(Rome, 11 octobre 2026). L’Arabie saoudite connaît une nouvelle escalade de violence après une attaque de missile contre l’aéroport international de Riyad, le samedi 10 octobre. Le bilan fait état d’au moins 12 morts et de plus de 300 blessés, selon les autorités saoudiennes, qui attribuent la frappe aux rebelles yéménites houthis. Parmi les victimes figurent quatre Saoudiens et huit étrangers, dont un ressortissant américain. La communauté internationale condamne l’attaque
La tension monte en Arabie saoudite. L’attaque des Houthis qui a frappé samedi l’aéroport international du Roi Khaled de Riyad a fait 12 morts et 309 blessés. C’est ce qu’a annoncé l’Autorité saoudienne de l’aviation civile. Parmi les victimes figurent quatre Saoudiens et huit étrangers, dont un ressortissant américain, a précisé l’autorité dans un communiqué. «L’attaque a également fait 309 blessés», dont certains souffrent de «blessures graves», a ajouté l’organisme, signalant par ailleurs des «dégâts matériels», comme le rapporte l’agence italienne «AGI».
Un missile houthi détruit près de Riyad
La coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite, en soutien au gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale, a annoncé dans la nuit avoir intercepté et détruit un missile balistique lancé par les Houthis pro-Téhéran au-dessus d’une région située au sud-est de la capitale saoudienne, Riyad, où se trouve la base aérienne Prince Sultan. «Interception et destruction d’un missile balistique, lancé par la milice terroriste houthie», a annoncé la coalition dans un communiqué, au lendemain de l’attaque contre l’aéroport du Roi Khaled de Riyad.
La menace des Houthis
Les forces armées houthies ont lancé un nouvel avertissement aux compagnies aériennes, aux travailleurs et aux voyageurs pour qu’ils évitent les aéroports et l’espace aérien saoudiens, après avoir frappé hier l’aéroport de Riyad. Les forces yéménites «continueront d’appliquer la formule ‘aéroport pour aéroport’, ‘siège pour siège’ et ‘escalade pour escalade’, jusqu’à ce qu’elles atteignent leurs objectifs», a déclaré leur porte-parole, selon la chaîne de télévision Al-Masira.
Les aéroports saoudiens, a expliqué le porte-parole, «représentent des cibles potentielles et pourraient se transformer en théâtres d’opérations pour les forces yéménites, à l’exception de ceux de La Mecque et de Médine». D’où «l’appel lancé à tous pour qu’ils prennent très au sérieux ces avertissements». «La responsabilité de toute interception manquée incombera à l’Arabie saoudite», a-t-il insisté.
La condamnation de l’attaque
En Arabie saoudite, le soutien au gouvernement yéménite se renforce et l’intention est de répondre «avec fermeté» au raid contre l’aéroport international de Riyad. Dans un communiqué, Turki al-Maliki, porte-parole de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite qui intervient dans le conflit au Yémen, a qualifié de «crime de guerre» l’attaque «contre l’un des terminaux passagers de l’aéroport international de Riyad, qui a fait des morts et des blessés parmi les voyageurs et le personnel aéroportuaire». Le commandement de la coalition «répondra avec fermeté à cette attaque terroriste», a-t-il ajouté.
L’ONU : «une grave escalade à Riyad»
L’envoyé spécial de l’ONU pour le Yémen, Hans Grundberg, a déclaré que l’attaque contre l’aéroport de Riyad «constitue une grave escalade» du conflit, pointant du doigt les Houthis pro-iraniens. «De telles actions représentent une menace grave pour la sécurité régionale, alimentent les cycles de violence et compliquent davantage les efforts de paix pour le Yémen», a affirmé M. Grundberg dans un communiqué, exhortant les Houthis à «mettre fin à ces attaques» contre des cibles civiles en Arabie saoudite.
Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a lui aussi condamné le bombardement houthi de l’aéroport de Riyad, qui a coûté la vie à au moins 12 personnes. «Je suis bouleversé et je condamne fermement cette attaque meurtrière», a-t-il écrit sur la plateforme X. «Les attaques contre les civils et les infrastructures civiles constituent une violation du droit international», a-t-il rappelé, ajoutant qu’elles «doivent cesser immédiatement».
Où en est l’application de l’accord de La Mecque ?
Le 11 octobre 2026, le pacte est entré dans une phase d’application politique et militaire, mais il ne constitue pas encore une alliance pleinement intégrée dont les mécanismes d’intervention seraient tous opérationnels.
Le silence des auteurs de l’accord de La Mecque
Selon les analystes, plusieurs explications se dégagent du silence des signataires de l’accord de La Mecque ; aucun des trois pays ne souhaite être entraîné dans une guerre régionale incontrôlable, Ankara et Islamabad cherchant à préserver leurs possibilités de dialogue avec l’Iran, dont les Houthis sont des mandataires, où une intervention contre ces derniers risquerait de détériorer leurs relations avec Téhéran et d’élargir ainsi le conflit ; le pacte reste juridiquement et militairement inachevé.
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La clause selon laquelle une attaque contre un pays concerne les trois ne précise pas, à elle seule, la nature exacte de la réponse, qu’il s’agisse d’une assistance technique, de défense antiaérienne, de renseignement, de déploiement, ou aussi de troupes ou opérations offensives.
Riyad veut sécuriser son territoire, ses installations pétrolières et ses voies maritimes. Ankara entend renforcer son rôle régional sans compromettre ses relations diplomatiques. Islamabad doit, de son côté, tenir compte de ses équilibres intérieurs et de ses relations avec les pays voisins. Une solidarité affichée ne signifie donc pas nécessairement une volonté commune de mener une guerre au Yémen.
Le Pakistan pris entre crise intérieure et engagements régionaux
Il convient de rappeler que la province de Khyber Pakhtunkhwa, frontalière de l’Afghanistan, occupe une position stratégique pour Islamabad. Elle est confrontée à des enjeux de sécurité, notamment à la recrudescence des attaques militantes, mais aussi à des tensions politiques entre les autorités provinciales et le pouvoir fédéral. Ces difficultés obligent le gouvernement pakistanais à concilier ses engagements régionaux avec la stabilité de ses institutions et la sécurité de son territoire.
Cette crise intérieure survient alors que le Pakistan a accepté de déployer des forces supplémentaires en Arabie saoudite dans le cadre de l’accord de La Mecque conclu avec Riyad et Ankara. L’agence Reuters souligne que cette décision a été annoncée sans vote parlementaire et que les effectifs, les missions et les modalités précises du déploiement n’ont pas été divulgués.
Selon un expert italien en stratégie, «Islamabad est non seulement un allié militaire de Riyad ; c’est aussi un État confronté à une crise institutionnelle et sécuritaire qui peut compliquer ses choix régionaux».
Donald Trump : «nous pourrions nous joindre à l’opération contre les Houthis»
L’attaque ayant visé l’aéroport international de Riyad est «inacceptable», a affirmé le président américain Donald Trump. «Ce qui s’est passé en Arabie saoudite est inacceptable», a déclaré Trump aux journalistes, annonçant qu’il s’entretiendrait avec le prince héritier Mohammed Ben Salman, dirigeant de facto du royaume.
S’adressant ensuite aux journalistes devant la Maison Blanche, le président des États-Unis a été interrogé sur l’éventualité que Washington se joigne aux attaques saoudiennes contre les Houthis. «Nous pourrions le faire. Nous évaluerons la situation. Nous venons d’apprendre la nouvelle de l’attaque récente, nous prendrons donc une décision. Nous agissons très rapidement», a-t-il affirmé. Le Secrétaire d’Etat Marco Rubio a condamné les attaques, affirmant qu’elles «témoignent d’un mépris flagrant pour la vie de civils innocents».
Que signifie réellement la déclaration de Trump ?
Le choix des mots est important. Trump n’a pas annoncé que les forces américaines rejoindraient immédiatement les opérations saoudiennes. Il a laissé cette possibilité ouverte, en indiquant que son administration étudiait la situation après l’attaque de Riyad, tel que rapporté par la presse.
Mais à la suite de l’attaque meurtrière de l’aéroport de Riyad, Donald Trump laisse ouverte la possibilité de rejoindre les opérations saoudiennes. Entre protection des alliés, sécurisation des routes énergétiques et risque d’escalade avec l’Iran, les contours d’une éventuelle intervention restent à définir.
L’ambassade des États-Unis restreint les déplacements de son personnel
L’ambassade des États-Unis en Arabie saoudite a imposé des restrictions aux déplacements de ses employés à la suite du bombardement mené hier par les Houthis contre l’aéroport de Riyad, qui a coûté la vie à au moins 12 personnes. La mission «recommande vivement à tous les citoyens américains d’éviter cet aéroport ainsi que les zones environnantes». Quant aux employés du gouvernement américain travaillant en Arabie saoudite, ils «doivent solliciter une autorisation spéciale pour utiliser l’aéroport international du Roi-Khaled de Riyad, ainsi que ceux de Djeddah et de Dammam», indique un message publié sur X. Ce n’est pas tout : «les employés ne sont pas autorisés à se déplacer dans un rayon de 20 miles (environ 32 km) autour de la frontière avec le Yémen en raison des risques pour la sécurité, et ils doivent obtenir une autorisation spéciale pour se rendre dans les provinces de Jazan, Assir et Najran, ainsi que dans les villes de Qatif, Yanbu et Taëf», ajoute le communiqué.