(Rome, 24 avril 2026). Après la disparition d’Ali Khamenei et l’affaiblissement de son successeur Mojtaba Khamenei, l’Iran entre dans une nouvelle ère politique dominée par les Gardiens de la révolution islamique. Derrière une façade institutionnelle intacte, un cercle restreint de généraux concentre désormais les décisions stratégiques, redessinant l’équilibre du pouvoir et rendant le régime plus opaque et imprévisible
Une phase inédite pour l’Iran
Suite à l’assassinat d’Ali Khamenei et la blessure de son successeur, Mojtaba, l’Iran est entré dans une phase inédite : une direction formellement toujours centré sur le Guide suprême, mais exercé de facto par un petit groupe de commandants militaires.
D’après les informations disponibles, rapporte Francesca Salvatore dans «Il Giornale», le nouveau dirigeant n’exerce plus un contrôle direct et continu sur les décisions stratégiques. À sa place, une structure collégiale dominée par l’influence des Pasdaran a émergé, pilotant désormais la guerre, la diplomatie et la sécurité intérieure.
Les noms clés : les généraux qui décident
Le vide laissé par l’absence opérationnelle de Khamenei a été comblé par une véritable «cellule de commandement» militaire. Parmi les noms les plus fréquemment cités, trois figures centrales émergent :
- Ahmad Wahidi : considéré par de multiples sources comme le principal décideur stratégique, influençant sur les opérations militaires et les négociations ;
- Mohammad Bagher Zolghadr, chargé de superviser et de contrôler les négociateurs, garantissant ainsi la fermeté du régime ;
- Et Mohammad Bagher Ghalibaf, ancien commandant des Pasdaran et désormais figure politique clé, impliqué dans les contacts diplomatiques avec les États-Unis.
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À ces figures s’ajoute un réseau plus large de commandants et de responsables liés aux Corps des Gardiens de la révolution iraniens (CGRI) qui participent aux décisions collectives. Le cadre ainsi défini est explicite : les généraux siègent au sein d’un «conseil» qui prend les décisions collégiales, tandis que Khamenei se limite à un rôle de coordination et de ratification.
Du Guide suprême au «conseil de guerre»
La transformation du pouvoir iranien est structurelle. Pendant des décennies, le Guide suprême représentait le centre absolu du système politique. Aujourd’hui, cependant, nous assistons à une évolution vers un leadership diffus et militarisé. L’élimination physique d’une grande partie de l’élite dirigeante lors des raids de cette année, l’état de santé du nouveau dirigeant et la nécessité de réagir rapidement dans un conflit régional constitue les principales raisons de cette transformation.
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Ce modèle entraîne deux conséquences immédiates : une prise de décision militaire plus rapide, comme en témoigne clairement la résilience opérationnelle du pays, mais aussi une réduction du poids des institutions civiles et diplomatiques. Ce n’est pas un hasard si les modérés ont été progressivement marginalisés, tandis que les dirigeants des Pasdaran consolident leur emprise sur la sécurité, l’économie et la politique étrangère.
Un pouvoir plus dur et moins prévisible
La nouvelle architecture du pouvoir iranien est non seulement une solution d’urgence ; elle pourrait aussi redéfinir durablement la nature du régime. Avec des personnalités comme Wahidi et Zolghadr au cœur du processus décisionnel, l’Iran apparaît aujourd’hui plus rigide idéologiquement, plus enclin à la confrontation et encore moins transparent dans ses dynamiques internes.
Les négociations avec les États-Unis, par exemple, compliquées par le manque de clarté quant à l’autorité décisionnelle finale. La question n’est pas seulement de savoir ce que veut l’Iran, mais aussi qui est réellement habilité à en décider.
Dans ce contexte, Mojtaba Khamenei demeure officiellement à la tête du pays, mais le centre du pouvoir s’est déplacé ailleurs : il ne réside plus dans la figure du Guide suprême, mais au sein d’une élite militaire qui gouverne collectivement et qui, du moins pour l’instant, semble destinée à façonner l’avenir du pays.
Conclusion : un basculement durable du pouvoir
La recomposition du pouvoir en Iran marque une rupture profonde avec le modèle traditionnel centré sur la figure du Guide suprême. Si Mojtaba Khamenei, affirme une source iranienne en exil, conserve une légitimité formelle, l’influence réelle semble désormais entre les mains des Gardiens de la révolution islamique et de leurs principaux commandants. Et la source d’ajouter : «aujourd’hui, Khamenei fils, est subordonné au CGRI».
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Cette évolution pourrait s’inscrire dans la durée : en consolidant un pouvoir collégial, militarisé et peu transparent, le régime gagne en réactivité mais perd en lisibilité sur la scène internationale. À terme, ce nouvel équilibre pourrait non seulement redéfinir la gouvernance interne, mais aussi influencer durablement les relations de l’Iran avec le reste du monde.