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Les Renseignements européens donnent l’alerte : des terroristes liés au Hamas parmi les migrants à Ceuta

(Rome, 10 août 2026). Les services de renseignement européens auraient identifié, parmi les migrants arrivés à Ceuta, des individus soupçonnés d’entretenir des liens avec le Hamas : Un groupe d’anciens prisonniers palestiniens (libérés en échange d’otages israéliens) s’est déplacé depuis l’Égypte vers la côte nord-africaine en 2025. Nombre d’entre eux sont des individus «à haut risque» ayant été condamnées à la réclusion à perpétuité par Israël

Une infiltration possible via les routes migratoires

Des terroristes du Hamas libérés de prison lors d’échanges d’otages avec Israël pourraient s’infiltrer dans les groupes de migrants tentant de rejoindre Ceuta. Cette mise en garde émane de services de renseignement européens et concerne un groupe d’anciens détenus qui se déplacent depuis leur libération en février 2025 le long d’itinéraires s’étendant du Moyen-Orient à l’Afrique du Nord, jusqu’au Maroc. Après leur libération, certains ont été expulsés vers l’Égypte avant de se disperser le long des routes migratoires nord-africaines, écrit Francesca Musacchio dans le journal «Il Tempo».

Des profils à haut risque

L’alerte vise des membres et sympathisants du Hamas, ainsi que des individus affiliés à d’autres organisations palestiniennes, dont certains avaient été condamnés à plusieurs peines de prison à vie par Israël. Ils auraient entamé leur progression vers l’Europe il y a plus d’un an. Les renseignements reposent sur une liste contenant des dizaines de noms «importants» liés au groupe terroriste. En effet, le 17 janvier 2025, le gouvernement israélien a approuvé une liste de 737 prisonniers devant être libérés dans le cadre de l’accord, auxquels s’ajoutaient 1.167 Palestiniens de Gaza arrêtés après l’attaque du 7 octobre 2023. Les 90 premiers ont été libérés le 19 janvier. Le 25 janvier, 200 autres prisonniers ont été relâchés : 120 purgeaient des peines à perpétuité et environ 70 ont été transférés en Égypte car ils avaient interdiction de retourner dans les territoires palestiniens. Le 30 janvier, 110 autres prisonniers ont été libérés, dont 21 à 23 ont été transférés en Égypte. Le 1er février, 183 Palestiniens ont été libérés, dont sept ont été envoyés en exil. 183 autres ont été libérés le 8 février, avec sept expulsions à la clé. Au 15 février, le total s’élevait à 369 détenus, dont 24 avaient été transférés via Rafah. Le 27 février, 97 autres condamnés destinés à l’exil sont entrés en Égypte.

Le décompte des opérations individuelles fait état d’au moins 228 transferts vers le territoire égyptien.

Une dispersion vers des pays tiers a été observée

Ces listes incluent des hommes purgeant des peines extrêmement lourdes. Certains de ces individus ont été localisés en Égypte dans les mois qui ont suivi. Une partie des personnes libérées a ensuite quitté l’Égypte pour des pays tiers ; quinze ont été transférées en Turquie dès le début du mois de février. D’autres transferts ont été évoqués avec le Qatar, la Malaisie et le Pakistan. L’Afrique du Nord a également figuré dans les discussions : l’Algérie a manifesté une disponibilité préliminaire à accueillir certains anciens détenus, tandis que la Tunisie a refusé. Aucune confirmation publique n’existe concernant des transferts organisés d’anciens détenus vers le Maroc ou la Libye.

Le Maroc, point de relai vers Ceuta

Le Maroc constitue toutefois le point d’arrivée de la route occidentale acheminant les migrants en situation irrégulière vers Ceuta. C’est là que se concentrent les préoccupations européennes. Il existe une route empruntée par les Palestiniens pour rejoindre l’enclave espagnole, documentée indépendamment des échanges de prisonniers : Gaza, Égypte, Tunisie, Algérie, Maroc et enfin Ceuta. Des Palestiniens ont été identifiés parmi ceux qui exercent actuellement une pression sur l’enclave espagnole, aux côtés, majoritairement, de Marocains et d’Algériens, ainsi que de groupes venus du Soudan, du Yémen, d’Érythrée, de Somalie et d’autres pays africains.

Aucune preuve directe, mais le risque est persistant

À l’heure actuelle, aucune preuve publique n’établit de lien entre les anciens détenus figurant sur les listes israéliennes et les Palestiniens identifiés à Ceuta. Toutefois, des hommes libérés en 2025, expulsés vers l’Égypte puis ayant échappé à leur lieu de résidence initial, pourraient s’intégrer à ce flux plus large. Les services de sécurité émettent l’hypothèse qu’une partie de ces individus conservent des capacités opérationnelles. Par ailleurs, la cause palestinienne offrirait une couverture propice, compte tenu de la forte mobilisation politique et sociale autour de Gaza dans plusieurs pays de l’UE.

Tensions persistantes entre l’Espagne et l’Italie et à Ceuta

Parallèlement, la tension reste vive dans l’enclave espagnole. Selon les services de renseignement espagnol, un nouvel exode depuis le Maroc pourrait survenir dans les prochains jours, alors que le bilan total des décès liés à l’afflux massif de migrants du 30 juillet s’élève désormais à 83. Les tensions restent toutefois fortes entre l’Italie et l’Espagne. Les autorités espagnoles ont en effet contrôlé environ 200 voyageurs en provenance d’Italie dans les six principaux aéroports du pays, le jour même du rétablissement des contrôles aux frontières. Cette mesure restera en vigueur jusqu’au 7 septembre, mais Madrid espère que «l’Italie réagira et comprendra clairement que l’espace Schengen n’a pas été violé et demeure protégé».

Italie-Espagne : vers une nouvelle crispation ?

Au-delà de la dimension sécuritaire, cette affaire intervient dans un contexte européen déjà marqué par des divergences entre capitales sur la gestion des migrations et la coopération en matière de sécurité. Les tensions entre Madrid et Rome pourraient ainsi prendre une nouvelle dimension si les autorités des deux pays venaient à diverger sur la responsabilité des différents acteurs, le contrôle des frontières ou la manière de traiter les personnes considérées comme présentant un risque.

A lire : Ceuta : entre les enjeux de Schengen et les crises politiques, une frontière incertaine de l’Europe

Sur ce plan, un analyste italien estime que Meloni «contrôle» Lampedusa mais Sánchez «ne contrôle pas» Ceuta. D’autres experts estiment que le véritable danger serait de voir une question de renseignement se transformer en bras de fer politique, au moment même où la coopération européenne apparaît indispensable.

Si aucun transfert vers le Maroc n’a été observé, comment ces Palestiniens sont-ils arrivés à Ceuta ?

Une autre interrogation reste toutefois sans réponse : si aucun transfert direct vers le Maroc n’a été constaté, par quel itinéraire les Palestiniens concernés ont-ils finalement été retrouvés à Ceuta ? La proximité géographique entre le territoire marocain et l’enclave espagnole ne suffit pas, à elle seule, à établir le mode de passage.

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Plusieurs scénarios peuvent être envisagés (passage clandestin, utilisation de documents permettant de franchir certains contrôles ou itinéraire indirect) mais chacun doit être vérifié par les autorités compétentes. Cette affaire soulève néanmoins une question plus large : où se situent les éventuelles failles dans le contrôle des accès à Ceuta, et comment les réseaux exploitent-ils les zones où les contrôles espagnols et marocains se rencontrent ?

Les services européens peuvent-ils réellement suivre les anciens détenus du Hamas ?

La question centrale demeure celle de l’efficacité du suivi des individus considérés comme présentant un risque sécuritaire. Les experts en matière de sécurité estiment que les services de renseignement européens disposent de mécanismes de coopération avec leurs homologues israéliens, mais la circulation des personnes à travers plusieurs pays, l’utilisation de faux documents ou de filières clandestines peuvent compliquer considérablement leur traçabilité.

Par Paolo S.

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