L'actualité du Proche et Moyen-Orient et Afrique du Nord

L’Iran reconstruit à grande vitesse l’un de ses sites nucléaires les plus importants

(Rome, 18 septembre 2026). Le régime iranien accélère les travaux de reconstruction sur l’un de ses principaux sites nucléaires (Taleghan 2), endommagé lors des récentes frappes. Cette reprise des activités intervient alors que les tensions autour du programme nucléaire iranien restent vives et que la nature exacte des installations en question continue de susciter des interrogations. Des images satellites et des renseignements le confirment. L’AIEA est cependant incapable de le vérifier

La reconstruction accélérée révélée par des images satellites

Selon des images satellites citées dans un rapport publié jeudi par l’Institut pour la science et la sécurité internationale (ISIS), l’Iran reconstruit rapidement une installation nucléaire précédemment bombardée par Israël, comme le rapporte le portail «RightsReporter.org».

La localisation et le contexte du site Taleghan 2

Cet institut, basé à Washington, indique que l’Iran «poursuit rapidement la reconstruction du site de Taleghan 2», situé dans le complexe militaire de Parchin, à environ 30 kilomètres au sud-est de Téhéran.

Historique des attaques de ce site

Taleghan 2 a été frappée par Israël en octobre 2024, en représailles à une attaque de missiles iranienne contre Israël plus tôt dans le mois, puis bombardée à nouveau par l’armée de l’air israélienne en mars 2025, lors de la dernière guerre, après que Tsahal a déclaré que l’Iran remettait le site en état à la suite des premières attaques.

Utilisation présumée du site par l’Iran

L’armée israélienne affirme que ces dernières années, le régime a utilisé le site pour «le développement d’explosifs de pointe et pour mener des expériences sensibles dans le cadre du projet AMAD», le prétendu programme secret iranien de développement d’armes nucléaires qui se serait déroulé entre la fin des années 1990 et 2003.

Des tests nucléaires présumés dans le passé

Les services secrets occidentaux suggèrent que Téhéran a procédé à des essais nucléaires à Taleghan 2 il y a plus de vingt ans.

Dans son dernier rapport, l’institut indique que des images satellites de «Vantor Technologies», datées du 13 septembre, montrent que «l’Iran a installé une bâche au-dessus de la structure souterraine renforcée et détruite, masquant ainsi les travaux de reconstruction en cours, visibles par satellite et par reconnaissance aérienne».

Une activité considérable sur le chantier

«Une activité intense est observée sur l’ensemble du chantier. Des engins, notamment des camions-bennes, des bulldozers, des bétonnières et des grues, sont activement à l’œuvre pour la reconstruction de la structure», précise le rapport.

Les premières réparations en juin 2026

L’institut a noté que les premiers travaux de réparation ont débuté à Taleghan 2 en juin 2026, l’Iran s’étant engagé à «réparer et recouvrir de dalles de béton les brèches causées par les nombreuses bombes anti-bunker larguées sur la structure» par l’armée de l’air israélienne.

Renforcement de la structure contre les attaques aériennes

Les images montrent aussi que l’Iran a construit un nouveau «renforcement en béton sur le côté droit de l’installation», qui, selon le rapport, «offrira une protection supplémentaire contre les explosions en cas d’attaque aérienne», d’après l’institut.

Des interrogations sur les intentions du régime

«D’importantes questions demeurent quant aux projets du régime iranien pour cette installation ; notamment, sur les raisons pour lesquelles Téhéran continue de la reconstruire», a déclaré l’institut. «Ce qui est clair, c’est que l’Iran reste déterminé à reconstruire cette installation, une évolution profondément préoccupante compte tenu du long passé de recherche et de développement d’armes nucléaires qui s’y sont déroulés».

La reconstruction iranienne peut-elle provoquer de nouvelles frappes ?

«Un risque de nouvelle attaque existe, mais la reconstruction ne signifie pas à elle seule qu’une opération militaire est imminente», nous confie un analyste italien sous anonymat. Les images satellitaires montrent notamment une reprise rapide des travaux sur le site de Taleghan 2, au complexe militaire de Parchin, déjà visé par Israël.

Le signal à surveiller

Le 16 septembre, la presse occidentale a rapporté que l’administration Trump préparait une vente d’armes de 2,8 milliards de dollars à Israël, comprenant 40.000 bombes de 2.000 livres : 20.000 MK-84 et 20.000 BLU-117.

Sur ce thème : L’administration Trump s’apprête à autoriser une vente à Israël de 40.000 bombes pour un montant de 2,8 milliards de dollars

Ce paquet d’armement intervient dans un contexte régional beaucoup plus large, notamment à Gaza et au Liban. Le lien direct avec une future opération contre l’Iran reste, à ce stade, une hypothèse à prendre en considération.

Le programme nucléaire iranien : dénis et accumulations d’uranium enrichi

Bien que l’Iran, dont les dirigeants ont juré de détruire Israël (en quelques minutes), nie poursuivre un programme d’armement nucléaire, le pays a accumulé de l’uranium enrichi à des niveaux inutilisables à des fins pacifiques. Israël a promis de détruire le programme nucléaire iranien.

Lire aussi : Les cibles iraniennes des nouveaux raids américains : des stocks d’uranium à Ormuz

Stockage souterrain de l’uranium après les attaques de 2025

Sont nombreux ce qui pensent que les stocks d’uranium hautement enrichi de l’Iran ont été enfouis sous terre à la suite des attaques israéliennes et américaines contre des sites nucléaires iraniens lors de la guerre de douze jours qui a opposé Israël et l’Iran en juin 2025.

A lire : Les sites stratégiques du nucléaire iranien… de Fordow à Natanz

Depuis ce conflit, l’Iran refuse à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) l’accès aux sites nucléaires concernés, et l’organisme de surveillance nucléaire de l’ONU n’a pas été en mesure de vérifier le statut de l’uranium iranien proche de la qualité militaire.

Activités suspectes sur le Mont Pickaxe

Le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, a déclaré la semaine dernière que l’agence avait observé des travaux de construction sur le Mont Pickaxe, dans le centre de l’Iran, un site que les services de renseignement occidentaux ont identifié comme susceptible de stocker des matières nucléaires.

Mont Pickaxe : quelle réaction de Washington et de Tel-Aviv ?

La poursuite des travaux à Mont Pickaxe pourrait raviver les inquiétudes américaines et israéliennes. Le site ne semble toutefois pas, à ce stade, opérationnel pour l’enrichissement d’uranium, selon le «CSIS» et l’«Institute for Science and International Security».

Donald Trump a déclaré début septembre que les États-Unis pourraient frapper Pickaxe Mountain «très bientôt». Une nouvelle reconstruction ou l’apparition d’indices confirmant la présence de centrifugeuses ou de matières nucléaires pourrait donc accroître la pression sur Téhéran et relancer la question d’une frappe américaine.

A lire : Iran : l’énigme enfuie «Pickaxe Mountain», la forteresse secrète qui inquiète le monde

Israël, pour sa part, pourrait considérer la reconstruction comme un signe de reconstitution du programme nucléaire iranien. Selon le Wall Street Journal, des responsables israéliens estiment que des milliers de centrifugeuses auraient été transférées dans les tunnels du Mont Pickaxe, une évaluation communiquée à Washington mais qui n’est pas publiquement établie de manière indépendante.

Lire aussi : L’Iran organise sa défense en vue d’un affrontement avec les États-Unis : les sites nucléaires sous «bouclier»

Recevez notre newsletter et les alertes de Mena News


À lire sur le même thème