(Rome, 28 octobre 2026). Les bureaux de vote ont fermé à 21h00 (heure française). Les sondages à la sortie des urnes en Israël annoncent un scrutin particulièrement serré entre Benyamin Netanyahu (50 sièges) et Gadi Eizenkot (52). Aucun des deux camps ne semble en mesure de dégager une majorité claire, laissant planer l’incertitude sur la composition du prochain gouvernement. Les résultats finaux pourraient être connus mercredi soir, mais ne seront officialisés que le 4 novembre
Un scrutin historique
Les bureaux de vote ont fermé en Israël, où se sont tenues aujourd’hui (de 6h00 à 21h00, heure française) les premières élections législatives depuis l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 et la guerre qui a suivi, à Gaza puis au Liban et en Iran. Le scrutin visait à renouveler la Knesset (le Parlement) et à déterminer la composition du prochain gouvernement. Les premiers sondages à la sortie des urnes laissent entrevoir un duel serré entre le Premier ministre sortant, Benyamin Netanyahu, et son adversaire, Gadi Eisenkot ; toutefois, aucune coalition ne semble en mesure d’atteindre la majorité. Le Likoud arrive en tête, mais Eisenkot déclare que «les sondages à la sortie des urnes désavouent Netanyahu», comme le rapporte la chaine «Sky Tg24».
Une participation en nette hausse
Le taux de participation finale s’établit à 77,7 % (+7,1 %), a indiqué la Commission électorale centrale. Ce chiffre dépasse déjà le taux de participation global de 70,6 % enregistré lors des élections de 2022. Au total, 5.444.277 personnes ont voté.
Une forte participation, reflet des inquiétudes sécuritaires
La participation élevée enregistrée lors du scrutin témoigne de l’importance des enjeux auxquels la société israélienne est confrontée. Dans un contexte régional marqué par les conflits, les tensions sécuritaires et la multiplication des menaces contre le pays, les électeurs semblent particulièrement sensibles aux questions liées à la sécurité nationale, à la défense du territoire et à la protection de la population. Pour une partie de l’opinion publique, le vote représente ainsi un moyen de peser sur les choix stratégiques du pays face à des acteurs régionaux qui contestent son existence ou appellent à sa disparition.
Un scrutin aux conséquences régionales
L’issue des élections pourrait également peser sur les équilibres au Moyen-Orient. La composition du prochain gouvernement influencera les relations d’Israël avec ses voisins, sa politique à l’égard des Palestiniens ainsi que ses rapports avec les États-Unis et les autres acteurs internationaux. Dans une région où les tensions locales peuvent rapidement prendre une dimension internationale, les décisions prises à Tel-Aviv auront des répercussions qui dépasseront largement les frontières israéliennes.
Les résultats finaux seront officialisés le 4 novembre
Plus de 7 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes ; 36 partis sont en lice, dont seuls 13 apparaissent dans les sondages car ils franchissent le seuil électoral de 3,25 %. Les résultats définitifs ne seront officialisés que huit jours après le scrutin, soit le 4 novembre prochain. Cela s’explique par le fait que le dépouillement des «doubles enveloppes», utilisées par les électeurs votant loin de leur lieu de résidence, tels que les militaires, les diplomates et les personnes hospitalisées, nécessite davantage de temps. Ce qui est en jeu, lors de ce scrutin, c’est non seulement l’avenir de l’État hébreu, mais aussi l’équilibre au Moyen-Orient.
Un nouveau Moyen-Orient en pleine recomposition, avec trois pôles de puissance aux intérêts divergents
L’avenir stratégique d’Israël pourrait, en grande partie, dépendre de sa capacité à s’adapter à une recomposition des rapports de force au Moyen-Orient. La région voit se dessiner trois importants pôles de puissance dont les intérêts, les ambitions et les objectifs sécuritaires ne coïncident pas nécessairement :
- Le premier est constitué par l’Iran et ses mandataires dans la zone, notamment le Hezbollah au Liban et les Houthis au Yémen. Cette constellation, généralement désignée sous le nom d’«Axe de la résistance», demeure au cœur des préoccupations sécuritaires israéliennes.
- Le second pôle est celui de l’Accord de défense conjointe de La Mecque, réunissant la Turquie, l’Arabie saoudite et le Pakistan. Cet accord vise à renforcer la coopération militaire et la sécurité collective de ses signataires. La rencontre de leurs représentants avec les autorités iraniennes à Téhéran, le 26 octobre, illustre leur volonté de maintenir des canaux de dialogue dans un contexte régional particulièrement tendu.
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- Le troisième acteur est Israël, une puissance militaire majeure qui domine la région, dont les relations avec l’Iran, la Turquie et plusieurs pays arabes seront déterminantes pour l’évolution de l’équilibre régional.
Pour Israël, cette évolution soulève plusieurs interrogations. Cette coopération restera-t-elle principalement défensive ou pourrait-elle progressivement devenir un outil d’influence politique dans les crises du Moyen-Orient ? Dans quelle mesure ses membres chercheront-ils à coordonner leurs positions sur les dossiers palestinien, libanais et iranien ? Pour le prochain gouvernement israélien, l’enjeu sera donc de déterminer si cette nouvelle architecture régionale représente principalement un risque stratégique ou si elle peut également ouvrir des possibilités de dialogue et de désescalade.
Pour un analyste italien bien au fait, la prochaine équipe gouvernementale israélienne héritera d’une région où les alliances évoluent, où les rivalités demeurent profondes et où les initiatives diplomatiques peuvent côtoyer les préparatifs militaires.
Gaza et le Liban : deux fronts qui pèseront sur la stratégie du prochain gouvernement israélien
A Gaza, l’affaiblissement des capacités militaires et organisationnelles du mouvement Hamas pourrait modifier les calculs stratégiques du prochain gouvernement israélien. Si le mouvement ne dispose plus de la même capacité qu’auparavant à imposer ses conditions ou à faire obstacle aux initiatives israéliennes, cette évolution pourrait offrir à Jérusalem une marge de manœuvre supplémentaire.
Au Liban, le Hezbollah, un acteur armé susceptible de remettre en cause l’autorité de l’État
La situation libanaise présente une difficulté différente. Malgré les pressions militaires et politiques auxquelles il a été confronté, le Hezbollah conserve une influence qui dépasse largement son poids institutionnel. Sa capacité d’action militaire, ses réseaux politiques et son implantation dans certaines parties du territoire constituent des défis majeurs pour l’autorité de l’État libanais.
Le problème central réside dans la coexistence de deux centres de pouvoir : celui des institutions officielles, chargées de garantir la souveraineté nationale, et celui d’une organisation extrémiste disposant de ses propres moyens armés et de sa propre stratégie régionale. Le scénario d’un retour du Hezbollah à une position de domination accrue ne peut être écarté.
Le mouvement dispose de leviers militaires, politiques et sociaux qui pourraient lui permettre de renforcer son influence si les institutions libanaises s’affaiblissaient davantage. Une crise politique majeure, des affrontements internes ou l’incapacité des autorités à faire respecter leurs décisions pourraient lui offrir de nouvelles possibilités d’action.
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Toutefois, renverser le gouvernement ou imposer directement un nouvel ordre politique supposerait un rapport de force particulier. Le Hezbollah devrait tenir compte des réactions des autres composantes de la société libanaise, des forces politiques opposées à sa domination et des conséquences internationales d’une telle initiative.
La question fondamentale est donc de savoir si les institutions libanaises disposent de la volonté politique et des moyens nécessaires pour empêcher qu’une organisation armée ne puisse imposer ses choix au reste du pays. Le prochain gouvernement israélien devra donc évaluer non seulement la menace militaire représentée par le Hezbollah, mais aussi les conséquences politiques d’un éventuel effondrement de l’autorité de l’État libanais.
Le départ de la FINUL : le sud du Liban face au risque d’un vide sécuritaire
Le départ annoncé de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) soulève une question fondamentale : qui sera en mesure de surveiller efficacement le sud du pays et de prévenir une nouvelle escalade à la frontière israélo-libanaise ?
Depuis des décennies, cette force onusienne joue un rôle de présence internationale dans une région marquée par des confrontations répétées entre Israël et le Hezbollah. Ses soldats contribuent à surveiller la situation sur le terrain, à observer les incidents, à maintenir des contacts avec les différentes parties et à rendre compte au Conseil de sécurité des Nations unies des violations constatées.
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Même si la FINUL n’a jamais disposé des moyens nécessaires pour empêcher à elle seule toutes les violations ou neutraliser les activités militaires du Hezbollah, sa présence constitue un mécanisme de surveillance et de communication dont la disparition pourrait compliquer la gestion des tensions.
Son retrait signifierait non simplement la fin d’une mission militaire internationale, mais il marquerait aussi la disparition d’un dispositif de suivi et de prévention des incidents dans l’une des zones les plus sensibles du Moyen-Orient.