(Rome, 07 mars 2026). Dans un contexte de fortes tensions au Moyen-Orient, Tsahal affirme avoir mené des frappes aériennes d’ampleur à Téhéran, détruisant seize avions de chasse liés à la Force d’Al-Qods des Gardiens de la Révolution iranienne. Parallèlement, la Turquie étudie l’envoi d’avions F-16 à Chypre après une attaque de drone visant une base militaire britannique, un incident qui a poussé plusieurs pays européens à renforcer leur soutien sécuritaire à l’île
L’armée israélienne affirme avoir détruit seize avions de chasse appartenant à la Force d’Al-Qods des Gardiens de la révolution, l’unité chargée de mener des opérations au-delà des frontières iraniennes, lors de frappes nocturnes menées contre Téhéran. Selon Tsahal, l’aviation a mené une «vague d’attaques massives» dans la capitale iranienne. Parmi les cibles visées figurait notamment l’aéroport de Mehrabad, qui aurait été bombardé au cours de l’opération, écrit Andrea Riccardi dans «Il Tempo».
Un aéroport stratégique pour les opérations régionales
D’après les autorités israéliennes, cet aéroport servait de plateforme logistique à la Force Al-Qods pour transférer armes et financements vers plusieurs groupes armés opérant au Moyen-Orient, dont le Hezbollah au Liban, allié de Téhéran et acteur central dans les tensions régionales.
La Turquie envisage de déployer des F-16 à Chypre
Parallèlement, la Turquie étudie la possibilité d’envoyer des chasseurs F-16 à Chypre, selon une source du ministère turc de la Défense. Il convient de noter que l’île a été la cible d’une attaque de drone.
Chypre est divisée depuis 1974 : environ un tiers du territoire est contrôlé par la République turque de Chypre du Nord, entité reconnue uniquement par Ankara, tandis que le reste de l’île constitue la République de Chypre, membre de l’UE, et assure actuellement la présidence tournante de l’Union européenne.
«Compte tenu des récents événements, un plan progressif est en cours d’élaboration afin d’assurer la sécurité de la République turque de Chypre du Nord», ont déclaré les autorités.
Un drone vise une base britannique
Le drone, qui aurait probablement été lancé depuis le Liban par des miliciens du Hezbollah soutenus par l’Iran, a frappé la base militaire britannique d’Akrotiri. L’attaque n’aurait toutefois provoqué aucun dégât.
À la suite de l’incident, plusieurs pays européens ont promis leur soutien à Chypre, annonçant l’envoi d’avions de chasse et de navires de guerre pour renforcer la sécurité autour de l’île.
Des réunions européennes reportées
Les ministres de la Défense des 27 pays de l’UE devaient se réunir à Nicosie la semaine prochaine. Cependant, après l’attaque, toutes les réunions ont été reportées. Bien que la Turquie ne fasse pas partie de l’Union européenne, elle partage avec de nombreux pays européens l’appartenance à l’OTAN, ce qui maintient Ankara au cœur des discussions sécuritaires régionales.
Vers une recomposition stratégique en Méditerranée orientale ?
Si les tensions actuelles devaient s’élargir au-delà des frappes ponctuelles et des incidents isolés, la région pourrait entrer dans une phase de recomposition stratégique impliquant plusieurs acteurs régionaux. «La situation autour de Chypre, déjà marquée par une division politique et militaire ancienne, pourrait devenir un point de convergence de rivalités plus larges entre puissances du Moyen-Orient et de la Méditerranée orientale», estiment plusieurs experts régionaux.
La Turquie, acteur central dans le dossier chypriote, chercherait probablement à renforcer sa présence militaire dans le nord de l’île afin de protéger la République turque de Chypre du Nord et de préserver ses intérêts stratégiques en Méditerranée. Une telle posture pourrait s’inscrire dans une coordination plus large avec d’autres partenaires régionaux, dont l’Azerbaïdjan, allié proche d’Erdoğan et partenaire stratégique d’Ankara dans plusieurs dossiers géopolitiques.
Dans un scénario d’escalade plus large, d’autres acteurs non étatiques pourraient également jouer un rôle indirect. Les forces kurdes, présentes notamment en Syrie et en Irak, pourraient être affectées par l’évolution des équilibres régionaux, si les tensions impliquent davantage l’Iran ou modifient les rapports de force entre puissances régionales. Leur position resterait toutefois largement conditionnée par les dynamiques locales et par les intérêts des grandes puissances impliquées.