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Afrique: départ des forces françaises, ce qui est derrière la demande du Burkina Faso

(Rome, Paris, 26.01.2023). Le gouvernement du Burkina Faso a demandé à la France d’évacuer ses forces militaires du pays

Le gouvernement du Burkina Faso a demandé à la France d’évacuer ses forces militaires du pays d’ici un mois. La décision a été annoncée le 21 janvier par les médias locaux et entérinée officiellement le 23 par un porte-parole du gouvernement, mais il semblerait qu’elle ait déjà été prise le 19 du mois. Ouagadougou n’a pas fourni de raisons officielles à cette demande, si ce n’est qu’«il est du devoir de la nation de libérer son territoire du terrorisme» et a souligné que la fin de la présence militaire de Paris n’affecte pas les relations politiques et diplomatiques entre les deux États. La France a envoyé environ 400 opérateurs et véhicules des forces spéciales au Burkina Faso, déployés au camp Bila Zagré à Kamboinsin, à la périphérie sud de la capitale. La planification de leur rapatriement, surtout sans préavis, nécessitera des coûts élevés et du temps. En outre, rien ne garantit que le mois préconisé par le gouvernement local soit suffisant, lit-on dans le quotidien «Difesa & Sicurezza».

L’ultimatum de Ouagadougou est l’épilogue d’une stratégie faite de campagnes de haine contre Paris et ses militaires, afin que le groupe Wagner prenne le relai

L’ultimatum de Ouagadougou à Paris, malgré les résultats concrets que les forces spéciales d’outre-Alpes obtenaient dans la lutte contre les djihadistes de l’ISGS et du JNIM (al-Qaïda), est l’ultime épisode d’une stratégie planifiée de l’extérieur pour contraindre la France à quitter le pays africain.

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Depuis plus d’un an, en effet, des campagnes de haine se sont propagées, également caractérisées par des manifestations, pour alimenter le sentiment anti-français de la population locale.

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La dernière avait eu lieu il y a quelques jours et a vu des dizaines de civils se rassembler à Ouagadougou devant le siège diplomatique de Paris pour demander le départ de l’ambassadeur et des militaires. Les précédentes, en revanche, avaient cependant été organisées, d’une façon quasi mensuelle tout au long de 2022.

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L’objectif est de rapprocher davantage la nation africaine de la Russie et de remplacer ainsi les troupes françaises par des contractants du groupe Wagner, reproduisant exactement l’anecdote du Mali.

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Cependant, les entrepreneurs russes reproduiront ce qu’ils font déjà au Mali, en fournissant une aide indue aux djihadistes de l’ISGS et du JNIM, tout en profitant de leur expansion au Sahel.

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La concrétisation de cette éventualité ne ferait qu’alimenter davantage la situation sécuritaire déjà critique au Sahel.

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Les mercenaires de Wagner au Mali devraient théoriquement traquer les djihadistes de l’ISGS-JNIM à la place des Français. Mais en réalité, cependant, ils ont leur propre agenda, qui ne coïncide que marginalement avec ce qui est officiellement prévu. En fait, ils se préoccupent principalement de protéger les intérêts russes (protection des mines et des gisements) et de garantir la sécurité des dirigeants de la junte militaire, en s’assurant de leur soutien.

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De plus, il n’y a pas d’éléments suggérant des approches différentes au Burkina Faso. Ceci, malgré le fait qu’il y a quelques jours à peine, plus de 60 femmes ont été enlevées à plusieurs reprises par des djihadistes dans ce pays africain et que la zone frontalière Mali-Niger-Burkina Faso continue d’être l’épicentre du trafic criminel et des miliciens.

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Par conséquent, il est peu probable qu’ils apportent des contributions substantielles à la lutte contre le terrorisme, qui aura les mains plus libres pour étendre son influence dans la région.

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