(Rome, 25 mai 2026). Derrière les déclarations «rassurantes» de Donald Trump sur le nucléaire iranien, Tel-Aviv redoute un accord jugé trop favorable à Téhéran et exige des éclaircissements sur la question du nucléaire et celle des alliés. Entre concessions diplomatiques, tensions au Liban et inquiétudes autour des groupes armés soutenus et équipés par l’Iran, Benyamin Netanyahu voit se dessiner le risque d’un renforcement stratégique de son principal adversaire régional
Les assurances de Trump ne convainquent pas Israël
Comme chacun sait, les compliments ne suffisent pas à dissiper les inquiétudes : la conversation téléphonique de Trump hier, réaffirmant à Netanyahu que le programme nucléaire iranien serait démantelé, n’a pas apaisé les tensions à Jérusalem. Au contraire, le tweet triomphal du Premier ministre israélien, illustré par les portraits colorés des deux dirigeants unis par le même combat, n’a fait qu’alimenter les tensions et soulève de nouvelles interrogations : que se passe-t-il réellement en coulisses ? Trump, suivant les suggestions de Steve Witkoff et Jared Kushner, et soucieux d’intégrer le Qatar, le Pakistan et l’Arabie saoudite au Pacte des Accords d’Abraham, semblerait prêt à assouplir sa position vis-à-vis de l’Iran. Au cœur des discussions, figure un «mémorandum d’entente», un projet d’accord avec l’Iran qui laisserait intact le pouvoir des ayatollahs et des Gardiens de la révolution, malgré des années de pressions diplomatiques et économiques. Peut-être le détroit d’Ormuz rouvrira-t-il, planant sur une négociation de 60 jours dont l’issue reste incertaine, si ce n’est que les Iraniens l’utiliseront à leurs propres fins ?, s’interroge Fiamma Nirenstein dans le quotidien «Il Giornale».
Le détroit d’Ormuz au centre des inquiétudes
Israël observe cette évolution avec une frustration à peine dissimulée. Une immense question plane : pourquoi faire de telles concessions ? La réouverture du détroit d’Ormuz permettrait à l’Iran de récupérer des revenus colossaux. Selon certaines estimations, près de 25 milliards de dollars pourraient rapidement remplir les caisses des ayatollahs grâce à la reprise du commerce pétrolier. Pour Téhéran, ce serait une véritable bouffée d’oxygène économique.
Dans le même temps, l’accord prévoirait une période de négociation de 60 jours durant laquelle l’Iran devrait expliquer comment seraient évacués les 440 kilos d’uranium enrichi à 60 %, seuil considéré comme proche du niveau nécessaire à la fabrication d’une arme nucléaire. Mais, aux yeux des responsables israéliens, ces 60 jours ressemblent davantage à un délai tactique et flexible, qu’à une véritable garantie.
Les missiles et les groupes armés exclus des discussions
L’un des principaux motifs d’inquiétude pour Israël réside dans l’absence totale de débat sur les missiles balistiques iraniens et sur les groupes armés soutenus par Téhéran dans la région. Les «mandataires» iraniens (accusés par Israël d’être à l’origine des violences passées et futures, y compris du 7-Octobre) semblent exclus des négociations.
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Le cas du Liban cristallise particulièrement les tensions. Selon cette lecture israélienne, Netanyahu serait empêché de rompre la trêve actuelle avec le Hezbollah et contraint de limiter l’action militaire israélienne à de simples réponses aux provocations répétées du mouvement chiite. Israël accuse notamment le Hezbollah d’avoir vidé le nord du pays de ses habitants et de multiplier les attaques par drones fournis par l’Iran.
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Netanyahu intensifie actuellement la pression militaire en multipliant les frappes contre le Hezbollah et contre des factions palestiniennes alliées au mouvement chiite. «Une stratégie qui traduit la volonté israélienne de dissocier totalement le dossier libanais des négociations en cours entre Donald Trump et le régime des mollahs iraniens», affirme un général libanais (Ret.).
Le risque d’un renforcement de l’influence iranienne
Même si Benyamin Netanyahu affirme avoir confirmé à Donald Trump la pleine autonomie militaire d’Israël, le Premier ministre sait qu’un veto américain limiterait fortement sa marge de manœuvre.
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À Beyrouth également, les conséquences pourraient être majeures. Un accord entre Washington et Téhéran risquerait de bloquer les efforts du gouvernement libanais visant à obtenir le désarmement du Hezbollah en échange d’une normalisation progressive avec Israël. Certains analystes y voient un paradoxe : si les exigences américaines étaient acceptées par Téhéran, le Liban pourrait redevenir une véritable zone d’influence iranienne assumée.
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Dans la bande de Gaza, le Hamas, qui refuse toujours de déposer les armes, pourrait également sortir renforcer d’un éventuel rapprochement entre Washington et Téhéran, son principal soutien régional.
Les limites d’un accord avec Téhéran
Téhéran est au bord de la pénurie d’eau, mais ses alliés continuent d’en recevoir des millions, même avec l’aide du Qatar qui, avec le Pakistan et la Chine, se réjouit sans aucun doute de la fin de la guerre.
Pour les responsables israéliens, même un retrait des fameux 440 kilos d’uranium enrichi ne résoudrait pas le problème de fond. Des tonnes d’uranium enrichi à 3 % resteraient disponibles et pourraient être rapidement portées à des niveaux beaucoup plus dangereux grâce aux infrastructures nucléaires iraniennes.
D’autres questions demeurent sans réponse : si le régime islamo-fasciste se maintient au pouvoir, comment l’empêcher de massacrer des dizaines de milliers de personnes ? Comment stopper la production de missiles balistiques capables d’atteindre Rome, ou ces maudits drones devenus une arme centrale dans les conflits modernes et qui tuent dans le silence ? La vérité est que toute négociation avec l’Iran reste profondément illusoire : Israël, considéré par Téhéran comme un ennemi prioritaire et sa proie désignée, estime connaître mieux que quiconque la stratégie iranienne.
Trump tourné vers ses échéances politiques
Pour Donald Trump, les priorités immédiates semblent ailleurs : les grandes compétitions sportives à venir, les célébrations du 250e anniversaire des États-Unis le 4 juillet, puis les élections de mi-mandat. Pourtant, malgré les calculs diplomatiques et électoraux, l’imprévisibilité du régime iranien demeure une source constante de tension. Entre démonstrations de force, menaces et provocations, la possibilité d’une nouvelle crise majeure reste omniprésente au Moyen-Orient.
- Des frappes israéliennes et un message à Washington comme à Téhéran
Dernier développement : Tsahal mène actuellement d’importants bombardements contre des positions et centres opérationnels du Hezbollah. Une escalade militaire qui intervient précisément au moment où se dessine un possible accord entre Washington et Téhéran dont Israël estime être tenu à l’écart.
À travers cette démonstration de force, le gouvernement Netanyahu cherche à rappeler qu’il refuse toute dissociation entre le dossier nucléaire iranien, les réseaux armés pro-Téhéran et la sécurité du front nord israélien. Selon un analyste italien bien au fait, «Tel-Aviv, en frappant durement le Hezbollah malgré les discussions diplomatiques en cours, envoie un signal clair : aucun arrangement régional ne pourra être imposé à Israël sans prise en compte de ses lignes rouges sécuritaires».