(Roma, 06 novembre 2026). Les résultats des élections de mi-mandat divisent la rue arabe. Certains saluent la victoire de candidats d’origine arabe ou africaine, connus pour être des islamistes proches des Frères musulmans, alors que d’autres craignent cet entrisme et redoutent des jours difficiles.
Les réactions des citoyens de pays particulièrement infectés par l’islamisme radical en disent long sur les appréhensions des uns et des autres par rapport aux élections américaines. Les Egyptiens et les Tunisiens, qui ont souffert des Frères musulmans, ont diversement apprécié les résultats des Midterms. Les opposants au régime du Caire ont célébré la victoire des candidats arabo-musulmans, y voyant un revers pour le président Trump et le lobby juif, tandis que les médias et les personnalités proches du régime en ont minimisé l’importance. Evidemment, la victoire des Égypto-Américains Abdul Rahman El-Sayed et Adam Hamawi a suscité un intérêt particulier en Egypte.
L’ancien candidat à la présidence égyptienne Hamdeen Sabahi a salué «la défaite cuisante de Trump (…)» estimant que «le sang de Gaza n’aura pas été versé en vain». Ahmed Al-Mulla, professeur d’histoire moderne et contemporaine, minimise l’importance des résultats, mais se dit «surpris par la colère de certaines personnalités égyptiennes face à la victoire des démocrates et par leurs réserves quant à l’arrivée de candidats d’origine égyptienne à des postes politiques américains». Le journaliste Ahmed Moussa s’en est pris à Abdul Rahman El-Sayed sur la plateforme «X» : «sa victoire ne nous concerne absolument pas. Il ne soutiendrait ni les Arabes ni la Palestine, il ne défendrait ni l’islam ni les causes arabes». Louay Al-Khatib, un créateur de contenu proche du régime égyptien, a critiqué ceux qui présentent les victoires de Sayed et de Hamawi comme une réussite égyptienne ou arabe : «ce sont des citoyens américains qui ont remporté une victoire électorale pour servir leur pays. Ils doivent être traités comme des hommes politiques américains et non comme des représentants de l’Égypte ou des Arabes».
L’opinion publique tunisienne est également divisée. Hichem Ajbouni, secrétaire général du Courant démocratique, a écrit : «Abdul Rahman al-Sayed s’est présenté aux élections et a été la cible d’attaques virulentes de la part de Donald Trump. Al-Sayed a répondu à Trump le qualifiant d’imbécile sans risquer d’être arrêté et emprisonné, comme en Tunisie. Finalement, il est devenu sénateur».
Le docteur Zaker Al-Ahidheb a écrit à propos d’Abdul Rahman : «C’est un médecin d’origine arabe, musulman, brillant dans ses études, athlétique, orateur éloquent, vif d’esprit et doté d’une répartie percutante. Derrière lui se cache la machine des démocrates et Barack Obama. Les électeurs américains ont porté au pouvoir le premier président noir, et ils porteront à la Maison-Blanche le premier président arabe».
A l’inverse, l’imam Khamis Al-Mejri s’en est pris à Abdul Rahman Al-Sayed au sujet d’une de ses déclarations dans laquelle il affirmait que «si mes parents n’avaient pas immigré aux États-Unis, j’aurais travaillé comme chauffeur de taxi en Égypte». Al-Mejri ajoute, s’adressant à Abdul Rahman : «Il vaut mieux pour toi être chauffeur de taxi dans la grande Égypte et être monothéiste, croyant en Dieu, que de prôner l’homosexualité dans un pays d’oppression et de meurtre… Ce n’est pas un honneur d’être membre d’un conseil sioniste au sein du système de l’État le plus corrompu et le plus terroriste au monde… ».
Au Liban, les réseaux sociaux regorgent de commentaires contradictoires. Les partisans du Hezbollah, y compris ses députés, se réjouissent de la déroute des Républicains et de l’élection de nombreux candidats d’origine arabes (dont un libanais chiite du Sud), et une dizaine de candidats d’origine somalienne et des afro-américains, dont l’unique point commun est leur appartenance à l’islam. A l’inverse, de nombreux commentateurs craignent pour cet entrisme islamiste dans la plus grande démocratie du monde.
Par Dario S. (Roma)