(Rome, 29 août 2026). Kiev a de nouveau été visée par une attaque aux drones, notamment dans le district d’Obolonsky. Entre-temps, Moscou affirme avoir tué le chef du renseignement électronique ukrainien, une information qui s’inscrit dans un contexte d’intensification des combats et de la guerre des communications
Kiev est sous les attaques depuis la soirée du samedi 29 août : un drone a frappé des immeubles résidentiels dans le quartier d’Obolonsky, a indiqué RBC-Ukraine, citant le maire de Kiev, Vitali Klitschko, et l’armée de l’air des forces armées ukrainiennes. Selon Klitschko, dans le quartier d’Obolonsky, un drone s’est écrasé dans une zone entre des immeubles résidentiels, provoquant un incendie dans un bâtiment de 12 étages : les appartements du deuxième au cinquième étage sont en flammes. De fortes explosions sont également entendues dans toute la ville, rapporte l’agence italienne «AGI».
Alerte de l’armée de l’air
L’armée de l’air a signalé la présence de drones au-dessus de la capitale et a exhorté la population ukrainienne à rester en lieu sûr. Depuis ce matin, la Russie bombarde Kiev par vagues successives de drones : une fillette de deux ans a été tuée et plusieurs autres personnes ont été blessées lors de l’attaque diurne. Il s’agit du troisième jour consécutif de frappes de drones russes sur la capitale et sa région.
Les cibles atteintes selon Moscou
Mais ce n’est pas tout : «l’armée russe a par ailleurs annoncé avoir frappé une usine à Kiev et des cibles dans le port de Nikolaïev», a indiqué le ministère russe de la Défense dans un communiqué. «Des drones ont frappé une entreprise de construction navale à Kiev, qui assemblait et assurait la maintenance des vedettes rapides télécommandées», précise le communiqué. Les attaques contre le port de Nikolaïev visaient un terminal de transbordement maritime et quatre entrepôts contenant du matériel militaire destiné aux forces armées ukrainiennes.
Un poste de commandement détruit
Un poste de commandement des forces armées ukrainiennes a été détruit dans la région de Kharkiv, entraînant la mort du chef de l’unité de guerre électronique et de renseignement électronique. Les services de sécurité russes l’ont confirmé à l’agence TASS. «Un poste de commandement de brigade a été détruit dans le village d’Arkhangelovka, dans la région de Kharkiv. Des pertes parmi les officiers ont été confirmées. Le lieutenant Yaroslav Kotyuzhansky, chef de l’unité de guerre électronique et de renseignement électronique, a été tué», ont indiqué les services de sécurité russes.
Y a-t-il un lien entre cette escalade et la visite du chef de la CIA ?
Il serait prématuré d’établir un lien direct entre l’intensification des attaques russes contre l’Ukraine, notamment Kiev, et le déplacement du patron de la CIA, John Ratcliffe, à Moscou. Selon des informations récentes, la visite, rare et entourée de discrétion, a bien eu lieu dans un contexte de fortes tensions, mais ni Washington ni Moscou n’ont révélé précisément le contenu des discussions.
Une hypothèse reste néanmoins ouverte, selon laquelle, si cette mission avait notamment pour objectif de transmettre des avertissements ou d’influer sur le comportement russe, l’intensification des frappes contre l’Ukraine pourrait être interprétée comme un signal politique de Moscou. Mais aucun élément public ne permet, à ce stade, d’affirmer que le voyage a échoué ou que les attaques constituent une réponse directe à de mauvais résultats des discussions. Les analystes doivent alors distinguer la coïncidence chronologique d’une véritable relation de cause à effet.
Pourquoi Poutine peut-il promettre de ne pas attaquer l’OTAN tout en s’acharnant sur l’Ukraine ?
La contradiction est surtout apparente. Pour Moscou, l’Ukraine et le territoire de l’OTAN ne relèvent pas du même calcul stratégique. D’abord, attaquer directement un pays de l’OTAN ferait courir à la Russie un risque considérable d’élargissement du conflit, en raison du mécanisme de défense collective de l’Alliance. Vladimir Poutine peut donc avoir intérêt à éviter une confrontation ouverte avec les membres de l’OTAN tout en poursuivant la guerre en Ukraine, qui n’en fait pas partie. Il convient de rappeler que Donald Trump a récemment affirmé que Poutine lui avait assuré ne pas vouloir attaquer le territoire de l’Alliance.
Lire aussi : Donald Trump assure avoir parlé à Vladimir Poutine : «il n’attaquera pas les pays de l’OTAN»
Enfin, la promesse du président Poutine de ne pas attaquer le territoire de l’OTAN ne signifie pas un renoncement à la guerre en Ukraine. Elle peut au contraire traduire une stratégie de l’endiguement du conflit : poursuivre l’offensive contre Kiev tout en évitant, au moins officiellement, l’affrontement militaire direct avec une alliance dont la puissance de dissuasion reste considérable. Pour certains experts en stratégie, «intensifier les attaques contre l’Ukraine peut permettre à Moscou de chercher à améliorer son rapport de force sans franchir, du moins ouvertement, le seuil d’une guerre directe avec l’OTAN».