(Rome, 19 juin 2026). La ratification officielle du mémorandum entre Washington et Téhéran se fera sans mise en scène diplomatique : la signature numérique a remplacé la cérémonie prévue en Suisse. Si l’accord ouvre une période de négociation de soixante jours, il continue de susciter de fortes réserves aux États-Unis, en Israël et en Europe, où l’on redoute qu’il ne règle ni les tensions régionales ni la question nucléaire iranienne
Ratification sans cérémonie
La cérémonie de ratification du mémorandum entre les États-Unis et l’Iran, prévue aujourd’hui en Suisse, n’aura finalement pas lieu. Les initiales ont déjà été apposées numériquement, et cela est considéré comme suffisant. Désormais, comme le stipule l’un des 14 points de l’accord, les deux parties disposeront de 60 jours «renouvelables d’un commun accord» pour finaliser l’entente. Pour Donald Trump, cet accord ne constitue pas un désavantage pour les États-Unis, malgré une opinion publique, y compris les soutiens les plus favorables au magnat, qui semble penché dans le sens inverse. «Soit ils sont jaloux, soit ce sont des personnes malveillantes ou stupides», a tranché le président américain à ses détracteurs, comme le rapporte le journal «Il Tempo».
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Washington desserre l’étau maritime, sous surveillance militaire
Simultanément à la signature, le CENTCOM a annoncé avoir «levé le blocus de tout le trafic maritime à destination et en provenance des ports et zones côtières iraniens, conformément aux directives du président».
Parallèlement, le Commandement central américain des forces armées a déclaré que les navires de guerre américains «resteraient dans la zone afin de garantir le respect, l’application et la pleine mise en œuvre de tous les aspects de l’accord».
Vance met Téhéran en garde et critique Israël
J.D. Vance a également adressé un avertissement à Téhéran. Le vice-président américain a affirmé que les États-Unis «ne relâcheront pas leur emprise» sur l’Iran tant que Téhéran n’aura pas modifié son comportement «de manière fondamentale». Il s’en est ensuite pris au gouvernement israélien, l’exhortant à «ouvrir les yeux et à prendre conscience de la réalité à laquelle le pays est confronté».
Mais Benyamin Netanyahu, opposé à l’accord, a répété à maintes reprises qu’il ne céderait pas sur le front libanais, où la menace du Hezbollah persiste. «Aussi longtemps que les impératifs de sécurité l’exigeront», a tonné le Premier ministre.
Téhéran valide l’accord malgré des réticences
Par ailleurs, le Guide suprême iranien, dans un message adressé aux principaux journaux nationaux, a expliqué avoir donné son «consentement» à la signature du mémorandum, malgré une opinion initialement «différente». La responsabilité, a-t-il précisé, incombe au président de la République, Massoud Pezeshkian, un homme respecté.
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Une accalmie fragile
Ce climat d’apaisement rassure les chancelleries européennes, mais seulement pour l’heure. Rien dans cet accord n’empêche le régime islamique de recourir de nouveau à la fermeture du détroit d’Ormuz, pour exercer une pression au monde entier, ni de mettre un terme définitif à son programme nucléaire. Le conflit, en réalité, semble davantage repoussé que résolu.
Une marge étroite et des calculs à haut risque
Entre le rappel à l’ordre du CENTCOM et la volonté affichée par Donald Trump de préserver le cadre de l’accord sans renoncer aux leviers de pression américains, la marge de manœuvre de Téhéran paraît limitée. Le message envoyé est double : l’ouverture diplomatique d’une part, et le maintien d’une capacité de contrainte de l’autre. Autrement dit, l’Iran obtient un espace de respiration politique, mais sans garantie de pouvoir retrouver sa liberté d’action régionale.
Reste l’inconnue israélienne. Opposé au compromis, Benyamin Netanyahu peut-il prendre le risque de continuer à traiter seul le dossier du Hezbollah, au moment où Washington cherche à stabiliser le front iranien ? Une poursuite de l’escalade placerait Israël face à un dilemme : agir sans couverture politique totale de l’allié américain ou accepter un tempo diplomatique qu’il juge insuffisant.
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De son côté, Téhéran se retrouve confronté au même test de crédibilité. Mettre ses menaces à exécution reviendrait à fragiliser l’accord au moment même où il lui offre un répit stratégique ; ne pas les appliquer pourrait être interprété comme un recul. Derrière l’apaisement affiché, les lignes rouges n’ont pas disparu : elles ont seulement été déplacées.
Par Paolo S.