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Arabie Saoudite : une attaque des Houthis fait 13 blessés parmi les civils, Riyad promet une «riposte ferme»

(Rome, 15 septembre 2026). En Arabie Saoudite, une attaque attribuée aux rebelles houthis a fait 13 blessés parmi les civils, ravivant les tensions dans la région. Riyad, qui dénonce une nouvelle menace contre son territoire, promet une réponse «ferme» et laisse planer le risque d’une nouvelle escalade. La coalition dirigée par l’Arabie saoudite au Yémen a déclaré que ces attaques visaient principalement les villes saoudiennes de Khamis Mouchaït, Abha et Taëf

La réaction de Riyad face aux attaques des Houthis

L’Arabie saoudite a averti qu’elle répondrait «fermement» aux rebelles yéménites Houthis, suite à une série d’attaques menées par les miliciens pro-Téhéran (à l’aide de missiles balistiques et de drones) qui ont blessé 13 civils dans le sud du pays, selon l’agence italienne «AGI».

Les Houthis sont engagés dans de nouveaux combats contre les forces gouvernementales soutenues par l’Arabie saoudite depuis la reprise de la guerre civile yéménite en juillet.

Riyad, entre riposte et volonté d’éviter une nouvelle guerre

La promesse de l’Arabie Saoudite de «répondre avec fermeté» à l’attaque pose la question de la nature de cette riposte. L’Arabie saoudite pourrait chercher à restaurer sa capacité de dissuasion sans pour autant s’engager dans une confrontation prolongée avec les Houthis. Après les années de guerre au Yémen, Riyad sait qu’une intervention militaire massive comporte un coût politique, économique et sécuritaire important. Selon plusieurs analystes, Riyad se trouve donc face à un dilemme : restaurer sa dissuasion tout en évitant que la riposte ne débouche sur un nouveau cycle d’escalade.

Les rebelles Houthis : un levier de pression qui dépasse le cadre yéménite

Pour les Houthis, la mer Rouge constitue un important moyen de pression sur leurs adversaires et sur les puissances qui soutiennent Israël. En visant les routes maritimes ou en menaçant les intérêts régionaux de leurs adversaires, le mouvement peut tenter de peser sur un rapport de force qui dépasse largement les frontières du Yémen.

Cette stratégie comporte cependant un risque majeur. Plus les attaques affecteront directement des pays comme l’Arabie saoudite ou perturberont durablement le commerce international, plus elles pourraient provoquer une réaction militaire internationale. Les Houthis pourraient alors se retrouver confrontés à une coalition disposant de moyens militaires bien supérieurs.

Après la perte d’Ormuz, Téhéran mise-t-il sur Bab el-Mandeb ?

Privé de plusieurs de ses anciens relais stratégiques, Téhéran semble chercher à déplacer le centre de gravité de sa confrontation avec Washington et ses alliés. La perte de la Syrie et de l’ancien Raïs, Assad, et l’affaiblissement considérable du Hezbollah ont profondément réduit la profondeur stratégique dont disposait l’Iran en Méditerranée. Dans cette nouvelle configuration, les Houthis apparaissent comme un relais d’autant plus précieux qu’ils offrent à Téhéran un accès indirect à un autre point de passage maritime majeur : le détroit de Bab el-Mandeb et, par la suite, l’accès au Canal de Suez.

La logique est stratégique : Ormuz à l’est, Bab el-Mandeb à l’ouest. En pesant sur les deux principales portes maritimes du Golfe et de la mer Rouge, l’Iran peut potentiellement exercer une pression considérable sur les flux énergétiques et commerciaux mondiaux. Les gains territoriaux récents des Houthis sur la façade de la mer Rouge, notamment autour d’Al-Makha et des îles proches de Bab el-Mandeb, renforcent cette capacité de nuisance.

Un spécialiste militaire affirme qu’«après avoir perdu son corridor syrien et vu son principal bras régional le Hezbollah fortement affaibli, Téhéran n’a peut-être pas renoncé à son ‘axe de la Résistance’ : il est en train d’en déplacer le centre de gravité vers le Yémen et la mer Rouge».

Le blocus naval en mer Rouge

Le conflit a resurgi après que le groupe a imposé un blocus naval contre Riyad et a commencé à prendre pour cible ses navires en mer Rouge.

La semaine dernière, le groupe a pris le contrôle de la côte yéménite de la mer Rouge et du détroit de Bab el-Mandeb, une zone devenue cruciale, le conflit plus large entre les États-Unis et l’Iran paralysant le détroit d’Ormuz, infligeant ainsi un coup dur aux forces gouvernementales yéménites.

A lire : Yémen : les Houthis maîtres de la côte, les voies énergétiques dans leur viseur

Le groupe a également ciblé les infrastructures pétrolières de l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole brut, faisant grimper les prix du pétrole à près de 110 dollars le baril.

Par Paolo S. (Roma)

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