(Rome, 19 septembre 2026). Face à la multiplication des menaces aériennes et aux tensions croissantes avec Moscou, Paris renforce sa préparation. Emmanuel Macron a demandé l’élaboration d’un «plan anti-drones» afin d’améliorer la protection du territoire et des infrastructures sensibles
Une réponse européenne face aux menaces hybrides
Emmanuel Macron a annoncé avoir demandé au gouvernement français de «préparer un plan de protection de nos infrastructures critiques» contre les attaques hybrides russes. «La nature de l’agression et des menaces russes en Europe évolue», a averti le président français à l’issue de la réunion qui s’est tenue au palais de l’Élysée, à laquelle il a convié les chefs de partis politiques et les candidats à l’élection présidentielle de 2027 afin de discuter de la crise internationale, comme le rapporte le portail «Adnkronos».
Ce plan de protection contre les attaques de drones et les cyberattaques concernera également «les sites les plus sensibles de notre base industrielle et technologique de défense», a ajouté Emmanuel Macron.
Une réponse ferme aux provocations russes
Les attaques hybrides russes «ne resteront pas sans réponse», a-t-il affirmé, expliquant que ce qui s’est passé à Leipzig (où un drone russe chargé d’explosifs a été repéré à l’aéroport) pourrait se produire «dans n’importe quelle autre ville européenne».
A lire : Allemagne : un drone piégé découvert près d’un avion ukrainien à l’aéroport de Leipzig
«Personne n’est en sécurité», a ajouté le président français, assurant que les menaces russes «ne resteront pas impunies». «Si nous voulons une paix et une sécurité durables, nous devons poursuivre notre action en Ukraine», a-t-il poursuivi.
La France pour la désescalade et la stabilité énergétique
«La France n’a pas choisi la guerre ; la France met tout en œuvre pour faciliter la réouverture pacifique du détroit d’Ormuz», a rappelé Emmanuel Macron après la rencontre à l’Élysée, insistant sur le fait que la hausse des prix des carburants et la crise énergétique sont «entièrement liées aux guerres et à la situation internationale», notamment au blocus du détroit.
Moscou convoque la chargée d’affaires britannique
La chargée d’affaires britannique en Russie, Danae Dholakia, a par ailleurs été convoquée au ministère russe des Affaires étrangères, où Moscou a protesté fermement contre l’augmentation des livraisons de drones et d’autres systèmes d’armement à l’Ukraine par Londres, a indiqué le ministère dans un communiqué cité par l’agence de presse TASS.
Accusations russes contre la Grande-Bretagne
Selon des diplomates russes, la politique britannique envers l’Ukraine vise à «prolonger et intensifier le conflit et à retarder une solution politique». Lors de la réunion, Moscou a également accusé Londres de «complicité dans les atrocités sanglantes du régime de Kiev» par la fourniture d’armes offensives à longue portée.
La partie russe a ensuite appelé le Royaume-Uni à abandonner sa politique d’«escalade» et a souligné les risques associés aux actions britanniques en Ukraine, toujours selon Moscou. Le ministère russe a également affirmé que de telles initiatives sont «inutiles», au regard de ce qu’il qualifie d’«initiative stratégique» actuelle des forces armées russes.
Quelle serait la réaction de Paris en cas d’attaque contre un site stratégique ?
«Une attaque contre une infrastructure stratégique française (qu’il s’agisse d’une centrale électrique, d’un aéroport comme Roissy ou d’un autre site sensible) déclencherait d’abord une réponse de protection et de sécurisation», estime un expert en sécurité français. Les forces de l’ordre et les services de l’État chercheraient à neutraliser la menace, à protéger les populations et à maintenir, autant que possible, la continuité des services essentiels.
La réaction dépendrait toutefois fortement de la nature de l’attaque : drone isolé, sabotage, cyberattaque, frappe militaire ou opération attribuée à une puissance étrangère. Dans le cas d’une attaque armée directement imputée à la Russie, la France devrait également déterminer les circonstances, établir les responsabilités et apprécier si l’attaque relève d’une agression nécessitant une réponse militaire.
Selon la presse transalpine, Emmanuel Macron a demandé au gouvernement de préparer un plan de protection des infrastructures critiques. Ce plan doit avoir une déclinaison locale, où les préfets devront mettre sur pied dès la semaine prochaine un «état-major de sécurité et de défense». Les responsables des forces de l’ordre et du renseignement, la protection civile et la Croix-Rouge, ainsi que des dirigeants d’entreprise et des représentants d’associations y siégeront. Ces cellules auront pour mission de repérer les cibles potentielles sur leur territoire, y compris des entreprises discrètes, comme des entreprises travaillant pour l’Ukraine, face à d’éventuels survols de drones, sabotages ou manœuvres de déstabilisation. Elles devront aussi préparer la population locale à une crise majeure.
Pour un site sensible comme, par exemple, l’aéroport de Roissy, les premières mesures pourraient notamment concerner la sécurisation de l’espace aérien, la suspension temporaire de certains vols, l’intervention des forces de sécurité et la protection des infrastructures critiques. Pour une centrale électrique, la priorité serait notamment d’empêcher une aggravation des dommages et de préserver l’alimentation électrique du pays.
Par Léa P. (Roma)