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Trêve reconduite entre le Liban et Israël, marginalisant le Hezbollah : la menace plane sur Tel-Aviv et Haïfa

(Rome, 04 juin 2026). Le Liban et Israël ont renouvelé leur fragile trêve sous médiation américaine, en prévoyant la création de zones de sécurité dans le sud du Liban d’où le Parti de Dieu serait exclu. Tandis que les discussions visent à renforcer la stabilité le long de la frontière, le mouvement chiite pro-Téhéran a averti qu’une reprise des frappes israéliennes sur Beyrouth pourrait entraîner des attaques de représailles contre les villes israéliennes de Tel-Aviv et Haïfa

Une menace qui vise Tel-Aviv et Haïfa

Israël et le Liban ont convenu de renouveler leur trêve fragile et d’établir une série de zones de sécurité «pilotes» à l’intérieur du Liban, interdites d’accès aux miliciens du Hezbollah.
Dans une déclaration conjointe publiée à l’issue du quatrième cycle de négociations menées sous médiation américaine au Département d’État, les deux parties ont affirmé que la trêve «est conditionnée à un cessez-le-feu total des hostilités du Hezbollah et à l’évacuation de tous ses agents» des zones situées au sud du fleuve Litani, rapporte Alberto Russo dans le journal «Il Tempo».

Les modalités d’établissement de ces zones de sécurité restent à préciser, mais l’accord stipule que l’armée libanaise en prendra le contrôle total.

«Ces mesures permettront de progresser vers un accord global de paix et de sécurité», conclut la déclaration. «Tous les pays ont réaffirmé que l’avenir des relations entre Israël et le Liban doit être décidé par les deux gouvernements souverains. Ils ont rejeté toute tentative, de la part d’un État ou d’un acteur non étatique, de prendre en otage l’avenir du Liban».
Cette déclaration fait référence à l’Iran, qui soutient et arme le Hezbollah et a insisté pour que les attaques israéliennes contre le Liban cessent, conformément à un accord intérimaire conclu avec les États-Unis visant à mettre fin au conflit avec l’Iran. Le Hezbollah ne participe pas aux pourparlers israélo-libanais en cours.

Selon plusieurs experts militaires, l’armée libanaise demeure l’une des rares institutions étatiques bénéficiant d’une certaine légitimité à l’échelle nationale.

Il convient de noter que les adversaires du Hezbollah affirment que l’armée est «infiltrée» ou «infectée» par les «miliciens de Dieu». Selon les mêmes experts, il existe des preuves démontrant que l’armée est sous le contrôle direct du Hezbollah ou qu’elle fonctionne comme une extension de son appareil militaire.

A lire : Liban : à Washington, Rodolphe Haykal dévoile ses faiblesses pour le Hezbollah. Par peur ou par complicité ?

L’armée libanaise est probablement capable d’occuper physiquement le terrain et d’assurer des missions de contrôle, de surveillance et de maintien de l’ordre dans certaines zones. En revanche, si le Hezbollah décidait de conserver clandestinement une présence militaire importante ou de contester son autorité, il est loin d’être certain que l’armée puisse, dans son état actuel, imposer seule son contrôle par la force.

Les menaces du Pati de Dieu contre le centre d’Israël

Parallèlement, un haut responsable de la milice pro-Téhéran a menacé Israël, déclarant que si Tsahal reprenait ses attaques contre Beyrouth, l’organisation terroriste lancerait des frappes de représailles contre des villes du centre d’Israël telles que Tel-Aviv et Haïfa.

Selon le «Jerusalem Post», dans une interview accordée à «Al Araby», Mahmoud Kamati, chef adjoint du conseil politique du Hezbollah, a déclaré que «l’équation consistant à opposer Dahiyeh (fief historique du mouvement) contre les colonies du nord est d’aucune manière inacceptable». «Il est impossible que les bombardements vers le nord cessent en échange de la non-agression contre Dahiyeh», a-t-il ajouté. Kamati a par ailleurs menacé que l’«équation» se situerait entre Dahiyeh et Beyrouth d’un côté, et Haïfa et Tel-Aviv de l’autre.

Une rhétorique qui rappelle celle de Nasrallah

Les déclarations de Mahmoud Kamati ne sont pas sans rappeler celles de l’ancien chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, qui avait à plusieurs reprises averti qu’une attaque israélienne contre Beyrouth entraînerait des frappes contre «Haïfa et au-delà». Cette doctrine de dissuasion, fondée sur la menace d’une escalade visant les grands centres urbains israéliens, constitue depuis des années un élément central du discours stratégique du mouvement chiite.

Sur ce thème : Nasrallah menace Israël : «une fois les lignes rouges franchies, nous frapperons à nouveau»

Des capacités désormais mises en doute

Toutefois, les propos de Mahmoud Kamati suscitent aujourd’hui le scepticisme de nombreux analystes. Après les revers subis par le Hezbollah au cours des derniers mois, la décapitation de ses dirigeants, plusieurs experts s’interrogent sur sa capacité réelle à mettre à exécution de telles menaces.

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Si le Hezbollah conserve un potentiel militaire significatif, l’ampleur des pertes enregistrées dans ses rangs, les dommages infligés à son infrastructure et le contexte régional en mutation (notamment le conflit en Iran) alimentent les doutes quant à sa faculté de mener une campagne de représailles à la hauteur des avertissements formulés par ses dirigeants.

(Roma, par Paolo S.)

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