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Les ayatollahs s’en prennent aussi aux exilés. Le prince héritier Reza Pahlavi dans leur collimateur

(Rome, 1er juillet 2026). Le régime élargit sa pression politique au-delà de ses frontières. Téhéran a annoncé des poursuites contre le prince héritier en exil Reza Pahlavi et plusieurs figures des médias de la diaspora, accusés d’avoir encouragé les manifestations de janvier dernier. Il leur est reproché d’avoir alimenté les manifestations nationales des 8 et 9 janvier dernier

L’Iran engage des poursuites contre l’opposition en exil

Le procureur de Téhéran, Ali Salehi, a annoncé l’inculpation de Reza Pahlavi, prince héritier d’Iran en exil, ainsi que de plusieurs personnalités liées aux chaînes d’opposition «Manoto TV» et «Iran International». Selon Salehi, les accusés sont poursuivis pour avoir contribué à «créer les conditions» ayant conduit aux troubles des 8 et 9 janvier, qui ont donné lieu à certaines des manifestations les plus sanglantes en Iran ces dernières années. Les médias proches du régime, dont l’agence de presse Fars, ont relayé ses propos sans fournir de détails supplémentaires sur les preuves recueillies ou sur le fondement juridique des accusations, écrit Francesca Musacchio dans le journal «Il Tempo».

L’opposition dénonce une intimidation politique

Tina Ghazimorad, ancienne directrice de «Manoto TV», a réagi en qualifiant cette démarche, dans une déclaration accordée à «Jerusalem Post», d’«intimidation politique» plutôt que d’action judiciaire légitime.
«Ce régime tente de criminaliser le journalisme, le militantisme et le soutien au peuple iranien», a-t-elle déclaré, accusant le régime de vouloir étendre au-delà de ses frontières les mêmes mécanismes de contrôle qu’il exerce à l’intérieur du pays sur la presse libre, les militants ainsi que la diaspora.
Cette nouvelle survient alors que Téhéran tente de verrouiller le front intérieur, de contenir les pressions émanant des régions kurdes, de négocier la gestion du détroit d’Ormuz et de préparer les funérailles nationales d’Ali Khamenei.

Tensions persistantes dans l’ouest iranien

En effet, les tensions restent vives dans l’ouest de l’Iran. Deux membres des services de renseignement du Corps des gardiens de la révolution ont été tués et deux autres grièvement blessés lors d’un affrontement armé attribué à des forces séparatistes kurdes. Selon des informations en provenance de la région, les agents visés avaient joué un rôle dans l’arrestation de citoyens et la répression de manifestations populaires. De leur côté, les Pasdaran ont annoncé le démantèlement d’une cellule armée «terroriste et séparatiste» dans le nord-ouest du pays, dans la province de l’Azerbaïdjan occidental. La télévision d’État a également rapporté que deux membres des Pasdaran ont été abattus dans la région de Kermanshah et deux autres ont été blessés lors de ce que le régime a qualifié d’«attaque terroriste».

Le dossier stratégique du détroit d’Ormuz

La situation intérieure est étroitement liée à une négociation très sensible : celle du détroit d’Ormuz. Selon le «New York Times», l’Iran et Oman avancent sur un projet visant à instaurer un mécanisme de perception de paiements auprès des navires traversant le détroit.

Mascate aurait proposé un péage volontaire, destiné à financer les services de navigation, de sécurité et de protection de l’environnement, sur le modèle inspiré du système utilisé dans les détroits de Malacca et de Singapour. Toutefois, cette formule ne satisfait ni Téhéran ni Washington. L’Iran privilégie des tarifs obligatoires, tandis que les États-Unis exigent un retour à la libre navigation qui prévalait avant la «guerre des quarante jours». Un protocole d’accord signé par Téhéran et Washington le 17 juin stipule que l’Iran et Oman doivent se concerter sur la gestion future du détroit.

Des négociations encore fragiles

Pourtant, un fossé important subsiste. Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, s’est en effet rendu à Mascate pour discuter de la question, affirmant que la priorité de Téhéran est de parvenir à un accord avec Oman. À défaut d’un tel accord, l’Iran affirme être prêt à agir unilatéralement.
Téhéran rejette aussi la proposition d’une mission internationale, avancée par la France et la Grande-Bretagne, visant à aider au déminage du détroit.

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Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, a averti que «le déminage du détroit d’Ormuz est couvert par le protocole d’accord et qu’aucune intervention extérieure n’est nécessaire».

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Parallèlement, des sources citées par Al-Arabiya font état de pourparlers indirects au Qatar concernant le détroit et la stabilité régionale. Toutefois, Téhéran dément toute rencontre directe avec Washington et qualifie les discussions de Doha de simple mise en œuvre de clauses spécifiques, notamment le dégel des avoirs iraniens.

Funérailles d’État et transition au sommet

Entre-temps, le régime prépare une vaste démonstration de continuité politique avec les funérailles d’État d’Ali Khamenei, prévues pour le 4 juillet.

La dépouille sera exposée dans une mosquée de Téhéran à partir de samedi, donnant lieu à trois jours de commémorations, à une paralysie de la capitale, à des restrictions de circulation et à une affluence attendue entre 15 et 20 millions de personnes. Ali Khamenei sera inhumé à Mashhad le 9 juillet. Son fils, Mojtaba, lui a succédé au poste de Guide suprême, bien qu’il n’ait pas apparu en public depuis lors.

Un régime qui, fidèle à ses habitudes, verrouille tous les fronts

Entre poursuites contre les opposants en exil, montée des tensions sécuritaires dans les régions sensibles et négociations stratégiques autour du détroit d’Ormuz, le régime des mollahs affiche sa volonté de reprendre l’initiative sur tous les fronts, affirme un expert iranien en exil.

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En toile de fond, la préparation des funérailles d’État d’Ali Khamenei et l’organisation de la succession au sommet du pouvoir donnent à cette séquence une portée politique particulière. Pour Téhéran, il s’agit autant de contenir les contestations que de projeter une image de continuité et de contrôle, à l’intérieur comme au-delà de ses frontières.
En définitif, il s’agit d’une continuité assumée au moment où s’ouvre une séquence décisive pour son avenir politique.

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