(Rome, 13 juin 2026). Après avoir ordonné l’évacuation de la ville de Nabatiyé et de 19 autres localités du sud du Liban, Tsahal a mené plusieurs frappes aériennes dans les districts de Nabatiyé et de Jezzine. Alors que les opérations se poursuivent, l’ONU alerte sur les conséquences humanitaires du conflit, notamment sur le fonctionnement des structures de santé et l’accès aux services essentiels
Ordre d’évacuation pour la ville de Nabatiyé et 19 autres localités
L’armée israélienne a mené une série de raids dans le sud du Liban après avoir émis un ordre d’évacuation d’urgence pour la ville de Nabatiyé et 19 autres localités du même district ainsi que de Jezzine. Selon la chaine Al-Jazeera, l’aviation israélienne a frappé la ville de Sejod, dans le district de Jezzine, et a mené au moins deux raids contre le village de Mahmoudiyé, situé dans cette zone du sud du Liban, comme le rapporte l’agence «AGI».
Les inquiétudes de l’ONU face à la situation au Liban
L’ONU a exprimé sa préoccupation face à la situation au Liban et aux attaques visant les infrastructures hospitalières. «Sur le plan humanitaire, nous restons profondément préoccupés par l’impact persistant des hostilités sur le système de santé et sur l’accès de la population aux services essentiels», a déclaré le porte-parole Stéphane Dujarric. Et d’ajouter : «jeudi, une attaque survenue près de l’hôpital Hiram, dans le district de Tyr (Département du Sud), a fait dix blessés parmi le personnel et endommagé des bâtiments hospitaliers, ainsi que plusieurs véhicules. Selon les autorités locales, il s’agit du cinquième incident recensé ayant affecté cet hôpital depuis le début de l’escalade de la violence le 2 mars».
La question du Hezbollah et l’impasse libanaise
Au-delà des frappes et des déplacements de population, cette nouvelle escalade ravive un débat ancien au Liban : celui du rôle militaire du Hezbollah et de son autonomie vis-à-vis de l’État. Alors que plusieurs responsables politiques libanais continuent d’appeler au rétablissement du monopole de l’armée par les institutions officielles et au retour de la décision militaire dans le cadre étatique, le mouvement chiite pro-Téhéran maintient sa logique de confrontation avec Israël.
Pour ses détracteurs, cette stratégie expose le Liban à des cycles répétés d’escalade dont le coût humain, économique et territorial pèse d’abord sur les populations du Sud. Ils soulignent aussi que les «miliciens de Dieu» demeurent étroitement alignés sur les orientations stratégiques de Téhéran, au risque de voir les intérêts régionaux primer sur les équilibres internes libanais.
Dans ce contexte, une partie de l’opinion redoute que la poursuite de cette dynamique n’accélère encore la dégradation d’une région déjà fragilisée par des années de crises, faisant planer la menace de nouvelles destructions dans le sud du pays.