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Qu’est-il arrivé à l’armée de l’air russe ?

(Paris, 15 septembre 2022). La contre-offensive ukrainienne qui a défoncé les lignes russes entre Kharkiv et Balakliya menant à la reconquête d’une grande partie du territoire au point d’atteindre la frontière avec la Fédération de Russie, a été possible grâce à une série de facteurs dont la capacité de renseignement supérieure de Kiev, grâce au soutien occidental presque en temps réel, le succès de l’activité de désinformation qui a fait croire à l’état-major russe que la contre-offensive était dirigée contre Kherson, et la pénurie d’hommes et de moyens le long de la ligne d’attaque, précisément générée par la conviction que la contre-offensive ukrainienne était dirigée vers le front sud, entraînant ainsi le déplacement de réserves dans ce secteur qui se sont retrouvés alors piégés dans le goulot d’étranglement que représentait le Dniepr.

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Selon le quotidien italien «Inside Over», à travers la plume de Paolo Mauri, la réaction russe s’est décomposée sur le terrain : les images qui nous sont parvenues de sources non officielles, et les rapports, y compris de sources russes, provenant de réseaux sociaux personnels, montrent que l’armée russe, si elle n’est pas en déroute, n’est certainement pas en train de se retirer de manière ordonnée : de nombreux véhicules en état de marche ont été abandonnés, encore plus d’équipements personnels ou légers ont été également abandonnés, tels que de drones Orlan-10, les RPG (Rocket Propelled Grenade) et de précieux systèmes de guerre électronique mobiles (Ew-Electronic Warfare).

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On pensait que l’état-major russe aurait recouru à l’utilisation massive de la seule force pleinement mobilisable pour tenter de bloquer l’avancée ukrainienne, compte tenu de l’impossibilité «légitime» de pouvoir employer des troupes fraîchement enrôlées, à savoir l’aviation, mais plus d’une semaine après le début de la contre-offensive, les opérations aériennes russes se sont avérées sporadiques et stériles.

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On peut donc se demander ce qu’il est advenu des VKS (Vozdushno-Kosmicheskiye Sily/ la division aérospatiale des forces armées). Les causes sont à rechercher dans la manière dont les opérations aériennes ont été mises en œuvre depuis le début du conflit : l’aviation russe n’a obtenu ni suprématie ni supériorité aérienne dans le ciel ukrainien car dans la doctrine de l’utilisation de la puissance aérienne russe il n’y a pas d’activité Sead/Dead (Suppression Enemy Air Defences/suppression des défenses aériennes ennemis) comme postulé en Occident. L’activité de suppression des défenses aériennes est en fait menée principalement en soutien à l’avancée des colonnes des forces terrestres. En outre, au cours des premières semaines de la guerre, l’accent n’a été mis sur l’interdiction de pénétrer en profondeur le territoire ukrainien, les aéroports n’étant que partiellement affectées (probablement en raison de ne pas détruire les infrastructures en vue de leur réutilisation, mais aussi, par souci d’économie de munitions), ni n’a-t-il été possible d’éliminer les stations mobiles Sam (missiles sol-air) en raison de dommages partiels ou mauvaise collecte des données de renseignement. Des renseignements qui, une fois de plus, ont été cruciaux pour sauver ce qui pouvait l’être du côté ukrainien : les moyens de reconnaissance occidentaux ont été mis au service de Kiev depuis le premier jour de la guerre, tandis que la Russie (qui n’est plus l’Union soviétique avec son potentiel de guerre) a mis en évidence que son architecture de satellite et de reconnaissance est au moins d’un ordre de grandeur inférieur à celle de l’OTAN.

Par conséquent, encore une fois, si l’avancée n’a pas suscité la réaction de l’armée de l’air russe, qui dispose toujours de bien plus d’avions que l’armée de l’air ukrainienne, l’une des principales raisons est l’absence d’une activité plus concertée et efficace visant à la destruction des systèmes Sam mobiles ukrainiens à moyenne et longue portée et à haute altitude (S-300 et Buk) opérant à proximité de la ligne de front.

D’autre part, les chasseurs russes se sont donc retrouvés à devoir opérer à basse et très basse altitude, étant donné le danger de voler à des altitudes plus élevées même pour les avions les plus modernes (Su-35S, Su-30SM, Su-34, Su-25SM3), équipés de systèmes de protection électronique. C’est d’autant plus vrai si l’on constate qu’à ce jour, aucun Su-35, Su-30, Su-34 ou Su-25 avec missiles anti-radiations n’a été observé lors des sorties d’attaque. Ceux-ci ne sont utilisés que lors de missions Sead/Dead, ou lors de vols d’escorte.

En effectuant des missions à basse et très basse altitude, dans l’objectif de retarder/éviter la détection et l’engagement par les Sam Ukrainiens à moyenne et longue portée, l’identification des cibles mobiles devient extrêmement difficile, et doit s’appuyer sur des observateurs au sol, qui dans ce cas, se sont retrouvés confrontés à la percée des lignes et à une avancée qui, dans l’histoire de la guerre, rappelle les experts celle observée lors de la première guerre du Golfe.

Le vol à basse altitude expose cependant les Su-25 russes au risque d’être engagés par les ManPads ukrainiens (Man Portable Air Defence System), l’artillerie de défense aérienne ( comme par exemple les Gepard fournis par l’Allemagne) et les systèmes Sam à courte portée situés plus près de la ligne de front. Cette prise de conscience a eu un impact négatif sur l’efficacité des opérations des chasseurs-bombardiers Su-25 : les avions utilisent en effet (depuis un certain temps déjà) une technique de lancement de fusée « parabolique », en d’autre terme, en pointant le nez du chasseur vers le haut au dernier moment pour augmenter la portée des roquettes et essayer de rester le plus loin possible de la portée des éventuelles défenses aériennes adverses. Une technique peut être efficace pour éviter les tirs ennemis, mais elle se fait au détriment de la précision. De plus, afin de minimiser le temps passé dans l’espace aérien ukrainien, les Su-25 russes tiraient généralement toutes leurs roquettes en une ou deux salves, espérant une attaque par saturation de la zone.

Même si les systèmes ukrainiens de défense aérienne à moyenne/haute altitude ne posaient pas de problème, l’aviation russe aurait encore du mal à soutenir efficacement les forces terrestres face à un grand nombre de systèmes à courte portée : en effet, l’intégration des systèmes air-sol est généralement médiocre dans l’armée russe, tout comme la capacité d’acquisition des cibles, également limitée par les systèmes de ciblage de qualité inférieure, installés sur les avions de combat russes (et par leur absence sur les plus anciens).

Il apparaît également que, dans la région de Kharkiv, les Ukrainiens ont amassé plusieurs systèmes anti-aériens mobiles à courte/moyenne portée et des Manpads (systèmes de défense aérienne portables), créant ainsi une sorte de «bulle d’interdiction anti-aérienne» qui a éloigné les chasseurs-bombardiers russes déjà peu nombreux. Considérons ensuite que les Su-25/30/34 russes utilisent majoritairement des munitions non guidées, qui nécessitent soit une cible dont la position est connue, soit une capacité de contrôle aérien avancé (Forward Air Control) visant à guider l’appui aérien rapproché (Cas – Closed Air Support) ; par conséquent, étant donné que ces deux conditions faisaient défaut, nous comprenons comment l’activité de combat aérien a été très difficile, pratiquement inexistante et presque totalement inefficace.

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