(Rome, 09 juin 2026). Washington et Téhéran se rapprochent d’un accord sur le programme nucléaire iranien, selon le vice-président américain JD Vance. Les Etats-Unis estiment qu’une solution diplomatique durable est désormais possible, même si celle-ci pourrait se heurter aux réticences d’Israël. De son côté, Téhéran confirme la poursuite des négociations, tout en précisant qu’aucun texte définitif n’a encore été trouvé
Les Etats-Unis et l’Iran sont proches d’un accord sur le nucléaire qui «pourrait déplaire à Israël», mais qui est «dans le meilleur intérêt des États-Unis», a déclaré le vice-président américain J.D. Vance lors d’une interview accordée à Fox News.
Selon lui, l’accord envisagé servirait avant tout les intérêts stratégiques de Washington. «Israël et les États-Unis partagent de nombreux intérêts communs, mais il existe aussi des situations où nos intérêts divergent», a expliqué Vance.
Rappelant que «le président a été très clair : si Israël poursuit ses objectifs, l’objectif principal des États-Unis en Iran est de garantir que Téhéran n’acquière pas l’arme nucléaire», a-t-il précisé, comme le rapporte Andrea Riccardi dans le journal italien «Il Tempo».
Une fenêtre d’opportunité pour un accord durable
Le Vice-président américain estime qu’«au cours des dix-huit derniers mois, nous avons créé les conditions favorables pour que le président puisse croire (et je pense qu’il a raison) qu’il est possible de parvenir à une solution durable à la question nucléaire iranienne». Et Vance de conclure : «Cela peut plaire ou non à Israël, mais fondamentalement, nous pensons que cela sert au mieux les intérêts des États-Unis d’Amérique».
Les négociations se poursuivent entre Téhéran et Washington
L’Iran et les États-Unis «n’ont pas encore élaboré de texte définitif», mais des consultations et des échanges sont en cours pour parvenir à un accord, a déclaré Amir Saeid Iravani, ambassadeur d’Iran auprès des Nations Unies, à l’issue d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU consacrée sur l’Afghanistan, cité par l’agence IRNA. Selon l’ambassadeur, Téhéran et Washington échangent actuellement des points de vue et des propositions par l’intermédiaire du Pakistan afin de finaliser le texte d’un éventuel accord. «Bien qu’aucun compromis définitif n’ait encore été trouvé, les discussions et les efforts diplomatiques se poursuivent en vue d’aboutir à un texte commun», a-t-il précisé.
Le temps long iranien face au temps court des démocraties
L’un des principaux arguments avancés par les responsables israéliens, appuyé par les analystes régionaux, repose sur une différence fondamentale entre les systèmes politiques en présence. Là où les démocraties occidentales fonctionnent au rythme des échéances électorales et des alternances gouvernementales, le pouvoir iranien bénéficie d’une continuité stratégique qui lui permet de poursuivre des objectifs de long terme sur plusieurs décennies.
Dans cette optique, Téhéran disposerait d’un avantage structurel dans les négociations : celui du temps. Les dirigeants iraniens peuvent attendre, adapter leur discours, modifier leurs tactiques et exploiter les changements d’administrations occidentales sans remettre en cause leur ligne directrice.
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Quant aux gouvernements américains successifs, ils doivent composer avec des cycles électoraux, des majorités fluctuantes et des priorités politiques changeantes. Pour Trump, les prochaines élections de mi-mandat constituent un rendez-vous politique majeur susceptible de diminuer ses marges de manœuvre.
Israël face au pari diplomatique américain
C’est précisément cette perception qui nourrit la réticence israélienne à l’égard d’un nouvel accord nucléaire. Pour les autorités de Tel-Aviv, le risque serait qu’un compromis diplomatique ne fasse que retarder, plutôt que résoudre, le problème de fond. Selon plusieurs experts en stratégie, Téhéran pourrait utiliser les négociations pour gagner du temps, alléger les pressions internationales et préserver ses capacités stratégiques à long terme.
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Une source italienne proche du dossier, affirme que «les déclarations de Vance illustrent une divergence stratégique profonde entre les deux alliés». Washington estime qu’un accord, même imparfait, peut servir ses intérêts. Tel-Aviv, quant à lui, juge que seule une remise en cause durable des capacités et de l’influence régionale du régime des mollahs permettrait d’écarter définitivement la menace.
Par Dario S.