(Rome, 20 octobre 2026). Alors que des violences secouent plusieurs villes européennes, l’Iran, invoquant les émeutes, met en garde ses ressortissants contre les risques d’un séjour en Italie, en France et en Belgique. Un avertissement qui inverse les rôles et place l’Europe sous le regard inquiet de l’Iran. Téhéran signe : «il faut éviter les zones de tension et les lieux d’affrontements»
Un avertissement officiel
«N’allez pas en Italie, c’est dangereux». Signé : l’Iran. La République islamique conseille à ses ressortissants d’éviter les voyages «non essentiels» en Italie, en France et en Belgique, suite aux affrontements, troubles et pillages qui ont marqué ces derniers jours. En Italie, Milan a notamment connu un week-end très tendu, marqué par des violences samedi et dimanche. Un avertissement a donc été émis depuis Téhéran par le ministère des Affaires étrangères, relayé par les comptes sur les réseaux sociaux de plusieurs ambassades, rapporte l’agence italienne «Adnkronos».
Le texte intégral de la mise en garde
«Le département des relations publiques du ministère des Affaires étrangères de la République islamique d’Iran, compte tenu de l’escalade des émeutes et des problèmes d’ordre public en France, en Belgique et en Italie, recommande aux citoyens iraniens de s’abstenir d’effectuer des voyages non essentiels vers ces pays ou de se trouver dans des zones touchées par des émeutes», indique le message. «Les citoyens iraniens actuellement présents en France, en Belgique et en Italie sont invités à éviter les zones de tension et les lieux d’affrontements, et à s’abstenir de tout déplacement non nécessaire, en particulier dans les zones concernées par des émeutes», poursuit l’avis.
Recommandations pratiques aux voyageurs
«Compte tenu de la possibilité d’une escalade des émeutes, de restrictions de voyage et d’interruptions des services de transports publics, les citoyens iraniens sont invités à vérifier la situation sécuritaire la plus récente ainsi que les conditions de transport avant tout déplacement, et à se munir des coordonnées des missions diplomatiques de la République islamique d’Iran en France, en Belgique et en Italie», conclut l’alerte du ministère.
Le paradoxe iranien : protéger ses citoyens à l’étranger, mais qu’en est-il chez soi ?
En mettant en garde ses ressortissants contre les risques d’émeutes en France et en Italie, le régime revendique son devoir de protection au-delà de ses frontières. Mais cette sollicitude soulève une question autrement plus dérangeante : qu’en est-il de la sécurité, des libertés et des droits des citoyens iraniens sur leur propre sol ? Le paradoxe est là : un pouvoir prompt à dénoncer l’insécurité ailleurs, mais confronté à ses propres responsabilités envers sa population. Dès lors, cet avertissement relève-t-il uniquement de la prévention consulaire ou sert-il aussi à détourner le regard des tensions intérieures iraniennes ? S’interroge un opposant iranien basé à Paris.
La signature de l’Iran : s’agit-il d’une simple alerte sécuritaire ou d’un message politique ?
En déconseillant à ses ressortissants de se rendre en France et en Italie, le régime iranien ne se contente pas d’invoquer les risques liés aux émeutes : il met en scène les fragilités européennes. Derrière la signature officielle du ministère iranien des Affaires étrangères, une autre signature se cache, celle d’une stratégie de communication qui transforme les troubles intérieurs européens en argument diplomatique.
Pourquoi la France et l’Italie sont-elles particulièrement mises en avant ?
«S’agit-il d’un simple principe de précaution ou d’une manière de renvoyer ces deux pays à leurs propres contradictions, alors que leurs autorités critiquent régulièrement la situation des droits et des libertés en Iran» ? «Si l’avertissement répond à des préoccupations sécuritaires réelles», ajoute notre source iranienne, «son retentissement dépasse la seule protection des voyageurs : il devient aussi un instrument de mise en cause politique».