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Liban : la fin du mandat de la FINUL suscite de vives préoccupations

(Rome, 18 octobre 2026). Un vide sécuritaire redouté à Beyrouth : la fin du mandat de la FINUL, qui, selon toute probabilité ne sera pas renouvelé, suscite une vive inquiétude, sur fond de tensions persistantes à la frontière sud et d’incertitudes quant à l’avenir du dispositif de maintien de la paix de l’ONU. A l’heure actuelle, aucune force internationale ne semble prête à prendre le relais, et, selon Beyrouth, cette situation laisserait un vide qui serait alors comblé par le Hezbollah

La France en médiation à Beyrouth

Samedi, le président libanais Joseph Aoun a reçu le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, en visite dans le pays. Il a déclaré qu’il accueillerait favorablement toute initiative visant à prévenir un vide sécuritaire dans le sud du pays, dans l’éventualité où les forces de maintien de la paix des Nations unies (FINUL) se retireraient, comme prévu, à la fin de l’année, comme le rapporte le média «Rights Reporter».

M. Barrot se trouvait à Beyrouth pour une visite de deux jours, consacrée à discuter des «mécanismes pour une présence internationale» dans le sud du Liban, théâtre de conflits récurrents entre Israël et le Hezbollah, après l’expiration du mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL).

La position de Beyrouth : maintenir la FINUL, à défaut une présence internationale

Dans une déclaration, Aoun a réitéré le souhait du Liban de voir le mandat de la FINUL prolongé, tout en précisant que «si cela s’avérait impossible, le Liban accueillera favorablement tout accord garantissant une présence internationale dans le sud, prévenant un vide sécuritaire et évitant de placer l’armée libanaise en contact direct avec l’armée israélienne».

Mais le manque de confiance de la communauté internationale envers les autorités libanaises constitue un obstacle à cette démarche, alors que des interrogations persistent sur la capacité de l’État à assumer pleinement ses responsabilités en matière de sécurité et à garantir l’application des engagements pris.

Paris et Rome s’accordent sur un dispositif post-FINUL

Le 25 juin dernier, à l’occasion du sommet franco-italien d’Antibes, Emmanuel Macron et Giorgia Meloni ont affiché leur volonté de renforcer leur coopération sur plusieurs dossiers internationaux, dont celui du Liban.

A lire : Macron et Meloni, loin de tout refroidissement franco-italien, affichent leur entente sur la défense et l’énergie

Face à la fin annoncée du mandat de la FINUL, le 31 décembre 2026, les deux leaders européens ont convenu de lancer une coalition internationale, en coordination avec l’Union européenne et les Nations unies, afin d’assurer la continuité de la présence internationale dans le pays.

Éviter un vide sécuritaire et contenir l’influence du Hezbollah

Au-delà du maintien de la stabilité dans le sud du Liban, l’initiative franco-italienne vise à éviter qu’un vide sécuritaire ne profite au Hezbollah, dont l’influence militaire et politique demeure un enjeu majeur pour la souveraineté de l’État libanais.

Cette préoccupation s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes entre le Hezbollah et les autorités libanaises autour du monopole des armes et du rétablissement de l’autorité de l’État.

Le spectre d’un coup de force du Hezbollah à Beyrouth

Le silence qui entoure souvent les dirigeants du Hezbollah et les incertitudes sur le fonctionnement de sa chaîne de commandement nourrissent les interrogations sur les intentions et les capacités des «miliciens de Dieu».

A lire : Liban : un silence inquiétant au sein du Hezbollah. Où sont les dirigeants ?

Dans cette optique, la fin du mandat de la FINUL soulève une question stratégique pour Beyrouth et ses partenaires européens : comment éviter qu’un retrait international ne crée un vide sécuritaire susceptible de favoriser une nouvelle montée des tensions et un redéploiement du Hezbollah ?

Un nouveau cycle de pourparlers avec Israël

Par ailleurs, le Liban a annoncé samedi qu’un nouveau cycle de pourparlers avec Israël se tiendrait mardi. Une délégation militaire libanaise présentera les exigences de Beyrouth concernant la cessation des opérations militaires israéliennes au Liban lors d’une réunion trilatérale à Tampa, en Floride, le 20 octobre, tel que annoncé samedi par la présidence libanaise dans une publication sur la plateforme X.

Des négociations engagées depuis l’offensive du 2 mars

Le Liban et Israël ont mené une série de pourparlers directs ces derniers mois, visant à mettre fin aux hostilités depuis le déclenchement, le 2 mars, d’une nouvelle guerre entre Israël et le groupe terroriste armé libanais Hezbollah, un conflit survenu lorsque cette organisation, mandataire de l’Iran, a attaqué Israël dans le contexte d’une confrontation régionale plus large.

Un accord fragile, des obligations réciproques

Dans le cadre d’un accord conclu à l’issue des pourparlers israélo-libanais menés sous médiation des États-Unis, Beyrouth s’est engagé à désarmer le Hezbollah, ce qui devait en contrepartie entraîner le retrait progressif des troupes israéliennes de la zone tampon qu’elles contrôlent au Liban.

A lire : Liban : Netanyahu estime «insuffisants les efforts du gouvernement visant à désarmer le Hezbollah»

Toutefois, le Hezbollah a refusé de se désarmer tant que les forces israéliennes demeureront sur le territoire libanais, tandis qu’Israël a poursuivi ses frappes dans le sud du Liban.

Un retrait conditionné au désarmement

L’accord-cadre, signé à Washington le 26 juin, conditionne tout retrait israélien supplémentaire au désarmement vérifié du Hezbollah et au démantèlement de ses infrastructures militaires, parallèlement au déploiement de l’armée libanaise.

En France, Xavier Iacovelli a réclamé le classement du Hezbollah comme organisation terroriste

En France, le Sénateur Xavier Iacovelli s’est joint aux voix qui réclament un durcissement de la position française à l’égard du Hezbollah, en demandant que le mouvement soit classé dans son ensemble comme une organisation terroriste.

A lire : France-Liban : le sénateur Xavier Iacovelli réclame le classement du Hezbollah comme une organisation terroriste

Cette démarche remet au premier plan le débat sur la distinction maintenue par Paris entre les branches militaire et politique du mouvement chiite libanais.

François-Xavier Bellamy : le Hezbollah et la souveraineté du Liban

En France également, François-Xavier Bellamy a défendu une qualification du Hezbollah comme organisation terroriste. A la veille des élections européennes de juin 2024, la tête de liste des Républicains (LR), Bellamy n’avait pas hésité à dire tout haut ce que pensent les Français tout bas concernant le Hezbollah et l’occupation du Liban.

A lire : France-Liban : pour François-Xavier Bellamy, le Hezbollah est une organisation terroriste (vidéo)

Très belle clarification de Bellamy sur la politique libanaise qu’il entend défendre au Parlement européen. Claires, nettes, précises et très courageuses paroles. François-Xavier Bellamy était très attendu sur cette question d’autant plus que de nombreux binationaux qui prétendent s’opposer au Hezbollah et au régime syrien sont tentés de voter pour leurs alliés Jordan Bardella et Marion Maréchal.

Explosifs saisis : le Hezbollah défie les autorités de l’État libanais

La saisie de plusieurs centaines de kilos d’explosifs par les forces de sécurité libanaises relance les interrogations sur la capacité de l’État à imposer son autorité face au Hezbollah. Le 5 octobre, un véhicule intercepté à un point de contrôle de Dahr el-Baïdar, sur l’axe Békaa-Beyrouth, et non Békaa-Sud, transportait quelque 780 kilos de matières explosives, dont du TNT et du C-4. Deux personnes ont été arrêtées et une enquête a été ouverte afin d’identifier les responsables de ce transport.

L’affaire a pris une nouvelle dimension le 15 octobre, lorsque le député du Hezbollah Hassan Fadlallah a reconnu que le chargement appartenait à son mouvement. Il a affirmé que les explosifs étaient destinés à des opérations contre les forces israéliennes présentes dans le sud du Liban, au nom de la lutte contre «l’occupation». Le parlementaire a également réclamé la restitution du matériel saisi ainsi que la libération des deux personnes interpellées lors de la saisie, contestant les soupçons selon lesquels ces explosifs auraient pu servir à des attentats sur le territoire libanais.

Le désarmement du Hezbollah, un préalable pour préserver la présence internationale

La communauté internationale redoute qu’en l’absence de désarmement du Hezbollah, toute présence internationale au Liban soit confrontée à de sérieux obstacles. Les incertitudes persistent quant aux modalités du remplacement de la FINUL et aux garanties nécessaires pour assurer la sécurité dans le sud du pays.

A lire : La FINUL et l’avenir du Liban : le Hezbollah met à l’épreuve la présence internationale

Le chef des opérations de paix de l’ONU, Jean-Pierre Lacroix, a récemment souligné l’urgence de clarifier les dispositions qui encadreront l’après-FINUL.

Un général (Ret.) français affirme sous anonymat que l’«enjeu dépasse le seul remplacement des Casques bleus : il s’agit de garantir qu’aucun groupe armé, notamment le Hezbollah, ne puisse remettre en cause l’autorité de l’État et compromettre la sécurité des forces internationales qui seraient déployées».
«Sans avancée sur le désarmement du mouvement extrémiste pro-Téhéran, et sans accord clair sur les missions et les moyens du futur dispositif international, Beyrouth risque de se retrouver face à un vide sécuritaire au moment même où la présence internationale est appelée à évoluer», a-t-il ajouté.

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