Stephen Miller est le nouveau chef de cabinet de l’administration Trump. Il succédera à Susie Wiles, première figure majeure à quitter l’administration après la cuisante défaite des Républicains lors des élections de mi-mandat. Ce changement témoigne d’un président combatif, bien décidé à ne pas subir, au cours des deux prochaines années, le sort d’un «canard boiteux» passif face à un Congrès à majorité démocrate. Miller est un fervent partisan d’une ligne dure en matière d’immigration, une question que Trump considère comme un levier essentiel pour «sauver la civilisation occidentale»
Positions ultraconservatrices
Connu pour ses positions ultraconservatrices, Miller s’est fait remarquer durant le premier mandat du président en raison du décret controversé visant les musulmans. Dans cette nouvelle ère «Trump2.0», il s’est distingué par sa volonté de mener une politique de fermeté absolue face à la criminalité. C’est également lui qui a façonné l’idéologie «impérialiste» de l’administration, selon laquelle les États-Unis peuvent, à leur guise, renverser des gouvernements et s’approprier des ressources, dès lors que cela sert l’intérêt national, comme le rapporte la chaine «Sky Tg24».
L’incarnation de la frange la plus extrême du mouvement MAGA
Son style de communication, brut et agressif, ainsi que sa rhétorique ont fait de lui le visage de la frange la plus extrême du mouvement MAGA. Aux côtés de Trump durant les dix dernières années de sa carrière politique, Miller a été au cœur de la stratégie qui a permis au président de reconquérir la Maison-Blanche en 2024. C’est à lui que l’on doit l’idée d’associer la question de l’immigration à la lutte contre la criminalité, un argument qui a contribué au retour de Trump à la présidence. C’est également à lui que l’on doit la phrase la plus célèbre et la plus choquante du premier discours d’investiture du magnat : Miller est en effet l’auteur de cette «boucherie américaine» («American carnage») que Trump a dénoncée le jour de sa prestation de serment.
La ligne dure sur la question de l’immigration
Diplômé de l’université Duke, où il a dirigé un journal étudiant d’orientation conservatrice, Miller a été l’initiateur d’une stratégie fondée sur le recours aux décrets présidentiels, une tactique largement employée par Trump. Il n’a pas hésité à exhumer des lois promulguées il y a des décennies, voire des siècles, remontant parfois jusqu’au XIXe siècle, pour justifier des mesures allant des opérations coup-de-poing contre l’immigration clandestine à l’imposition de droits de douane. Selon le «Wall Street Journal», c’est Miller qui a donné des directives à l’agence fédérale chargée de l’immigration (ICE) afin d’accroître le nombre d’arrestations et d’expulsions au cours de cette année. Ces directives ont conduit, l’an dernier, à des opérations contre l’immigration clandestine dans un magasin «Home Depot» à Los Angeles. Ces arrestations avaient provoqué des affrontements entre manifestants et agents fédéraux, ainsi que la décision de Trump de déployer des milliers de militaires.
Les attaques sur les réseaux sociaux
Miller, qui a grandi à Santa Monica, en Californie, n’a pas hésité à recourir aux réseaux sociaux pour répondre aux démocrates qui accusaient Trump d’autoritarisme : «Cela fait des années que nous disons qu’il s’agit d’un combat pour sauver la civilisation. Quiconque a des yeux peut le constater», a-t-il déclaré. En janvier dernier, de nouveaux incidents (notamment la blessure de deux personnes par des agents de l’ICE à Minneapolis) ont ravivé les critiques ; pourtant, Miller a continué à plaider en faveur d’un nombre encore plus élevé d’arrestations. Lorsque, au milieu de l’année dernière, durant le second mandat de Trump, le Congrès débattait d’un important train de mesures législatives, Miller a fait remarquer que «nous débattrons de ces questions au milieu des ruines de la civilisation occidentale si nous ne parvenons pas à maîtriser l’immigration».
Le «cerveau» de Trump
Miller a réussi, dans une large mesure, à rester à l’écart des conflits internes chaotiques qui ont marqué la Maison-Blanche durant le premier mandat de Trump. Conseiller qui aime être sous le feu des projecteurs, il est resté loyal et aux côtés de son patron, même lorsque la première administration du magnat républicain a culminé avec l’assaut du Capitole des États-Unis, le 6 janvier 2021. Sous la seconde administration Trump, les idées de Miller se sont imposées au cœur du débat politique dominant. «Je qualifie Stephen de ‘cerveau de Trump’», a déclaré au «New York Times» l’ancien président républicain de la Chambre des représentants, Kevin McCarthy, peu avant l’investiture en janvier. Miller a été, entre autres, le principal instigateur du recours à une loi de temps de guerre, une loi méconnue et vieille de 200 ans, pour expulser les migrants en situation irrégulière. Le 9 mai, il a suscité un nouveau choc au sein de l’opposition en affirmant que la Maison-Blanche «envisageait» de suspendre l’«habeas corpus» (une loi qui a pour fondement que, même détenue, une personne n’est pas sans droit, Ndlr) pour les migrants devant faire l’objet d’une expulsion.
Les adieux d’«Ice Baby» Wiles
La passation de pouvoir avec Wiles prendra effet le 9 novembre prochain ; elle se mettra alors en retrait pour occuper une fonction au sein de l’appareil politique du président, dont le mandat s’achève en 2028 et qui ne peut se représenter. «Aujourd’hui est mon dernier jour à la Maison-Blanche en tant que cheffe de cabinet. Mon engagement envers le président ne changera jamais», a déclaré Wiles peu après l’annonce faite par le président sur Truth. Surnommée «Ice Baby», Susie Wiles a longtemps été considérée comme la stratège derrière le retour victorieux de Trump à la Maison-Blanche, mais sa position a commencé à vaciller ces derniers mois. Après le scrutin, de nombreux républicains ont réclamé son départ. Parmi eux, Steve Bannon : «elle doit être écartée immédiatement», a-t-il dit.