(Roma, 13 juin 2026). Ces derniers jours, notamment depuis les propos du ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, tenus à l’Assemblée nationale française puis sur la chaîne LCI, relayés et commentés par notre rédacteur et analyste Dario S., la rédaction de MenaNews.info a reçu plusieurs courriels pour féliciter notre rédacteur d’avoir mis en valeur à la fois les positions officielles libanaises, mais aussi et surtout les « contradictions françaises».
L’équipe de MenaNews.info remercie les centaines de lecteurs qui lui ont adressé félicitations, encouragements et remerciements pour la finesse de nos analyses. Dans leur écrasante majorité, les courriels qui nous sont parvenus ces deux derniers jours sont unanimes dans l’approbation des prises de position du ministre libanais des affaires étrangères, Youssef Raggi, devant la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale française, puis devant des millions de téléspectateurs de la chaine française LCI.
Cependant, quelques-uns de nos lecteurs dénoncent notre analyse quant à la politique libanaise de la France, dans le sillage de la visite d’une délégation du parti d’extrême gauche LFI à Beyrouth, et les propos des élus de ce parti, dont Jean-Luc Mélanchon, Arnaud Le Gall (député) et Rima Hassan (députée européenne). Les auteurs de ces protestations oublient que LFI a observé un silence assourdissant face aux massacres commis par le régime Assad contre le peuple syrien, fait semblant d’ignorer le sort des chrétiens du Nigéria, oublie le génocide des musulmans en Chine. Seul le sort des Palestiniens, victimes du Hamas et du 7 octobre, et le Hezbollah, responsable de trois guerres en 20 ans, les intéressent. Or, cet intérêt n’est pas motivé par le sort des populations, ni par les intérêts stratégiques de la France, mais par calcul électoral et par un antisémitisme à peine voilés.
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En tout état de cause, l’analyse de notre collaborateur Dario S. a permis de constater les fractures qui touchent la classe politique française mais surtout la diaspora libanaise en France et dans les pays francophones. Dans l’un des courriels reçus, l’auteur rappelle que «la France n’est pas responsable des malheurs du Liban. Car, pendant plus de 30 ans, la majorité des Libanais a cohabité avec le Hezbollah, alors que ce parti mine leur République, assassine et provoque les guerres. La France ne peut que composer avec les choix des Libanais. Elle n’est plus une tutelle». Nous ne pouvons que donner raison à cette approche, mais qui demeure incomplète. A cet égard, nous rappelons que c’est la France qui a «vulgarisé le concept de la distinction entre l’aile politique du Hezbollah, présumée fréquentable, et son aile militaire qui est à bannir. C’est aussi la France qui a refusé d’inscrire le Hezbollah sur la liste des organisations terroristes, malgré son implication avérée dans le terrorisme international et le narcotrafic. C’est aussi la France qui a longtemps soutenu le candidat du Hezbollah à l’élection présidentielle, Sleiman Frangié.
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Il est vrai aussi qu’une importante partie des Libanais a cohabité avec le Hezbollah. Nous pouvons même dire plus. Cette catégorie a collaboré avec le parti iranien et nous avons toujours dénoncé cette soumission, dont les plus frappantes : Saad Hariri qui a collaboré avec les assassins de son père ; Michel Aoun et Gebran Bassil qui ont ouvert un boulevard au Hezbollah pour miner l’Etat. Mais il convient de rappeler que les souverainistes, dont notamment le parti des Forces Libanaises, le parti Kataëb, le Parti National Libéral (PNL), les souverainistes indépendants, les souverainistes sunnites et druzes, les chiites de la troisième voie, ont tenu tête au Hezbollah et ont empêché l’élection de son candidat, malgré le soutien de la France.
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Enfin, nous tenons à remercier tous ceux qui ont relayé, transmis et commenté l’analyse de Dario S. Car ils ont aidé à prouver que des mensonges d’Etat peut naître la vérité et des ruines peut naître l’espoir, et de l’obscurantisme de certains peut naître un avenir radieux. Nous remercions les commentateurs qui ont, une nouvelle fois, prouvé que le double langage de la France touche ses limites et que LFI est très clivant tant dans l’opinion publique française que libanaise.
(Roma. MenaNews.info)