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Trump et Netanyahou resserrent leur alliance autour d’«objectifs communs en Iran»

(Rome, 28 juillet 2026). À l’issue d’un entretien qualifié de «positif et productif» à la Maison Blanche, Donald Trump et Benyamin Netanyahu affichent leur unité face à l’Iran et réaffirment leur objectif commun d’empêcher Téhéran d’accéder à l’arme nucléaire. Alors que les discussions diplomatiques se poursuivent autour du détroit d’Ormuz, la République islamique multiplie les mises en garde et les provocations, jusque dans sa propagande visant la famille Trump

Une réunion placée sous le signe de la Coopération

«Une rencontre positive et productive». Tel est le seul commentaire qui a filtré de la Maison Blanche au sujet des entretiens très attendus dans le Bureau ovale entre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu et le président américain Donald Trump. Il s’agissait d’une discussion «élargie» de 90 minutes, à laquelle participaient le secrétaire d’État américain Marco Rubio, le chef du Pentagone Pete Hegseth, le vice-président J.D. Vance et Steve Witkoff, l’envoyé spécial de Trump pour le Moyen-Orient, rapporte le quotidien «Il Tempo».

Il s’agissait de la huitième rencontre entre Netanyahu et Trump depuis le début du second mandat du Président des Etats-Unis, mais de la première depuis le lancement par les États-Unis et Israël de la nouvelle offensive contre l’Iran en février. Le Premier ministre israélien insistait depuis des mois pour obtenir une visite à Washington, mais les relations entre les deux dirigeants s’étaient détériorées à la suite des résultats décevants de l’offensive contre Téhéran et aux désaccords concernant l’intervention militaire israélienne au Liban.
En effet, ces dossiers, ajoute le journal italien, auraient été abordés, ainsi que les efforts visant à élargir les accords d’Abraham.

Vers un changement de doctrine face à la République islamique. L’hypothèse d’un tournant stratégique américano-israélien

Plusieurs experts s’interrogent également sur l’existence d’une évolution plus discrète de la stratégie américano-israélienne. Sans évoquer nécessairement un accord formalisé, ils estiment que les deux alliés pourraient privilégier, à moyen terme, une approche davantage tournée vers l’affaiblissement politique et économique de la République islamique, voire vers une transformation interne du régime, plutôt qu’une confrontation militaire directe dont les conséquences demeurent difficiles à maîtriser.

Dans une vidéo publiée sur son compte Instagram, Netanyahu a qualifié la réunion d’«excellente», ajoutant : «l’une des meilleures conversations que j’aie jamais eues avec mon ami Donald Trump». Le Premier ministre israélien a décrit une discussion caractérisée par une «coopération totale, un soutien mutuel et un engagement commun à garantir que l’Iran ne dispose pas de l’arme nucléaire».

L’Iran poursuit ses consultations avec les pays médiateurs

Parallèlement, les discussions se sont poursuivies entre l’Iran et les pays médiateurs. Le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a évoqué la situation dans le détroit d’Ormuz lors d’entretiens téléphoniques distincts avec ses homologues omanais, auquel il aurait proposé un système de surveillance conjoint du détroit, et saoudien, afin d’examiner «les derniers développements bilatéraux et régionaux». Parallèlement, Tsahal a annoncé qu’il empêcherait tout transit par le détroit d’Ormuz à toute entreprise ou tout pays acceptant de l’argent provenant de biens iraniens gelés.

Menaces sur le détroit d’Ormuz et propagande visant la famille Trump

Cet avertissement, émis par le quartier général central de «Khatam al-Anbiya», faisait suite à la proposition de Donald Trump d’indemniser les navires endommagés au moyen de fonds iraniens saisis. «Nous mettons en garde le président américain, coupable de crimes, des conséquences de cet acte illégal», a déclaré le porte-parole du commandement militaire. «Les forces armées de la République islamique d’Iran n’autoriseront plus aucun de leurs navires à traverser le détroit d’Ormuz». Cependant, l’Iran ne se limite pas aux menaces militaires : une vidéo de propagande vise également Melania Trump et son fils Barron. Le film, diffusé sur les réseaux sociaux sous le titre «Comment tuer Melania Trump», incitent les partisans du régime des ayatollahs à assassiner le couple Trump et montre plusieurs lieux où pourrait se trouver la Première dame des Etats-Unis : «dans un cortège présidentiel, dans les rues de New York ou dans les boutiques qu’elle fréquente», suggérant ainsi l’utilisation d’un agent neurotoxique pour empoisonner les vêtements qu’elle pourrait acheter.

Les menaces contre les Trump, un pari aux effets imprévisibles, au risque de se retourner contre Téhéran

La diffusion par la propagande iranienne de menaces explicites contre Melania Trump et son fils Barron suscite de nombreuses interrogations dans les milieux sécuritaires. Certains observateurs soulignent que ce type de communication pourrait, paradoxalement, exposer le régime iranien à de lourds risques politiques : dans l’hypothèse où une attaque viserait ultérieurement une personnalité de premier plan aux États-Unis, ces menaces pourraient immédiatement orienter les soupçons vers Téhéran, indépendamment de l’identité réelle des auteurs. Cette lecture demeure toutefois du domaine de l’analyse prospective et ne repose, à ce stade, sur aucun élément public permettant d’étayer l’hypothèse d’une opération sous faux drapeau ou de l’implication d’une quelconque «cinquième colonne».

Entre fragilité régionale et scénarios d’évolution

Au-delà des déclarations officielles, plusieurs experts estiment que la crise actuelle met en lumière les limites de l’architecture de sécurité bâtie par Washington au Moyen-Orient. Les difficultés des États-Unis à garantir une protection totale de leurs partenaires du Golfe, face aux capacités de nuisance de Téhéran, alimentent les interrogations de plusieurs capitales arabes.

A lire : Bahreïn : la vulnérabilité du système de sécurité des États-Unis dans le Golfe Persique

Dans ce contexte, l’élargissement des Accords d’Abraham à de nouveaux États pourrait se révéler plus complexe que prévu, certains candidats potentiels s’interrogeant désormais sur les garanties de sécurité offertes par une telle normalisation.

Par Dario S.

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