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Au sommet des BRICS, le «tsar» déclare : «des troupes européennes en Ukraine, serait un acte de guerre contre la Russie»

(Rome, 14 septembre 2026). Alors que les Européens débattent de leur rôle dans le conflit ukrainien, Vladimir Poutine a profité du sommet des BRICS pour adresser un avertissement aux capitales occidentales : «l’envoi de troupes en Ukraine serait considéré par Moscou comme une guerre contre la Russie»

Envoyer des troupes européennes en Ukraine serait un acte de guerre contre la Russie. L’avertissement lancé par Vladimir Poutine aux pays européens depuis New Delhi, où il participe au sommet annuel des BRICS, sonne comme un avertissement clair, rapporte Giacomo Cozzaglio dans son décryptage dans le quotidien italien «Il Giornale».

L’Inde en quête d’un rôle de médiateur

Un événement délicat pour l’Inde qui tente de jouer le rôle de médiateur. Une mission complexe pour le Premier ministre indien Narendra Modi, conscient des intérêts divergents, voire des rivalités, au sein de ce groupe souvent qualifié d’«anti-G7». Ces dernières années, la Chine et l’Inde ont amorcé une timide amélioration de leurs relations après les affrontements frontaliers de 2020. Les BRICS comprennent également l’Iran, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite, pays qui s’opposent depuis le début de la guerre du Golfe, Téhéran ayant multiplié les attaques contre ses voisins et endommagé leurs infrastructures énergétiques. Mais le plus grand exercice d’équilibriste de Modi se manifeste dans la guerre en Ukraine : l’Inde entretient des relations solides et de longue date avec la Russie et, de ce fait, s’est toujours opposée aux sanctions contre Moscou.

Le paradoxe d’un front commun entre rivaux régionaux

L’un des paradoxes les plus frappants des BRICS tient à la présence, autour de la même table, de pays qui ont longtemps été opposés, voire engagés dans des affrontements indirects. L’Iran, d’un côté, et l’Arabie saoudite ainsi que les Émirats arabes unis, de l’autre. Ces trois pays sont désormais réunis au sein d’un même cadre diplomatique, alors que leurs intérêts stratégiques au Moyen-Orient ont souvent été profondément divergents. Le paradoxe est donc apparent : «les BRICS ne suppriment pas les rivalités entre leurs membres, mais offrent un espace où ces rivalités peuvent être mises entre parenthèses au profit d’intérêts communs», estime un expert italien proche de ce dossier.

Un partenariat économique fragile avec l’Occident

Parallèlement, New Delhi n’a aucune intention de rompre avec l’Occident, qui voit en elle un partenaire économique alternatif et plus fiable que la Chine. Malgré cela, la veille du sommet a été marquée par une rencontre bilatérale de 45 minutes entre Modi et le président russe Vladimir Poutine. Mais au-delà des relations commerciales entre les deux pays (qui ont atteint près de 60 milliards de dollars l’an dernier), le chef du Kremlin n’a pas ménagé ses critiques envers l’Europe et les États-Unis.

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«Nos concurrents occidentaux tentent par tous les moyens de retrouver leur ancienne suprématie. Cette compétition prend parfois des formes déplaisantes», a tonné le tsar, dénonçant les plus de 30.000 sanctions imposées à la Russie, «soit le double du nombre de sanctions infligées à tous les pays du monde réunis».

Poutine dénonce l’inefficacité des sanctions occidentales

Poutine a rejeté le discours d’une économie russe affaiblie et a réaffirmé la futilité des mesures mises en œuvre par l’Occident : «Les pays qui ont promu ces sanctions, et qui subissent de plein fouet les déficits budgétaires, l’augmentation de la dette publique et le déclin industriel, sont incapables de mettre en œuvre de telles politiques. Ils en subissent de graves conséquences». Enfin, comme mentionné précédemment, la menace pesant sur tout déploiement militaire de soldats européens à Kiev : «Ils disent envisager d’envoyer des troupes sur le territoire ukrainien. Cela équivaut à une guerre contre la Russie».

Le paradoxe du Tsar : des sanctions à la fois «hostiles et inefficaces»

Le deuxième paradoxe se trouve dans le discours de Vladimir Poutine. Le Tsar russe dénonce régulièrement les sanctions imposées par les Européens à la Russie depuis le début de la guerre en Ukraine. Il les présente comme une manifestation de l’hostilité occidentale à l’égard de Moscou et comme une tentative d’affaiblir durablement l’économie russe.

Mais, dans le même temps, le chef du Kremlin soutient que ces mêmes sanctions n’ont pas atteint leur objectif. Selon lui, elles n’ont pas réussi à provoquer l’effondrement de l’économie russe et se retournent surtout contre les économies européennes.

Une contradiction ou une stratégie rhétorique ?

Il y a toutefois une nuance importante. Dire que les sanctions sont «inefficaces» ne signifie pas nécessairement qu’elles n’ont aucun effet sur la Russie. Les sanctions ont notamment compliqué l’accès de Moscou à certaines technologies, aux capitaux occidentaux et à certains marchés.

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Leur efficacité est donc difficile à résumer à la seule question d’un effondrement de l’économie russe.

Le paradoxe du discours de Poutine est surtout rhétorique : les sanctions sont présentées simultanément comme une preuve de l’hostilité occidentale et comme une politique vouée à l’échec.

Pour la paix en Ukraine, Moscou maintient ses conditions

Alors que Moscou, par la voix de son porte-parole Dmitri Peskov, réaffirme que ses conditions pour la paix en Ukraine «n’ont pas changé», la situation de guerre ne présente aucun espoir pour le Kremlin. Les services de renseignement militaire britanniques estiment à 500.000 le nombre de soldats russes morts depuis le début de la guerre, un chiffre qui atteint 1,5 million si l’on inclut les blessés.

L’UE renforce son soutien à l’Ukraine

Parallèlement, la Commission européenne a débloqué 6,1 milliards d’euros supplémentaires à l’Ukraine destinés à l’achat de systèmes de défense aérienne. Enfin, le Financial Times rapporte que les discussions ont repris sur une éventuelle utilisation des avoirs russes gelés, principalement stockés en Belgique.

Ce choix européen est particulièrement significatif au regard des déclarations du chef du Kremlin. Poutine affirme en effet que l’envoi de troupes européennes en Ukraine constituerait une entrée directe en guerre contre la Russie. L’UE ne franchit pas cette ligne : elle renforce plutôt les capacités ukrainiennes à se défendre elle-même. Selon de sources européennes, cette décision intervient alors que les attaques russes contre l’Ukraine se poursuivent à un niveau particulièrement élevé. La Commission européenne indique que 376 frappes aux missiles ont été enregistrées durant le seul mois de juillet, ce qui explique l’urgence accordée au renforcement de la défense antiaérienne ukrainienne.

Le message adressé à Moscou

Au-delà des 6,1 milliards d’euros, le geste européen possède désormais une forte dimension politique. À la menace verbale de Moscou, Bruxelles oppose une montée en puissance des moyens défensifs ukrainiens, et affirme ainsi qu’elle entend soutenir l’Ukraine sans pour autant déployer directement («à ce stade…») des forces européennes sur le champ de bataille. Il s’agit d’une distinction essentielle : aider un pays agressé à protéger son territoire n’est, ni juridiquement ni politiquement, la même chose qu’envoyer ses propres militaires combattre l’agresseur.

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