : que comprend la vérification des antécédents des pilotes ?

(Rome, 02 octobre 2026). Après le détournement du vol Flydubaï, une question s’impose : comment les compagnies aériennes s’assurent-elles de la fiabilité de leurs pilotes ? Derrière le terme «background check» se cache une série de vérifications portant notamment sur l’identité, le parcours professionnel, les antécédents judiciaires et les éléments de sécurité. Après ce détournement, le dispositif de sûreté est au centre des interrogations : fonctionnement des contrôles au Moyen-Orient et inquiétudes en Occident

Il ne suffit pas que les pilotes soient correctement formés pour obtenir leur licence de vol. À la suite du détournement du vol Dubaï-Tel-Aviv, qui aurait pu avoir des conséquences tragiques, deux sources du quotidien «Corriere» indiquent que de nombreux pays européens cherchent à comprendre les procédures de recrutement, mais aussi bien davantage, comme la radicalisation idéologique présumée d’un commandant de bord, écrit Alessandro Ferro dans le quotidien «Il Giornale».

Le «contrôle des antécédents»

En anglais, on parle de «background check», ce qui se traduit littéralement par «contrôle des antécédents». Mais de quoi s’agit-il exactement ? Il s’agit d’un examen approfondi du parcours d’une personne ou d’une entreprise, permettant de vérifier des éléments tels que la formation, l’expérience professionnelle et le casier judiciaire. Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, a affirmé clairement que le copilote omanais, qui a poignardé le commandant de bord en tentant de faire s’écraser l’avion, «avait subi un endoctrinement islamiste radical». Mais ce n’est pas tout : a posteriori, des responsables à Tel-Aviv ont expliqué que «les comptes du copilote sur les réseaux sociaux montrent clairement qu’il s’était radicalisé dans l’idéologie djihadiste : il y parle ouvertement de tuer des Juifs».

A lire : L’itinéraire du vol reliant Doubaï à Tel-Aviv

Un axe majeur concerne les contrôles effectués avant que le pilote puisse prendre les commandes : pourquoi un ressortissant omanais a-t-il pu être affecté à un vol à destination d’Israël alors que les autorités israéliennes affirment que l’accord d’exploitation de Flydubai prévoit des restrictions concernant la nationalité des pilotes ? Cette question fait partie des vérifications en cours. Une source bien au fait affirme que le spectre du 11 septembre plane sur l’enquête : les autorités israéliennes cherchent notamment à déterminer si le copilote omanais a voulu reproduire, à son échelle et selon un mode opératoire différent, le principe d’un avion transformé délibérément en arme. À ce stade, aucun lien direct avec les attentats de 2001 n’est cependant établi.

Une question délicate

Désormais, les Occidentaux cherchent à comprendre comment ce pilote a pu rester en poste aussi longtemps ; il s’agit d’examiner en profondeur ce qui se passe une fois la licence obtenue. «Pour les autorités émiraties, la question est non seulement de savoir si le copilote avait passé les contrôles au moment de son recrutement, mais aussi de savoir si cette évaluation de son ‘aptitude’ était à jour», explique le quotidien.

La question est particulièrement sensible au Moyen-Orient, une zone géographique qui recrute également du personnel international. Même si l’existence de vérifications d’antécédents («background check») est connue, les Occidentaux ignorent dans les détails : «qui contrôle concrètement chaque pilote, quelles informations sont recherchées et à quelle fréquence le contrôle est actualisé».

La situation aux Émirats arabes unis

L’Agence européenne de la sécurité aérienne explique que le contrôle de la sécurité de la flotte de Flydubai relève de l’Autorité générale de l’aviation civile des Émirats arabes unis. «Cela inclut la responsabilité de garantir que l’opérateur respecte les exigences applicables concernant ses équipages et leur aptitude au vol». À cet égard, la hiérarchie place l’Autorité générale de l’aviation civile au sommet, suivie par diverses autres structures chargées d’analyser et de recueillir des informations relatives à la sécurité.

Toutefois, on ignore quelle (et si une) base de données est consultée, quelle période est prise en compte, et même si les informations provenant d’autres pays sont mises à la disposition des autorités émiraties. Dernier point, et non des moindres, la fréquence des contrôles effectués sur les pilotes reste inconnue.

«Presque toutes les grandes compagnies aériennes étrangères imposent des vérifications d’antécédents aux pilotes avant de les embaucher, en collaboration avec des organismes d’enquête, qu’ils soient publics ou privés», déclare au «Corriere» Fabio Flenda, qui travaille depuis plus de 30 ans dans le secteur de la sécurité aérienne et des domaines connexes. «Ce processus devient plus complexe, surtout dans les pays arabes, lorsqu’on a affaire à un pilote islamiste potentiel qui n’a jamais commis de délit, d’acte de violence ou d’infraction, ni jamais donné de signes d’extrémisme. Les profils sur les réseaux sociaux sont également examinés», poursuit-il.

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