(Rome, 16 septembre 2026). Le ministre italien de la Défense réagit à l’incursion d’un drone en Lituanie et à son abattage par les forces de l’OTAN. Pour Guido Crosetto, cet incident illustre concrètement le rôle de l’Alliance atlantique dans la protection de ses membres face aux nouvelles menaces
«Un mois après les faits, l’aviation italienne est passée à l’action. Les Eurofighters déployés en Lituanie ont abattu un drone dont l’origine reste à confirmer, illustrant ainsi ce que signifie faire partie d’une alliance aussi cruciale que l’OTAN, sur un front comme celui de l’Est, longtemps marqué par de nombreux défis. Ces défis concernent non seulement les pays de la région, mais bien l’ensemble de l’Alliance atlantique, y compris l’Italie», a ainsi déclaré le ministre de la Défense, Guido Crosetto, dans un message vidéo, à l’issue d’une tournée qui l’a conduit en Bulgarie, en Pologne, en Lituanie et en Lettonie. Cette visite avait pour but de participer à une série de réunions institutionnelles et pour saluer les contingents italiens engagés sur le flanc Est du Continent, rapporte le quotidien «Il Tempo».
La visite de Crosetto prend une dimension stratégique
La visite de Guido Crosetto en Lituanie, prévue dans le cadre d’un déplacement plus large sur le flanc oriental de l’OTAN, a pris une dimension particulière après l’interception d’un drone «d’origine inconnue» par la chasse italienne. Il s’est rendu sur la base de Šiauliai, où sont déployés les Eurofighter italiens participant à la mission de défense aérienne de l’Alliance sur le flanc Est.
Une présence italienne directement engagée
Cette séquence donne une portée concrète à la présence militaire italienne dans les pays baltes. Les forces italiennes sont non seulement présentes à titre symbolique, mais participent aussi à la surveillance et à la protection de l’espace aérien allié. Selon le ministère de la Défense, il s’agit du deuxième incident en l’espace d’un mois impliquant des chasseurs italiens dans cette mission.
Renforcer la coopération européenne en matière de défense commune
«Le gouvernement lituanien nous a remerciés pour notre présence. Je suis venu remercier nos pilotes. «Cette visite n’était pas prévue», explique-t-il, «mais elle s’inscrivait dans le cadre d’un voyage planifié qui m’a conduit d’abord en Bulgarie, en Pologne, en Lituanie, puis en Lettonie, précisément pour consolider l’idée de la construction d’une communauté de défense continentale européenne», a-t-il dit. Et le ministre italien d’ajouter : «Il s’agit d’une communauté à laquelle je compte m’investir dans les mois à venir, non seulement au sein des 27 pays de l’UE, mais aussi avec toute l’Europe continentale. Je suis en effet convaincu que la garantie de la paix repose sur la capacité des pays à coopérer en matière de défense commune».
Rome, entre soutien à l’Ukraine et défense du flanc oriental
Pour l’Italie, la ligne est clairement établie : soutenir l’Ukraine ne signifie pas envoyer des troupes italiennes combattre directement sur le sol ukrainien. «Notre gouvernement», précise un officier italien bien au fait, «affirme privilégier une aide militaire, politique et diplomatique à Kiev, tout en évitant une implication directe susceptible d’entraîner une confrontation avec la Russie». Guido Crosetto a notamment rappelé que l’Italie n’était pas en guerre et qu’elle entendait agir dans le cadre de ses engagements internationaux et de l’OTAN.
Dissuader sans entrer directement en guerre
La logique italienne repose donc sur un paradoxe apparent : Rome refuse l’envoi de soldats italiens au combat en Ukraine, tout en renforçant sa présence militaire autour de cette zone de conflit. L’objectif affiché est de protéger le territoire des pays membres de l’Alliance et de rendre crédible la capacité de réaction collective de l’OTAN.
Une présence militaire, mais en dehors du territoire ukrainien
Cette position n’empêche toutefois pas Rome de jouer un rôle militaire important dans la sécurité européenne. C’est précisément sur le flanc Est de l’OTAN que l’Italie concentre une partie de son engagement. Des militaires italiens sont en effet déployés dans plusieurs pays de l’Est, notamment dans les Pays baltes, tandis que l’Italie participe aux dispositifs de défense collective de l’OTAN. L’Alliance présente ces déploiements comme des mesures de dissuasion et de défense destinées à protéger ses membres et à prévenir une extension du conflit.
Par Paolo S. (Roma)