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Donald Trump assure avoir parlé à Vladimir Poutine : «il n’attaquera pas les pays de l’OTAN»

(Rome, 27 août 2026). Alors que les tensions entre Moscou et les pays occidentaux restent vives, le président américain affirme avoir obtenu une assurance de Vladimir Poutine : la Russie n’attaquerait pas le territoire de l’OTAN. Une déclaration qui relance les interrogations sur la fiabilité et la portée de cette promesse. Trump poursuit par ailleurs sa politique des symboles en rebaptisant le lac Ontario «Lac Amérique», sur fond de «guerre commerciale» avec le Canada

Le président Trump exclut toute attaque de Moscou contre les pays de l’OTAN. Vladimir Poutine «n’attaquera pas le territoire de l’OTAN», affirme le président américain devant la presse dans le Bureau ovale.

Trump : «j’ai eu un bon entretien avec Poutine, il n’attaquera pas l’OTAN»

«J’ai eu une bonne conversation avec lui. Il n’attaquera pas le territoire de l’OTAN», explique Trump. Ces déclarations du magnat interviennent après que le Kremlin a qualifié d’«alarmistes» les informations parues dans la presse américaine selon lesquelles le directeur de la CIA se serait rendu à Moscou cette semaine pour dissuader la Russie d’attaquer l’OTAN, tel que rapporté par l’agence italienne «AGI».

La Russie, qui mène une offensive militaire de grande envergure contre l’Ukraine depuis 2022, a toujours nié toute intention d’attaquer les pays de l’OTAN. Hier, Trump a déclaré que la visite du directeur de la CIA n’avait aucun lien avec les menaces russes contre l’Alliance atlantique, tout en laissant entendre un lien avec l’Ukraine.

La contradiction : l’alerte du renseignement américain face aux assurances de Trump

C’est là que réside la principale contradiction. Le 8 août dernier, une alerte attribuée au renseignement américain faisait état d’une possible évolution de la stratégie russe : Vladimir Poutine pourrait chercher à «tester» la détermination et la cohésion de l’OTAN par une action limitée contre l’un de ses membres. Les scénarios évoqués allaient d’opérations hybrides, comme des cyberattaques ou des sabotages, à une incursion militaire de faible ampleur.

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Quelques semaines plus tard, Donald Trump affiche pourtant une sérénité totale. Après avoir échangé avec Vladimir Poutine, le président américain assure ne pas être inquiet à l’idée d’une attaque russe contre l’Alliance atlantique. Une position personnelle qui tranche avec des évaluations plus préoccupantes rapportées par les services de renseignement américains et avec les craintes exprimées par plusieurs dirigeants européens.

La question devient donc centrale : comment concilier l’analyse des services de renseignement, fondée sur les intentions et les capacités supposées de Moscou, avec la confiance affichée par Donald Trump dans la parole de Vladimir Poutine ? Toute la contradiction est là. D’une part, Washington est alerté sur le risque d’une provocation destinée à tester la solidarité des pays membres de l’OTAN ; de l’autre, son président affirme avoir reçu de Poutine l’assurance que la Russie ne franchira pas cette ligne.

«D’abord l’Ukraine, ensuite l’Europe» : l’ombre d’une menace plus large

En janvier 2024, des informations confidentielles et des évaluations des Renseignements occidentaux ont alimenté une inquiétude majeure : la guerre en Ukraine ne serait pas nécessairement, dans la vision du Kremlin, un conflit isolé. Derrière cette crainte, une formule résume le scénario redouté par certains responsables : «D’abord l’Ukraine, ensuite l’Europe».

A lire : L’œil de Poutine sur l’Occident. D’abord l’Ukraine, ensuite l’Europe

L’idée est simple : si la Russie parvenait à imposer ses objectifs en Ukraine, Vladimir Poutine pourrait être tenté de pousser sa stratégie de confrontation plus loin avec l’Occident. Non pas forcément par une invasion massive et immédiate de l’Europe, mais en augmentant progressivement la pression sur les pays membres de l’OTAN, notamment sur son flanc oriental.

Cette inquiétude repose aussi sur l’expérience récente à ne pas oublier : avant février 2022, les avertissements concernant une possible invasion de l’Ukraine avaient, eux aussi, été accueillis avec scepticisme par une partie des opinions et des dirigeants occidentaux. Or, la Russie a finalement lancé son offensive à grande échelle.

C’est précisément ce précédent qui nourrit aujourd’hui les interrogations de nombreux stratèges, consultés récemment. Peut-on prendre pour argent comptant les assurances de Vladimir Poutine ? Ou faut-il considérer que les services de renseignement doivent, au contraire, se préparer aux scénarios les plus dangereux, y compris à une extension progressive de la confrontation entre Moscou et l’Occident ?

Trump : «la Russie s’est plutôt bien comportée à propos du détroit d’Ormuz»

Donald Trump estime par ailleurs que la Russie s’est «plutôt bien comportée» concernant le détroit d’Ormuz. «Je pense que la Russie s’est plutôt bien comportée en ce qui concerne le détroit d’Ormuz», déclare le président des Etats-Unis.

La pression économique sur l’Iran

Interrogé sur sa campagne visant à étouffer l’économie iranienne, Trump est resté évasif, refusant en revanche de dire s’il comptait sanctionner les banques chinoises ou s’il avait abordé la question avec ses homologues étrangers.

L’administration américaine a annoncé en début de semaine l’opération «Economic Outcast», menaçant d’imposer de nouvelles sanctions sévères aux partenaires commerciaux de l’Iran s’ils ne rompent pas leurs relations avec Téhéran. Cependant, l’administration n’a encore adopté aucune nouvelle mesure et n’a, pour l’heure, inclus aucune grande institution financière chinoise (le principal partenaire commercial de l’Iran) dans la liste des entités soumises à des sanctions américaines.

Sur ce thème : Washington annonce de nouvelles sanctions secondaires visant à limiter les flux financiers destinés à l’Iran

Des sanctions possibles contre les banques chinoises

Interrogé par des journalistes dans le Bureau ovale sur les raisons pour lesquelles il n’appliquait pas de nouvelles sanctions aux banques chinoises faisant affaire avec Téhéran, Trump s’est agacé : «Qui dit que je ne le ferai pas ? Vous n’en savez rien», a-t-il rétorqué.

«Je ne suis pas obligé de tout annoncer, n’est-ce pas ? » Plus tard, interrogé sur les dirigeants mondiaux avec lesquels il avait discuté de la campagne de pression économique contre Téhéran, Trump a laissé entendre que la question n’était pas à l’ordre du jour, malgré les déclarations du secrétaire au Trésor, Scott Bessent, lundi, selon lesquelles le président américain appelait ses homologues étrangers «pour leur demander expressément de rompre leurs liens avec le régime». «Il n’y a pas grand-chose à dire. Nous ne voulons pas leur parler», a déclaré Trump aujourd’hui. «Nous ne cherchons pas de réunions ou autre chose».

Lire aussi : Pékin défie Washington après l’annonce de Scott Bessent : «les sanctions contre l’Iran sont illégales»

Trump «réécrit» la géographie en visant un océan

Dans un contexte de tensions diplomatiques avec le Canada, Donald Trump a signé un décret présidentiel rebaptisant immédiatement le lac Ontario, situé à la frontière entre les États-Unis et le Canada, en «Lac Amérique». «Nous avons un golfe et nous avons un lac. Il ne nous manque plus qu’un océan», a commenté le président américain, qui avait déjà ordonné que le golfe du Mexique soit renommé «Golfe d’Amérique».

Le voyage du patron de la CIA à Moscou

Dans une interview accordée précédemment à Axios, le président américain est revenu sur le voyage du directeur de la CIA à Moscou, réaffirmant qu’il s’agissait d’un «déplacement professionnel normal» et exprimant sa perplexité face au tapage médiatique autour de cette mission. «Ratcliffe rencontre son homologue russe environ tous les six mois ou une fois par an.

A lire : Le mystérieux vol vers la Russie : que cache l’atterrissage d’un C-17 américain et la mission du chef de la CIA ?

Ils entretiennent d’excellentes relations. Il n’y avait aucun message caché et rien d’inhabituel». Alexandre Narychkine, directeur du Service de renseignement extérieur russe, a confirmé avoir rencontré Ratcliffe lors de sa visite à Moscou et a qualifié ces entretiens de «partie intégrante de leur travail».

Par Léa P. Roma

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