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Paris met en scène la défense européenne. «Accord sur les SAMP/T destinés à l’Ukraine»

(Rome, 15 juillet 2026). À l’occasion du défilé du 14 Juillet, Emmanuel Macron a fait de la défense européenne et du soutien à l’Ukraine le fil conducteur de sa dernière fête nationale en tant que président. Entouré de Volodymyr Zelensky et de nombreux dirigeants européens, il a affiché la montée en puissance de la «Coalition des volontaires», tout en annonçant de nouvelles coopérations militaires franco-italiennes, malgré les premières dissensions au sein du groupe

Emmanuel Macron met en scène l’unité européenne

Une journée consacrée à la défense de l’Ukraine dans le prolongement du sommet de la «Coalition des volontaires» à Paris, mais surtout une démonstration d’unité pour le «Vieux Continent» qui se découvre de nouveaux partenaires en matière de défense aérienne, de nouveaux invités et des absents de marque. Pour ce dernier 14 juillet d’Emmanuel Macron en tant que président de la République, il a choisi hier de laisser parler les symboles. Les 37 drapeaux des pays membres de la coalition de soutien à Kiev, une version intégrale de l’hymne national «La Marseillaise» sur la place de la Concorde : tout semblait conçu comme un testament politique sur la scène internationale.

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Autre symbole : cette fois par son absence, Donald Trump, contrairement au défilé de 2017, où le président américain avait amusé les observateurs en esquissant quelques pas de danse sur Get Lucky des Daft Punk, figure emblématique de la French Touch, le locataire de la Maison-Blanche n’était pas présent hier dans la tribune officielle, écrit Francesco De Remigis dans «Il Giornale».

Une démonstration de force tournée vers Washington et Moscou

Pour le défilé commémorant la prise de la Bastille par les insurgés parisiens en 1789, Emmanuel Macron a choisi de mettre en avant les dirigeants des pays qui jouent un rôle clé aujourd’hui et demain, selon le Président. Vingt-quatre chefs d’État et de gouvernement européens étaient présents, aux côtés du président ukrainien Zelensky et son épouse, ainsi que plusieurs délégations non membres de l’UE, dont le Premier ministre britannique Keir Starmer. En somme, Macron a tenté de prolonger l’élan du sommet des «Volontaires» en exposant les canons Caesar. Ces engins, salués par les applaudissements du public et observés avec une attention particulière par Volodymyr Zelensky depuis la tribune, ont illustré cette volonté d’afficher au grand jour la puissance militaire européenne. L’objectif de Macron était clair : montrer au monde entier, tant à Moscou qu’à Washington, que cette coalition existe désormais concrètement. Presque comme pour dire au locataire de la Maison-Blanche, en son absence : cher Donald, malgré le désengagement annoncé des Etats-Unis vis-à-vis de l’Europe, le Continent est capable d’assurer sa propre sécurité tout en restant un partenaire de Washington.

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Alors qu’en 2017, les États-Unis et l’UE étaient unis dans la lutte contre le terrorisme international, hier, en ce 14 juillet, alors qu’il s’apprête à quitter le pouvoir, le dirigeant français a mis l’accent sur le «réveil stratégique» de l’Europe, estimant que le Vieux Continent dispose désormais d’«armées puissantes, capables d’être les premières à entrer dans un conflit».

Le réarmement européen comme héritage politique

Pour Emmanuel Macron, la politique de réarmement apparaît désormais comme le principal facteur de cohésion européenne. À l’occasion de la fête nationale, il en a fait l’un des axes majeurs de son héritage présidentiel.

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Très ému, Volodymyr Zelensky a assisté à la parade militaire. Pour ce défilé, un nombre record de soldats mobilisés : 6.800 militaires à pied et une augmentation de 30 % du nombre de véhicules et d’aéronefs ; une force armée «modernisée» et renforcée par le «doublement» du budget de la défense entre 2017 et 2027.

La coopération franco-italienne : nouvelles livraisons d’armes

Peu après le défilé, Volodymyr Zelensky a annoncé plusieurs nouveaux contrats d’armement en faveur de l’Ukraine, dans lesquels l’Italie, représentée à Paris par le président Sergio Mattarella, jouera également un rôle majeur.

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«L’Ukraine recevra des licences lui permettant de produire des armes puissantes», a déclaré le président Zelensky, citant notamment les missiles Scalp, les bombes AASM et les missiles Aster 30, en coopération avec l’Italie. «La France collaborera également avec nous et avec d’autres partenaires dans le cadre du programme de missiles antibalistiques Freyja. L’Ukraine sera le premier pays à recevoir les nouveaux systèmes franco-italiens SAMP/T NG modernisés», précisait le message publié sur la plateforme X, ajoutant que l’Ukraine achèterait ses 16 premiers avions de chasse Rafale, accompagnés de leur arsenal. La formation des pilotes, qui se déroulera en France, devrait débuter avant la fin de l’année.

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Des divergences persistent au sein de la Coalition

De son côté, la Bulgarie a annoncé hier son retrait du groupe des «Volontaires». «Nous ne participons pas à une coalition qui continue de fournir une aide financière et militaire à l’Ukraine». Le Premier ministre Radev s’est ainsi retiré, tout en appelant Emmanuel Macron à privilégier la voie diplomatique plutôt que qu’un règlement par des «moyens militaires».

Macron a annoncé l’adhésion prochaine de la Moldavie et de la Macédoine du Nord, portant à 36 le nombre des membres de la Coalition.

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En revanche, L’Allemagne ne participera pas aux premières manœuvres prévues en Pologne : Berlin les considère comme un «exercice d’état-major de faible ampleur».

Les absents parlent parfois plus fort que les présents

L’absence de Donald Trump n’est pas anodine. Si aucun motif officiel n’a été avancé dans le cadre de cette cérémonie, elle s’inscrit dans un contexte de relations transatlantiques plus complexes qu’en 2017. Le président américain a multiplié les appels à un effort accru des Européens en matière de défense et a laissé entendre que les États-Unis entendaient réduire leur engagement direct sur le Vieux Continent. En choisissant de placer la défense européenne au cœur du 14 Juillet, Emmanuel Macron semblait donc vouloir adresser un message autant à Washington qu’à Moscou : l’Europe entend désormais démontrer qu’elle peut assumer une part plus importante de sa propre sécurité.

Le «réveil stratégique» de l’Europe

L’expression employée par Emmanuel Macron renvoie à une idée qu’il défend depuis plusieurs années : celle d’une Europe capable de penser, de décider et d’agir de manière plus autonome dans le domaine militaire. Ce «réveil stratégique» ne signifie pas une rupture avec l’OTAN, mais la volonté de doter l’UE de capacités de défense crédibles, capables de compléter l’Alliance et, si nécessaire, d’agir lorsque les intérêts européens l’exigent.

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Un signal envoyé aux deux grandes puissances

Reste à savoir si cette démonstration de force produira les effets recherchés. À Washington, le défilé parisien pouvait être interprété comme la preuve que les Européens répondent enfin aux demandes américaines de partage du fardeau de la défense. À Moscou, à l’inverse, il visait à afficher une coalition toujours mobilisée autour de Kiev malgré l’usure du conflit. Pour autant, la crédibilité de ce message dépendra moins des symboles que de la capacité des Européens à transformer leurs annonces en capacités militaires durables et coordonnées.

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La Bulgarie, futur maillon faible ?

Le retrait annoncé de la Bulgarie de la «Coalition des volontaires» rappelle que l’unité européenne demeure fragile. Si le président Roumen Radev est régulièrement perçu comme favorable à une ligne plus conciliante envers la Russie, la Bulgarie reste un État membre de l’Union européenne et de l’OTAN, où les décisions de politique étrangère résultent d’équilibres institutionnels complexes. Les experts déclarent qu’«il apparaît donc prématuré d’imaginer un alignement comparable à celui revendiqué par le Premier ministre hongrois Viktor Orbán». En revanche, cette prise de distance souligne que la cohésion de la «Coalition des volontaires» dépendra autant de la volonté politique de ses membres que de leur capacité à maintenir un consensus face à une guerre appelée à durer.

Par Lea P.

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