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La Finlande ferme sa frontière avec la Russie en érigeant une clôture de 200 kilomètres

(Rome, 07 septembre 2026). Le gouvernement d’Helsinki, face à la montée des tensions géopolitiques, a pris cette décision afin d’empêcher Moscou d’instrumentaliser les migrants pour déstabiliser le pays, suivant ainsi un précédent établi en décembre 2023. Une mesure inédite pour le pays nordique

Une clôture de 200 kilomètres le long de la frontière

La Finlande a érigé une clôture de 200 kilomètres le long de sa frontière avec la Russie, dans un objectif de dissuader Moscou d’utiliser les migrants pour déstabiliser le pays, tel que rapporté par l’agence italienne «AGI».

La fermeture de la frontière en décembre 2023

Le gouvernement d’Helsinki avait déjà fermé sa frontière de 1.340 kilomètres avec la Russie en décembre 2023, suite à l’arrivée de plus de 1.300 migrants sans visa en provenance de la Russie. Depuis, la situation est restée calme, avec seulement quelques cas isolés de passages illégaux, a déclaré à l’AFP la ministre finlandaise de l’Intérieur, Mari Rantanen.

Une frontière désormais sécurisée, mais une menace considérée comme persistante

La clôture finlandaise, commencée en 2023, vient d’être achevée. Son objectif était de rendre plus difficile l’entrée clandestine de migrants et surtout de réduire la possibilité pour la Russie d’utiliser les flux migratoires comme instrument de pression politique sur la Finlande et, plus largement, sur l’UE. Helsinki considère que la fermeture de la frontière et les mesures législatives adoptées depuis 2024 ont effectivement mis fin, pour l’heure, à cette forme de «migration instrumentalisée».

Pourquoi Helsinki reste-t-elle sur ses gardes ?

L’absence actuelle de flux importants ne signifie pas, pour la Finlande, que la menace a disparu. Le gouvernement finlandais estime toujours que le risque de reprise de cette stratégie demeure élevé et souligne que la situation sécuritaire à la frontière orientale reste «tendue mais stable».

La clôture et les tensions entre Moscou et Helsinki

La clôture de barbelés de 4,5 mètres de haut, installée dans des zones stratégiques, est équipée de caméras et de capteurs. En 2023, la Finlande, qui a mis fin à des décennies de non-alignement militaire et a rejoint l’OTAN en avril de la même année, avait accusé Moscou de mener une «guerre hybride» en orchestrant l’arrivée de ressortissants de pays tiers à sa frontière, accusations que le Kremlin a démenties. Une source proche du dossier affirme qu’il s’agit d’une hypothèse plausible. Il existe bien un précédent : en 2023, plus de 1.300 ressortissants de pays tiers étaient arrivés depuis la Russie à la frontière finlandaise, ce que les autorités finlandaises ont interprété comme une opération d’«instrumentalisation» destinée à exercer une pression sur la Finlande.

Un important projet d’infrastructure

Ce «projet d’infrastructure d’une ampleur exceptionnelle» a touché environ 1.000 propriétaires fonciers et des centaines d’entreprises, selon les gardes-frontières finlandais.

Des clôtures similaires dans les pays voisins

Des clôtures similaires ont été érigées en Lettonie, en Lituanie et en Pologne le long des frontières avec le Biélorussie, ainsi qu’en Estonie à la frontière avec la Russie, afin de contenir le flux migratoire.

Pour Moscou, il s’agit cette fois d’un deuxième front, plutôt politique que militaire

Pour les analystes, dans une période où la Russie doit simultanément gérer la pression militaire sur le front ukrainien et des négociations diplomatiques actuelles difficiles, toute nouvelle «crise hybride» en Europe pourrait lui permettre d’ouvrir un autre théâtre de confrontation, à faible coût et sans franchir le seuil d’une confrontation militaire directe avec l’OTAN.

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