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Les coulisses du blocus américain dans le détroit d’Ormuz, surveillance satellitaire et interception des navires

(Rome, 13 avril 2026). Les États-Unis auraient lancé une opération de contrôle renforcé du trafic maritime lié à l’Iran dans la zone stratégique du détroit d’Ormuz. S’appuyant sur des capacités de renseignement satellitaire et des interceptions en mer, cette stratégie soulève de fortes tensions internationales et fait craindre une escalade militaire dans la zone. Les États-Unis identifieront ainsi les navires quittant les ports iraniens et les intercepteront dès leur entrée dans le golfe d’Oman.

Le moment crucial est arrivé. Le blocus américain de l’ensemble du trafic maritime entrant et sortant des ports iraniens et transitant par le détroit d’Ormuz a commencé. Le Commandement central américain (CENTCOM) a décrit un «blocus impartial contre les navires de toutes les nations entrant ou sortant des ports et zones côtières iraniens, y compris tous les ports iraniens du golfe Persique et du golfe d’Oman». Qu’est-ce que cela signifie ? Simplement que les navires qui, à partir de maintenant, entreront ou sortiront de la zone soumise au blocus sans autorisation seront sujets à «interception, déroutement et capture». Voici tout ce qu’il faut savoir sur la décision prise par Donald Trump, écrit Federico Giuliani dans «Il Giornale».

Début du blocus américain du détroit d’Ormuz

Le CENTCOM a précisé que les forces américaines n’entraveront pas la liberté de navigation des navires transitant par le détroit à destination et en provenance de ports non iraniens. La situation est différente pour les autres navires. En effet, tout navire, qui, désormais, tentera de franchir le détroit d’Ormuz pourra être soumis à une inspection américaine (si celle-ci est demandée). De plus, les forces américaines décideraient d’autoriser ou non le passage.

La présence de navires de guerre américains devant les ports iraniens n’est pas prévue, car cela exposerait ses unités à des attaques de drones, de missiles ou de vedettes explosives. A l’inverse, la stratégie de Washington repose plutôt sur le recours au renseignement satellitaire pour identifier les navires quittant les ports iraniens et les intercepter une fois entrés dans le golfe d’Oman. Même si les transpondeurs (AIS) sont désactivés, les navires restent détectables grâce à d’autres systèmes. Cependant, comme l’explique le CENTCOM, l’arraisonnement et l’inspection d’un navire en haute mer sont considérés comme un acte hostile et, dans de nombreux cas, comme un acte de guerre, notamment lorsqu’il s’agit de navires appartenant à des pays tiers.

Risques et zones grises

Si le blocus américain devait être strictement appliqué, des risques et des situations extrêmement délicates pourraient apparaître. Que se passerait-il, par exemple, si les forces américaines bloquaient, inspectaient ou arraisonnaient des pétroliers non iraniens, indiens ou chinois transportant du pétrole brut depuis les ports iraniens ? Et que se passerait-il si la Chine décidait d’escorter militairement ses navires ?

Il faut également comprendre ce qu’il adviendra du système de péages pour un «passage sûr» que, selon plusieurs sources, l’Iran imposerait dans le détroit, avec des montants avoisinant deux millions de dollars. Trump a déclaré que «nul ne bénéficiera d’un passage sûr s’il paie un péage illégal», mais identifier ceux qui ont payé, surtout si les transactions se font via des crypto-monnaies non traçables, semble extrêmement difficile.

Le blocus, écrit le Wall Street Journal, transforme le conflit, qui dure depuis six semaines, en une campagne sans fin pour le contrôle du détroit d’Ormuz, avec un risque d’une nouvelle escalade avec l’Iran.

Que disent les analystes ?

Si la Chine décidait d’escorter militairement ses navires, on entrerait dans une situation très sensible, proche d’une confrontation entre grandes puissances. Plusieurs scénarios sont possibles : Un face-à-face sans affrontement, un blocage diplomatique et juridique et des incidents en mer.

Les marines américaine et chinoise pourraient se retrouver en présence dissuasive dans la même zone (golfe d’Oman/détroit d’Ormuz), chacune protégeant ses intérêts. Pour un expert militaire italien, cela créerait une tension permanente, avec risques d’incidents (manœuvres rapprochées, erreurs de communication), mais sans tirs directs.

Les États-Unis pourraient considérer les escortes comme une entrave à leur blocus, tandis que la Chine invoquerait la liberté de navigation. En outre, cela pourrait provoquer une crise diplomatique majeure, des pressions à l’ONU, ainsi qu’une polarisation internationale. Dans tous les cas, un incident mineur pourrait dégénérer rapidement.

Pire encore, un accrochage (même involontaire) pourrait entraîner des ripostes localisées, des déploiements militaires supplémentaires et une extension du conflit à d’autres zones maritimes. Une autre source militaire italienne estime qu’une telle situation aurait aussi des conséquences globales telles qu’une perturbation majeure du commerce pétrolier, suivie d’une hausse des prix de l’énergie, et surtout, un alignement de pays tiers.

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