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Enlisés en Ukraine, la Russie et ses protégés peuvent-ils recourir au terrorisme de masse en Occident ?

(Montréal, Paris-Rome, 14 mars 2022). Il ne fait plus de doute pour personne que la Russie s’enlise de plus en plus en Ukraine. Les chars de Vladimir Poutine s’embourbent réellement dans la boue ukrainienne, avec la fonte des neiges, ralentissent leur progression et deviennent ainsi des cibles faciles aux défenseurs ukrainiens.

L’embourbement de l’armée russe en Ukraine entraine le régime de Vladimir Poutine dans son sillage. Il s’embourbe dans ce conflit voulu « éclair et chirurgical » qu’il est obligé de recruter des mercenaires syriens et tchétchènes, avec l’appui des régimes de Damas et de Grozny. Selon plusieurs sources syriennes, le régime de Bachar Al-Assad a ouvert plusieurs centres de recrutement et des dizaines de milliers de miliciens du régime sont candidats au départ. L’opposition syrienne parle de « plus de 40.000 qui s’apprêtent à rejoindre le front ukrainien. Poutine leur aurait promis des salaires entre 300 et 600 dollars par mois et des billets aller-simple », ironisent les opposants aux boucher de Damas.

Dans quelques jours, la Syrie entrera dans sa douzième année de conflit, et Bachar Al-Assad craint que l’affaiblissement de son protecteur russe ne relance la contestation en Syrie. Car le régime de Damas vit sous perfusion russe, militaire, énergétique et alimentaire. Les conséquences du conflit ukrainien seront dramatiques pour Assad et risquent de le pousser encore davantage dans les bras de l’Iran. D’autant plus que la République islamique espère renflouer ses caisses dès la signature de l’accord nucléaire et la levée de certaines sanctions. Mais la Russie tente de saboter les négociations de Vienne pour retarder le retour de l’Iran sur le marché pétrolier mondial, susceptible de faire chuter les prix des hydrocarbures, provoquant un manque à gagner conséquent pour Moscou. A l’occasion du 11ème anniversaire de la révolte des Syriens, à Deraa le 18 mars 2011, les Etats-Unis à travers les comptes de leur ambassade à Damas sur les réseaux sociaux, accentuent les pressions sur le régime et appellent à mettre un terme à l’impunité dont le régime syrien a bénéficié depuis 2011, malgré les crimes commis contre la population civile.

Un ancien officier libanais réfugié au Canada souligne, sous couvert d’anonymat, que « dans le contexte international particulièrement tendu, marqué par les déboires de l’armée russe en Ukraine, la Russie de Poutine pourrait s’engager dans une fuite en avant et tenter de faire diversion en ouvrant d’autres fronts pour déstabiliser l’Europe et la contraindre à cesser son soutien à Kiev ». Pour ce faire, ajoute notre source, « Poutine pourrait sous-traiter cette déstabilisation à Assad, désormais le spécialiste du terrorisme international ». Notre interlocuteur rappelle que le régime syrien a une très forte expérience dans ce domaine depuis les années 1970. Il a hébergé des terroristes notoires comme Carlos, Abou Nidal, Abdallah Oçallan, Georges Ibrahim Abdallah… Il a créé des mouvements djihadistes palestiniens et libanais (Amal-islamique qui fut l’ancêtre du Hezbollah, responsable des prises d’otages au Liban, ou encore Fatah al-Islam…), avant d’investir dans Daech et Al-Nosra, les principales formations djihadistes formées dans les prisons syriennes et exploitées pour diaboliser l’opposition (ALS) ». Et de poursuivre, notre source met en garde contre l’utilisation des agents du régime qui se sont installés en Europe, en infiltrant le flux des réfugiés, pour commettre des attentats qui seront attribués aux djihadistes ou… aux ukrainiens ».

L’idée fait froid au dos, mais l’hypothèse est très plausible. Car, des attentats de masse semblables à la tuerie de Charli Hebdo ou du Bataclan qui pourraient frapper la France, l’Allemagne, la Belgique ou d’autres pays engagés auprès de l’Ukraine, sont de nature à secouer ces pays et à les contraindre à « revoir leurs priorités » au détriment de l’Ukraine. Ils pourraient aussi plus facilement négocier avec les commanditaires des attentats la fin des hostilités en leur offrant l’immunité. Et c’est sans doute pour cette raison que le président ukrainien Volodymyr Zelensky a prévenu les Européens : « après nous, votre tour viendra ».

A lire sur ce sujet. Volodymyr Zelensky met en garde l’Europe : votre tour viendra. Avant lui, d’autres avertissements sont restés lettre morte

C’est aussi pour cette raison qu’il faut considérer l’Ukraine et le Levant comme un seul front. Il ne faut pas abandonner l’un pour renforcer l’autre, l’agresseur étant le même « axe » composé de Poutine le parrain et Assad le boucher. Les milices et les mouvements djihadistes qui gravitent dans leur orbite sont les outils de travail ou de la simple chair à canon endoctrinée.

Notre interlocuteur met aussi en garde contre une autre fuite en avant, au Liban, qui pourrait s’opérer à l’ombre de la crise ukrainienne. En effet, le Pays du Cèdre commémore le 17ème anniversaire de la Révolution du Cèdre (14 mars 2005). Cette date particulièrement chère aux Libanais a été marquée, ce 14 mars 2022, par l’annonce des candidatures des souverainistes au siège des Forces Libanaises. Le discours de leur chef Samir Geagea, la ferveur autour des candidats des Forces Libanaises, qui demeurent la colonne vertébrale du camp souverainiste et de la révolution du 17 octobre (2019), et leur programme électoral inquiètent le camp pro-syrien qui fera tout pour reporter le scrutin du 15 mai.

A lire sur ce sujet: le leader chrétien des FL Samir Geagea menacé en direct. Hassan Nasrallah, «nous disposons de 100.000 miliciens armés et entraînés»

Pour ce faire, il suffirait d’une action sécuritaire ou d’un attentat pour terroriser la population et justifier l’annulation ou le renvoi des élections. Parmi les actions redoutées, notre interlocuteur n’exclut pas le déploiement du Hezbollah sur les cimes du Mont-Liban et l’installation de missiles sol-sol, sol-air et sol-mer pour dominer la Méditerranée orientale, harceler Israël, protéger le régime syrien et menacer l’Europe et soulager le front ukrainien.

Sanaa T.

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3 Commentaires

  1. […] Sur un autre plan, comme le rapporte Sofia Cecinini, coordinatrice à l’Observatoire sur la sécurité internationale à Rome, «Sicurezza Internazionale», citant un rapport de Human Rights Watch sur l’impact de la guerre en Ukraine sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, les prix du blé et de la farine ont grimpé en flèche, jusqu’à 30 %, suscitant des inquiétudes quant à la rupture des stocks de céréales. Dans le contexte de la guerre en Ukraine, la Libye, comme de nombreux pays arabes, dépend à la fois de la Russie et de l’Ukraine pour ses importations de céréales. Le pays fait partie des 10 premiers acheteurs internationaux de blé ukrainien. Pour répondre à ses besoins internes, en 2009, la Libye a signé un accord avec Kiev pour cultiver du blé sur 100.000 hectares de terres pour sa propre consommation. Politiquement, ajoute Sofia Cecinini, cela signifie que la Libye doit veiller prudemment lorsqu’elle exprime sa position sur la guerre en Ukraine. Étant donné que la Russie a toujours joué un rôle de premier plan dans la crise libyenne de onze ans, selon certains, la Libye ne devrait pas être perçue comme un partisan de l’une ou l’autre des parties au conflit, mais elle devrait rester neutre. (Image-REUTERS/Essam Omran Al-Fetori/RFI) A lire aussi: Enlisés en Ukraine, la Russie et ses protégés peuvent-ils recourir au terrorisme de masse en Occi… […]

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