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Trump à Netanyahu : des médiateurs s’emploient à élaborer une lettre d’intention entre Washington et Téhéran

(Rome, 21 mai 2026). Alors que des médiateurs s’activent entre Washington et Téhéran, les États-Unis et l’Iran examineraient une possible lettre d’intention destinée à mettre fin au conflit et à relancer les négociations. Le Pakistan joue un rôle central dans ces discussions, avec la visite à Téhéran du ministre de l’Intérieur et chef d’état-major des armées, Asim Mounir, tandis que les renseignements américains estiment que l’Iran reconstitue rapidement ses capacités militaires malgré le cessez-le-feu

Le président américain Donald Trump a indiqué au Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu que les médiateurs travaillaient sur une «lettre d’intention» que les États-Unis et l’Iran pourraient signer afin de mettre officiellement fin à la guerre et d’entamer une période de négociations de 30 jours sur des questions telles que le programme nucléaire iranien et l’ouverture du détroit d’Ormuz. C’est ce qu’a déclaré une source américaine au portail «Axios», rapporte l’agence italienne «AGI».

L’Iran examine la nouvelle proposition américaine

«L’Iran a reçu une nouvelle proposition des États-Unis et l’examine actuellement, tandis qu’un ministre pakistanais, dont le pays est le médiateur, est en visite à Téhéran», a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baqaei. «Nous avons reçu des observations de la partie américaine et nous les examinons actuellement. La présence du ministre pakistanais de l’Intérieur vise à faciliter les échanges de messages», a indiqué Baqaei à la télévision d’État. Le porte-parole a réaffirmé les exigences de son pays lors des pourparlers visant à mettre fin à la guerre, notamment le déblocage des avoirs iraniens gelés à l’étranger et la levée du blocus américain des ports iraniens.

CNN : Téhéran reconstruit rapidement son industrie militaire

«L’Iran a déjà relancé une partie de sa production de drones durant le cessez-le-feu de six semaines entamé début avril», a rapporté CNN, citant deux sources proches des services de renseignement américains, qui indiquent que l’armée iranienne se rétablit beaucoup plus vite que ce qui a été initialement prévu, a ajouté la chaîne américaine, citant quatre sources.

Le chef de l’armée pakistanaise à Téhéran «en tant que médiateur»

Les médias iraniens ont rapporté que le chef de l’armée pakistanaise, le maréchal Asim Mounir, est arrivé aujourd’hui à Téhéran. Islamabad joue le rôle de médiateur entre l’Iran et les États-Unis, alors que la République islamique examine la dernière proposition américaine visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

L’agence de presse iranienne ISNA a pour sa part indiqué que la visite du maréchal Mounir avait pour but de poursuivre des «discussions et consultations» avec les autorités iraniennes, sans fournir davantage de détails. D’autres médias iraniens ont également relayé cette information.

Le ministre pakistanais de l’Intérieur rencontre le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.

«Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, s’est entretenu avec le ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsen Naqvi, en visite à Téhéran depuis la veille», a annoncé le ministère iranien des Affaires étrangères.

Le porte-parole Esmaïl Baqaei avait expliqué hier que cette deuxième visite de Naqvi en Iran avait pour objectif de «faciliter les échanges de messages» entre Téhéran et Washington. «Les parties médiatrices préfèrent souvent être présentes en personne, en plus de signer les textes échangés», a déclaré M. Baqaei. «Cette visite s’inscrit dans la continuité des efforts déployés par le Pakistan en tant que médiateur dans ces pourparlers», a-t-il ajouté. Naqvi a également été reçu hier par le président Massoud Pezeshkian. Entre-temps, les médias iraniens avaient rapporté que le chef d’état-major de l’armée iranienne, Asim Mounir, est également attendu aujourd’hui à Téhéran.

Iran : Deux personnes exécutées pour «terrorisme»

Sur le plan intérieur, Téhéran a exécuté deux personnes accusées d’avoir créé un groupe visant à «porter atteinte à la sécurité du pays» et d’appartenir à une organisation «terroriste». L’agence de presse iranienne Tasnim a rapporté l’information, identifiant les deux hommes comme étant Ramin Zaleh et Karim Maroufpour.

  • Des négociations centrées sur les États, et non sur les mandataires armés régionaux

Les discussions en cours entre Washington et Téhéran semblent se concentrer exclusivement sur les enjeux stratégiques directs : le programme nucléaire iranien, la sécurité maritime dans le détroit d’Ormuz et les garanties d’un cessez-le-feu durable. Une source militaire s’interroge : «cette approche laisse volontairement de côté les groupes armés alliés de l’Iran dans la région, au premier rang desquels le Hezbollah, pourtant acteur majeur de l’escalade militaire entre le Liban et Israël ces derniers mois» ?

Ce choix reflète la volonté des États-Unis de privilégier un accord rapide et limité avec l’Iran, sans ouvrir le dossier beaucoup plus complexe des réseaux régionaux soutenus par Téhéran. Pour les experts occidentaux, intégrer la question du Hezbollah, des milices irakiennes ou des Houthis risquerait d’élargir considérablement les discussions et de compromettre toute avancée diplomatique immédiate. De son côté, Téhéran considère ces organisations comme des alliés stratégiques relevant de dynamiques régionales distinctes, qu’il refuse généralement d’inclure dans les négociations bilatérales avec Washington.

  • Que disent les analystes sur la position de Netanyahu ?

La position de Benyamin Netanyahu face au Hezbollah dépendra largement du contenu réel d’un éventuel accord entre États-Unis et Iran. Deux scénarios principaux sont envisagés par les analystes régionaux.

  • Et si l’accord ignore la question du Hezbollah ?

C’est aujourd’hui l’hypothèse la plus probable. Les discussions semblent centrées (comme susmentionné) sur le nucléaire iranien, les sanctions et la sécurité maritime, sans traiter directement des mandataires régionaux de Téhéran. Dans ce cas, le gouvernement Netanyahu pourrait considérer que l’Iran sortirait partiellement renforcer diplomatiquement et économiquement ; que le Hezbollah conserverait ses capacités militaires ; et que le nord d’Israël resterait sous une menace permanente.

Israël pourrait alors choisir d’intensifier sa stratégie de pression militaire : des frappes ciblées plus intenses au Liban ; des opérations de renseignement et assassinats ciblés ; et enfin une tentative d’affaiblissement structurel du Hezbollah avant que l’Iran ne retrouve davantage de marge financière et logistique.

«Autrement dit, un accord américano-iranien qui ne limite pas explicitement le Hezbollah pourrait pousser Netanyahu à accélérer la confrontation plutôt qu’à calmer la situation», précise une source régionale.

  • Un élément central : la survie politique de Netanyahu

Il faut aussi tenir compte du contexte intérieur israélien. Le Premier ministre israélien a souvent lié sa crédibilité politique à la sécurité nationale et à la lutte contre l’influence iranienne. Si un accord Washington-Téhéran est perçu en Israël comme trop favorable à l’Iran, Netanyahu pourrait adopter une ligne encore plus dure vis-à-vis du Hezbollah afin de montrer qu’Israël conserve sa liberté d’action militaire, indépendamment de la diplomatie américaine.

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