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Les raisons derrière la frappe israélienne contre la direction du Hamas à Doha

(Rome, 09 septembre 2025). Israël a frappé à Doha visant la direction du Hamas réunie pour discuter d’une proposition de négociation avancée par Donald Trump. Cette attaque, condamnée par l’Iran et les Émirats arabes unis, fait monter la tension dans un contexte déjà très fragile au Moyen-Orient

Pour la deuxième fois en deux mois, la capitale qatarie, Doha, a été attaquée par deux camps opposés dans le conflit qui perdure au Moyen-Orient. Aujourd’hui, un bombardement israélien a frappé un bâtiment dans une tentative d’assassinat de Khalil al-Hayya et d’autres dirigeants du groupe dit «liste-A» du Hamas ; le 23 juin, un bombardement iranien a symboliquement réglé ses comptes avec les États-Unis et Israël après des attaques coordonnées contre la République islamique, écrit Emanuele Rossi dans «Formiche.net».

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Des sources israéliennes expliquent que la frappe aérienne d’aujourd’hui a été planifiée sur la base d’informations recueillies par le Shabak et le Mossad. Seul un petit groupe de responsables du Conseil de sécurité nationale en était informé, et la frappe a néanmoins été coordonnée et partagée avec les États-Unis. Il n’est pas clair si les Américains, dont le centre de commandement régional «CentCom» se trouve sur la base d’al-Oudeid, en périphérie de Doha, ont averti leurs alliés qataris. L’émirat a néanmoins condamné l’action israélienne, qui viole la neutralité pacifique d’un pays qui n’est pas directement impliqué dans le conflit de Gaza, mais qui joue plutôt un rôle central dans les efforts diplomatiques depuis les premiers jours suivant l’attaque monstrueuse du Hamas du 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre actuelle (désormais étendue à toute la région).

Selon des informations locales non confirmées, les cibles – presque toutes indemnes – se réunissaient après leur retour de consultations en Turquie (où plusieurs avaient dû se rendre lorsque Doha a été contrainte, il y a quelques mois, de maintenir une position plus neutre), afin d’évaluer la réponse finale à la proposition de négociation avancée par Donald Trump. Le président américain souhaite mettre fin au conflit et, bien qu’il cherche à protéger Israël, il initie un réseau de contacts diplomatiques directs avec la direction du Hamas. Cette activité exclut partiellement le Qatar et l’Égypte, qui depuis des mois font partie du système de négociation créé pour obtenir la libération des otages, le cessez-le-feu, puis la fin des hostilités, suivie d’un processus plus politique.

L’attaque contre Doha exacerbe encore le niveau des tensions. L’action d’Israël, qui témoigne de facto de sa volonté de se désengager du processus de négociation, a été condamnée par diverses parties. Aux côtés de l’Iran, qui entretient des contacts étroits et pragmatiques avec Doha et est l’ennemi d’Israël, les Émirats arabes unis ont immédiatement dénoncé le raid. Pour Abou Dhabi, pays qui a officiellement normalisé ses relations avec Israël en adhérant aux accords d’Abraham, il s’agit d’une «trahison», car Doha accorde une protection diplomatique à la direction politique du Hamas, permettant ainsi des négociations (pour Israël, il n’y a pas de distinction entre les composantes politique et militaire du groupe).

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L’Arabie saoudite met en garde contre de «graves conséquences» pour les «violations criminelles persistantes» d’Israël. Riyad, qui, selon le plan stratégique américain, devrait normaliser ses relations avec Tel-Aviv, se dit aujourd’hui «prête à déployer toutes ses capacités à la disposition du Qatar». La Turquie se montre également très dure, soulignant qu’Israël «cherche la guerre, et non la paix, en utilisant le terrorisme comme politique d’État», se déclarant aux côtés du Qatar.

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