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Iran : Trump promet une frappe contre «Pickaxe Mountain» et les Houthis accentuent la pression en Mer Rouge

(Rome, 21 juillet 2026). La confrontation entre Washington et Téhéran franchit un nouveau seuil. Donald Trump annonce une frappe imminente contre le site souterrain de «Pickaxe Mountain», tandis que les efforts de médiation menés par le Pakistan peinent à enrayer l’escalade. Dans le même temps, les Houthis menacent le trafic en mer Rouge, faisant craindre de nouvelles perturbations des principales routes du commerce mondial

Donald Trump annonce une frappe imminente contre un site nucléaire iranien

Comme si le dixième jour consécutif d’attaques croisées entre les États-Unis et l’Iran à travers le Moyen-Orient ne suffisait pas à éclipser les efforts diplomatiques en cours au Pakistan visant à sauver l’accord de cessez-le-feu provisoire désormais en miettes, Donald Trump est intervenu : Les États-Unis frapperont «très prochainement» le site souterrain fortifié de l’Iran situé près de l’une de ses principales installations d’enrichissement nucléaire, «Pickaxe Mountain». Le Président américain a précisé que les forces américaines ne quitteraient pas la région de sitôt, comme le rapporte le journal «Il Tempo».

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Tout en affirmant que les Iraniens souhaitaient «désespérément» une rencontre visant à mettre fin à la guerre, Trump a ajouté que «tant qu’ils ne seront pas prêts pour une réunion véritablement significative, nous n’avons aucun intérêt à les rencontrer». Ses propos, tenus dans le Bureau ovale de la Maison Blanche aux côtés du président libanais Joseph Aoun, ont été prononcés alors même que le ministre iranien de l’Intérieur, Eskandar Momeni, s’entretenait, d’abord avec le chef d’état-major de l’armée, le maréchal Asim Mounir, puis avec le Premier ministre Shehbaz Sharif, au Pakistan, pays médiateur ayant contribué à négocier l’accord initial.

Le Pakistan tente de relancer la médiation

Sharif a exprimé sa profonde inquiétude face à la récente escalade entre les États-Unis et l’Iran et a exhorté toutes les parties à faire preuve de retenue et à éviter des actions susceptibles de déstabiliser davantage la région.
Selon le portail «Axios», la situation est suspendue entre les tentatives des médiateurs régionaux pour relancer une trêve de dix jours, tandis que Trump envisagerait soit de poursuivre la voie diplomatique, soit de lancer une opération militaire massive aux côtés de Tel-Aviv.

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Et ce, alors même que le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a déclaré qu’«à l’heure actuelle, l’État d’Israël n’a aucun intérêt à être impliqué dans une campagne».

Les frappes américaines entraînent une riposte iranienne

Les nouvelles frappes américaines ont visé, selon le Commandement central américain (CENTCOM), des centres de commandement militaires, des moyens navals, des sites de lancement de missiles et de drones ainsi que des systèmes de défense aérienne. Washington affirme vouloir réduire la capacité de l’Iran à poursuivre ses attaques contre les navires commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz. En réponse, Téhéran a lancé des raids contre Bahreïn, la Jordanie et le Koweït.

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À Bahreïn, les Gardiens de la révolution (CGRI) ont affirmé avoir touché un centre de données d’Amazon, tandis que le Koweït a signalé que les raids iraniens sur son territoire visaient des centrales électriques et des usines de dessalement vitales, jugées essentielles à l’approvisionnement du pays.

Le commerce mondial sous une double menace maritime

Au-delà de l’aspect militaire, les conséquences pour le commerce mondial suscitent des inquiétudes. Téhéran a réaffirmé que le détroit d’Ormuz resterait fermé tant que les actions agressives des États-Unis se poursuivraient. Toutefois, un second point de passage stratégique est désormais menacé : le détroit de Bab el-Mandeb, qui constitue la porte d’entrée de la mer Rouge.

Suite à l’annonce d’un embargo maritime contre l’Arabie saoudite, les rebelles houthis du Yémen, soutenus et armés par Téhéran, ont affirmé, au lendemain de la proclamation d’un embargo maritime contre l’Arabie Saoudite, avoir contraint six navires à faire demi-tour en mer Rouge.

Par ailleurs, trois responsables du groupe chiite yéménite ont indiqué avoir averti lundi les compagnies maritimes internationales d’éviter d’emprunter le détroit de Bab el-Mandeb.

Les routes pétrolières et maritimes en première ligne

Avec le blocage d’Ormuz, l’Arabie Saoudite a jusqu’ici eu recours à un oléoduc rejoignant la mer Rouge pour acheminer des millions de barils de pétrole vers les marchés internationaux. Donald Trump, interrogé sur cette nouvelle menace, a toutefois semblé minimiser la question, notant qu’un blocus de la mer Rouge «ne s’est pas encore produit, mais cela pourrait arriver», avant d’ajouter que «si une telle situation devait se produire, nous nous en occuperions».

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Un blocage du trafic dans le détroit de Bab el-Mandeb contraindrait les compagnies maritimes à contourner l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance, au large de l’Afrique du Sud, ce qui allongerait considérablement les temps de navigation ainsi que l’augmentation des coûts du transport maritime mondial.

Le mystère des stocks d’uranium enrichi

Au-delà des opérations militaires, une question continue d’alimenter les inquiétudes des chancelleries occidentales : celle du devenir des stocks d’uranium hautement enrichi de l’Iran. Si plusieurs installations nucléaires ont été endommagées ou détruites au cours des frappes successives, rien ne permet, à ce stade, d’affirmer que les réserves les plus sensibles aient été neutralisées.

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Plusieurs experts estiment qu’une partie de ces stocks pourrait avoir été déplacée avant les bombardements vers des sites inconnus ou plus profondément enfouis. Tant que cette incertitude subsistera, le risque d’une reconstitution rapide des capacités nucléaires iraniennes restera au cœur des préoccupations stratégiques.

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Le silence prudent des monarchies du Golfe

Autre interrogation majeure : l’attitude des États membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG). Malgré les attaques iraniennes visant certains de leurs territoires ou infrastructures, les monarchies du Golfe continuent d’adopter une posture de grande retenue. Cette prudence s’explique par plusieurs facteurs : la crainte de devenir des belligérants directs ; la volonté de préserver leurs intérêts économiques, notamment énergétiques ; ainsi que les canaux de dialogue progressivement rétablis avec Téhéran depuis l’accord de réconciliation entre l’Iran et l’Arabie saoudite en 2023. À cela s’ajoute les craintes d’une fuite des capitaux étrangers, un retrait des investisseurs internationaux et, notamment, leur dépendance persistante au parapluie sécuritaire américain, qui les conduit à privilégier une stratégie de protection plutôt que d’intervention militaire directe.

Diego Garcia : un précédent qui pourrait se répéter ?

Le précédent du mois de mars illustre le risque d’un nouvel engrenage. Après le bombardement iranien contre l’île stratégique de Diego Garcia, où sont stationnés d’importants moyens militaires américains et britanniques, Washington avait riposté par des frappes contre le complexe nucléaire de Natanz.

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Ce schéma d’action-réaction pourrait parfaitement se reproduire si l’Iran décidait de viser à nouveau des installations militaires américaines dans la zone ou des bases utilisées par les États-Unis. Dans un contexte où chaque attaque appelle désormais une réponse immédiate, le risque d’une escalade incontrôlée demeure élevé, malgré les efforts diplomatiques entrepris pour éviter un embrasement régional généralisé.

Une région suspendue aux prochains choix de Washington et de Téhéran

L’épisode actuel montre que la crise dépasse désormais le seul affrontement entre les États-Unis et l’Iran. Les enjeux nucléaires, la sécurité des routes maritimes mondiales et l’équilibre stratégique du Golfe se trouvent désormais étroitement imbriqués. Les prochains jours seront déterminants : ils diront si les initiatives diplomatiques parviennent à reprendre le dessus ou si une nouvelle série de frappes entraînera le Moyen-Orient dans une phase de confrontation encore plus dangereuse. Sur ce plan, un expert italien affirme que le processus d’Islamabad est à l’agonie. Alors que les combats s’intensifient et que les protagonistes privilégient de nouveau le rapport de force, les efforts de médiation pakistanais apparaissent plus fragiles que jamais.

Plusieurs experts privilégient l’hypothèse d’une reprise des opérations militaires

De nombreux spécialistes des questions stratégiques, consultés ces dernières heures, estiment que la dynamique actuelle rend de plus en plus probable une reprise des frappes américaines. Selon eux, tant que subsisteront des incertitudes sur les capacités militaires et nucléaires de l’Iran, Washington pourrait considérer qu’une nouvelle campagne de frappes est nécessaire afin de réduire durablement le potentiel offensif du régime.

Certains analystes jugent toutefois que si l’objectif affiché est de neutraliser les infrastructures militaires et nucléaires iraniennes, une stratégie visant explicitement à «venir à bout du régime des mollahs» serait plus probable.

Par Léa P.

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