(Rome, 05 juillet 2026). Lors des funérailles d’Ali Khamenei à Téhéran, des appels à l’assassinat de Donald Trump ont été lancés devant une foule en liesse. Une scène d’une rare violence verbale. Ces funérailles ont en effet pris des allures de démonstration de haine anti-occidentale, au moment même où Téhéran affirme vouloir poursuivre le dialogue avec Washington
Des slogans hostiles aux États-Unis et à Israël
Lors de la cérémonie publique d’obsèques du défunt Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, un orateur a appelé à la mort du président américain Donald Trump devant une foule rassemblant des centaines de milliers de personnes dans la capitale, Téhéran. Cette déclaration a marqué le premier appel direct à la mort de Trump lancé par un intervenant au cours des funérailles, durant lesquelles on a également pu voir des pancartes et des graffitis appelant à l’élimination de Trump ainsi que celle du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu. Tout cela se déroule alors que Téhéran négocie avec les États-Unis en vue de mettre un terme définitif au conflit, écrit Tommaso Manni dans le quotidien «Il Tempo».
Une intervention saluée par la foule
Le poète Mohammed Rassouli a scandé «Mort à l’Amérique !» et «Mort à Israël !». S’adressant à la foule via des haut-parleurs pendant la cérémonie, Rassouli a demandé, en faisant référence à Trump : «Pourquoi le plus grand salaud du monde est-il encore en vie ?» Cette déclaration a suscité les applaudissements de la foule. D’autres applaudissements ont éclaté lorsque le même Rassouli a déclaré que «le monde n’est plus un endroit fait pour» Donald Trump.
Les principaux responsables iraniens présents
L’ayatollah Jafar Sobhani, un dignitaire religieux chiite âgé de 97 ans, a dirigé les prières au «Grand Mossalla» (un espace autre qu’une mosquée, utilisé pour la prière en islam) de Téhéran pour le repos de l’âme de Khamenei et des membres de sa famille décédés. Les fils de Khamenei, Massoud, Meyssam et Mostafa, étaient présents, aux côtés du président iranien Massoud Pezeshkian, du président du Parlement Mohammad Bagher Qalibaf et du chef des Gardiens de la révolution, le général Ahmad Wahidi. Esmail Qaani, commandant de la Force Al-Qods (l’unité d’élite des Gardiens chargée des opérations à l’étranger), assistait également à la cérémonie.
L’absence de Mojtaba Khamenei
En revanche, le nouveau Guide suprême de l’Iran, l’ayatollah Mojtaba Khamenei (un autre fils d’Ali Khamenei) n’a pas participé à la cérémonie. Selon l’auteur, il se cache après avoir été blessé, selon certaines informations, lors de la frappe aérienne qui a tué son père ; Israël a également menacé de l’éliminer.
La foule présente à la cérémonie était bien plus nombreuse que la veille. Des personnes en deuil, vêtues de noir, sont arrivées sur les lieux en brandissant des banderoles et des drapeaux à la gloire de Khamenei tout en appelant à la mort de Trump, alors même que le président américain prononçait un discours à Washington pour marquer le 250e anniversaire de la fondation des États-Unis.
Une trêve fragile et un pouvoir en quête de rebond
Si la trêve actuelle offre un répit après des semaines de frappes, elle constitue surtout une fenêtre d’opportunité pour les dirigeants iraniens. Affaibli par le conflit et confronté à d’importants défis militaires, diplomatiques et économiques, le régime est désormais face à un choix : privilégier une désescalade susceptible de favoriser une reprise des discussions avec les puissances occidentales ou poursuivre une rhétorique de confrontation qui ne ferait qu’accentuer son isolement.
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«Dans ce contexte», estime un expert régional, «revendiquer une victoire après avoir subi de lourdes pertes risque de convaincre difficilement au-delà des cercles du pouvoir». «Les appels à la violence entendus lors des funérailles contrastent avec les impératifs d’une normalisation des relations régionales et internationales, alors que toute sortie durable de la crise passera nécessairement par un retour au pragmatisme», ajoute l’expert.
Une répression qui ne faiblit pas
Parallèlement, les autorités iraniennes poursuivent leur pression contre toute forme de contestation. À l’intérieur du pays, militants, journalistes, universitaires et opposants restent exposés aux arrestations et aux poursuites judiciaires.
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À l’étranger, les figures de la diaspora hostile à la République islamique continuent d’être la cible de menaces, de campagnes d’intimidation et, selon plusieurs gouvernements occidentaux, de tentatives d’influence ou d’opérations clandestines attribuées aux services iraniens. Pour le pouvoir iranien actuel, la trêve ne semble donc pas marquer un assouplissement sur le front intérieur : la consolidation du régime demeure une priorité, quel qu’en soit le coût politique.
Par Dario S.