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Iran : objectifs non atteints et régime en crise. Le conflit reste son ultime atout

(Rome, 1er septembre 2026). La tension est une arme pour masquer les problèmes : du blocus du détroit d’Ormuz au prix exorbitant du pétrole brut… Alors que les objectifs initiaux semblent s’éloigner et que le régime traverse une crise profonde, la confrontation avec l’Iran s’installe dans la durée. Faute d’avoir obtenu la capitulation ou l’effondrement du régime, les deux parties semblent désormais enfermés dans une logique où l’escalade militaire devient, paradoxalement, la seule issue encore envisagée

La tension comme arme pour masquer les échecs : du blocus du détroit à la flambée du pétrole

En clair, on pourrait dire que la guerre recommence parce qu’elle n’a jamais pris fin. Derrière les nouveaux affrontements entre les États-Unis et l’Iran se cachent en effet les objectifs non atteints, aussi bien de la part de Donald Trump ainsi que des «faucons» arrivés au pouvoir à Téhéran après l’assassinat du Guide suprême Ali Khamenei et son remplacement par son successeur, invisible, Mojtaba. Les échecs de Trump sont flagrants. Non seulement il n’a pas réussi à décapiter le régime, mais il a aussi favorisé l’émergence d’une nouvelle garde des extrémistes unis autour du pouvoir militaire des Pasdaran. Pire encore, il a permis à ces nouveaux faucons de réaliser ce dont la République islamique n’avait fait que rêver pendant 47 ans : bloquer le détroit d’Ormuz, menacer d’imposer des péages et déclencher une crise mondiale liée à l’envolée des prix du pétrole brut. Sans parler de son incapacité à protéger ses alliés du Golfe et à défendre leurs économies, durement touchées par l’impossibilité de vendre du pétrole et d’assurer l’entretien de leurs infrastructures énergétiques et touristiques, écrit Gian Micalessin dans son décryptage dans «Il Giornale».

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Un mélange explosif alimenté par les échecs du régime de Téhéran

Ce cocktail explosif de guerre est aggravé par les échecs d’un régime iranien conscient que la guerre, ou plutôt la capacité de survivre aux bombardements américains, représente désormais son unique chance de survie. Seul un conflit sans fin, alimenté par les appels des fanatiques à la résistance et des accusations constantes de trahison contre quiconque ne partage pas la ligne des «extrémistes», permet aux Pasdaran d’endiguer le mécontentement populaire généralisé. Mais leur capacité à réprimer les soulèvements populaires ne les protège pas des écueils d’un conflit interne qui sape et érode leur autorité. La chute récente du rial, la flambée de l’inflation à 70 % et les difficultés d’une économie fragilisée par la perte d’un million d’emplois vont de pair avec les appels à la négociation lancés par l’aile pragmatique du régime, menée par le président Massoud Pezeshkian, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi et le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf.

Un régime prisonnier de sa propre logique

«C’est là que réside la contradiction centrale», affirme un analyste régional. «Pour le pouvoir iranien, le conflit peut représenter aujourd’hui l’une des dernières ressources permettant de différer l’épreuve de vérité avec sa propre société. Mais en faisant de la confrontation un mécanisme de survie, le régime prend le risque de devenir dépendant de la crise qu’il cherche à instrumentaliser. La guerre peut prolonger sa survie, mais elle ne peut, à elle seule, résoudre les causes profondes de sa fragilité», ajoute notre source.

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Le pari dangereux de l’escalade

La stratégie du régime comporte toutefois un paradoxe : si la guerre peut temporairement renforcer le pouvoir, elle peut aussi accélérer son affaiblissement. Une confrontation prolongée, des revers militaires ou un coût économique et humain trop lourd risqueraient d’exacerber les tensions qu’elle était censée endiguer. Le régime semble ainsi enfermé dans une alternative périlleuse : la désescalade pourrait exposer ses fragilités, tandis que l’escalade menace de les rendre explosives.

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«La guerre devra prendre fin un jour»

«La guerre devra bien finir un jour», a récemment déclaré Pezeshkian, appelant à sa fin alors que «le monde entier reconnaît notre victoire».

L’incapacité à sceller le détroit d’Ormuz, un échec cuisant pour les faucons

Mais ce qui affaiblit également les faucons cachés derrière le manteau de l’invisible Mojtaba Khamenei, c’est leur incapacité à verrouiller définitivement le détroit d’Ormuz. Alors que l’Iran subit de plein fouet les pertes liées à son incapacité à exporter son pétrole brut, la marine militaire américaine semble avoir réussi à escorter un nombre important de pétroliers à travers le détroit ces dernières semaines (le trafic atteignant parfois les deux tiers de son niveau d’avant-guerre), empruntant la route la plus proche d’Oman. Cela suffit à inciter les Pasdaran à poser de nouvelles mines et à déployer des embarcations supplémentaires autour de l’île de Larak, épicentre des opérations visant à boucler le détroit d’Ormuz. Avec la ferme conviction de ceux qui savent que la guerre est leur dernier et unique espoir.

Le risque d’une puissance surexposée

Cette situation place les Pasdaran devant une contradiction stratégique majeure. Une incapacité à concrétiser leurs menaces peut entamer leur crédibilité, mais une escalade excessive pourrait accentuer les difficultés du pays et fragiliser davantage le régime des enturbannés qu’ils ont pour mission de protéger. L’épreuve du détroit d’Ormuz révèle ainsi une puissance contrainte : capable, d’une part, de provoquer, de perturber et de menacer, mais de l’autre, confrontée à des limites croissantes dans sa capacité à imposer durablement sa volonté.

Une démonstration de force entravée par la crise intérieure

En même temps, les Pasdaran doivent composer avec une crise aiguë qui frappe le pays sur plusieurs fronts. Difficultés économiques, tensions sociales, fragilités politiques et pression internationale réduisent la marge de manœuvre du régime et compliquent sa capacité à soutenir une confrontation prolongée. Dans ce contexte, l’appareil sécuritaire se retrouve confronté à une double mission : afficher sa capacité de dissuasion à l’extérieur tout en préservant la stabilité du pouvoir à l’intérieur.

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