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Liban : l’ombre des mollahs plane sur le conflit. La trêve sous le feu du Hezbollah

(Rome, 05 juin 2026). Malgré l’annonce d’un nouvel accord de cessez-le-feu entre Israël et le Liban, les affrontements se poursuivent sur le terrain. Le Hezbollah rejette l’entente négociée à Washington, tandis que les échanges de tirs, les bombardements et les menaces réciproques entretiennent une forte tension. Dans ce contexte, les espoirs de paix demeurent fragiles

Malgré l’accord de cessez-le-feu entre Beyrouth et Tel-Aviv, des terroristes chiites tirent des roquettes sur le nord d’Israël. L’armée israélienne a encore frappé dans le sud

Le Hezbollah «tire» sur le cessez-le-feu

Accord rejeté. Le Hezbollah, milice chiite et mandataire de Téhéran, considéré comme «joyau de la couronne» de l’axe pro-iranien, rejette l’accord de cessez-le-feu conclu entre les gouvernements de Beyrouth et de Tel-Aviv. Au Liban, aucune accalmie n’est en vue.
Malgré des annonces optimistes, écrit Gaia Cesare  dans le quotidien «Il Giornale», les espoirs de paix sont totalement démentis par les faits. Les roquettes et les drones du Hezbollah continuent en effet de frapper le nord d’Israël, et les sirènes d’alerte retentissent à nouveau quelques minutes seulement après la visite du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu dans cette région ravagée par les attaques de la milice chiite.

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Parallèlement, les bombardements israéliens continuent de s’abattre sur le sud du Pays des cèdres. Le Liban demeure ainsi un front ouvert et particulièrement délicat dans le conflit opposant Israël au Hezbollah, mais aussi, il constitue le véritable point de discorde dans les négociations de paix entre les États-Unis et l’Iran. Et ce, malgré l’accord conclu à Washington entre les gouvernements libanais et israélien.

Un nouveau cessez-le-feu sous conditions

A l’issue d’une nouvelle série de négociations à Washington, qui a duré neuf heures, dans la nuit de mercredi à jeudi, les gouvernements de Beyrouth et de Tel-Aviv ont annoncé être parvenus à un accord pour renouveler le cessez-le-feu du 16 avril, bien que les combats entre les deux camps se soient poursuivis sans relâche ces deux derniers mois.
Cet accord est conditionné à un arrêt complet des attaques du Hezbollah et au retrait de tous ses membres du sud du Liban, au nord du fleuve Litani. L’accord prévoit également la création de «zones pilotes» où les Forces armées libanaises «prendront le contrôle exclusif du territoire, à l’exclusion de tout acteur non étatique», autrement dit le Hezbollah, le «Parti de Dieu», contre lequel Israël a lancé une campagne militaire qui a déjà fait plus de 3.500 morts depuis le 2 mars.

Les combats se poursuivent malgré l’annonce

Quelques heures seulement après cette annonce porteuse d’espoir, l’armée libanaise a commencé à prendre position dans les zones dont Tsahal est censé se retirer. Cependant, les drones israéliens ont continué de frapper le sud du pays, alors que les missiles et les drones du Hezbollah poursuivaient leurs attaques contre le nord d’Israël.
Les «miliciens de Dieu» ont reçu des consignes claires de leur chef, Naïm Qassem, qui a qualifié les négociations de «honteuses», les assimilant à «une capitulation et une défaite», et a exigé le retrait complet des forces israéliennes de l’ensemble du territoire libanais.

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Ce rejet du cessez-le-feu attendu, est orchestré par le cerveau du chaos et du terrorisme au Moyen-Orient : l’Iran. Ce n’est pas un hasard si le régime de l’ayatollah, par l’intermédiaire des Gardiens de la révolution, a réaffirmé que «la revendication fondamentale de la résistance est le retrait du régime occupant et son retour aux positions qu’il occupait avant le début de la guerre de 40 jours». Selon ces derniers, «il n’y aura pas de paix dans la région sans le retrait d’Israël du Liban».

Menaces croisées entre Israël et le Hezbollah

À l’inverse, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a expliqué qu’«Israël poursuivra ses opérations terrestres dans le sud du Liban pour le moment et n’autorisera pas le retour des déplacés des zones concernées par les opérations militaires». Parallèlement aux combats, les menaces se multiplient entre les deux camps.

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Le Hezbollah avertit qu’il frappera Tel-Aviv et Haïfa si Israël attaque à nouveau Beyrouth. Israël, quant à lui, menace de bombarder la capitale libanaise si les terroristes attaquent. La trêve ne semble exister que sur le papier.

Un dernier espoir avant les négociations de juin

«La mise en œuvre pourrait débuter dans les 24 heures suivant l’approbation finale», a pour sa part déclaré avec confiance le président libanais Joseph Aoun, convaincu que le cessez-le-feu représente «la dernière opportunité» avant la conclusion d’un accord global qui devrait être discuté lors de nouvelles négociations le 22 juin.

Le Liban toujours plongé dans le chaos

Six mois après la fin de la mission de l’ONU au Liban, le pays reste en proie au chaos et sous les bombardements. Un soldat serbe de la FINUL a été tué, selon les Israéliens, par un tir de mortier du Hezbollah, et deux soldats espagnols ont été blessés.

Une paix impossible sans clarification du rapport de force

Le rejet du cessez-le-feu par le Hezbollah confirme une réalité que beaucoup se refusent encore à reconnaître : les décisions stratégiques du mouvement chiite ne se prennent pas à Beyrouth mais à Téhéran. En refusant l’accord négocié par les autorités libanaises, Naim Qassem s’aligne sur la ligne dictée par l’Ayatollah iranien, pour lequel le Parti de Dieu demeure avant tout un instrument de projection régionale et un levier de pression dans leur confrontation avec Israël et les États-Unis.

Dans ce contexte, l’annonce d’une prochaine visite du président syrien Ahmad al-Charaa à Washington, selon certaines sources libanaises, alimente les spéculations. De sources concordantes y voient le prélude à une nouvelle phase de la recomposition régionale, qui pourrait inclure une opération visant les bastions historiques du Hezbollah dans le nord et le nord-est du pays, notamment dans la Bekaa, après les offensives israéliennes menées dans le sud du pays. L’objectif serait alors de porter un coup fatal à une organisation déjà fortement affaiblie sur les plans militaire, politique et logistique.

Un rapport de force militaire en faveur d’Israël

«L’exigence formulée par Naim Qassem d’un retrait israélien préalable soulève une contradiction fondamentale», affirme un expert militaire bien au fait. «Dans toute négociation issue d’un conflit, le rapport de force militaire demeure déterminant.

A lire : Liban : Netanyahu estime «insuffisants les efforts du gouvernement visant à désarmer le Hezbollah»

Or, après des mois d’affrontements et des pertes considérables subies par le mouvement chiite, les conditions imposées par un acteur affaibli peuvent difficilement prévaloir sur celles de son adversaire en position de force», ajoute la source. C’est précisément cette réalité qui explique aujourd’hui l’impasse diplomatique et l’extrême fragilité de toute perspective de paix durable.

Le malaise de Nabih Berri

Le mécontentement affiché par Nabih Berri à l’égard de l’accord de cessez-le-feu illustre les profondes divisions qui traversent le camp chiite libanais. Bien qu’il ait longtemps joué le rôle d’intermédiaire entre, d’une part, le Hezbollah, les institutions libanaises et, de l’autre, les acteurs internationaux, le président du Parlement considère que le texte ne répond pas aux exigences minimales de son camp, notamment en ce qui concerne le retrait israélien et les garanties de souveraineté pour le Liban. Cette réserve confirme que l’accord conclu à Washington ne bénéficie pas d’un véritable consensus au sein des forces politiques influentes du pays, ce qui compromet fortement ses chances d’application sur le terrain.

Enfin, l’absence d’enthousiasme de Berri constitue un autre signal d’alerte. Figure centrale de la communauté chiite et allié historique du Hezbollah, il sait que tout accord accepté par Beyrouth mais rejeté par le tandem Hezbollah-Amal est voué à l’échec.

(Par Dario S. Roma)

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