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Russie : une bombe vise le «boucher de Boutcha», qui échappe à l’attentat

(Rome, 30 avril 2026). Une explosion dans une résidence militaire de l’Extrême-Orient russe visait manifestement le général Azatbek Omurbekov, accusé d’avoir dirigé les troupes impliquées dans le massacre de Boutcha en 2022. L’attentat a toutefois échoué : le général a survécu, tandis qu’un officier subalterne a été tué. Pour l’heure, Moscou n’a pas officiellement désigné de responsable

L’attentat visait Azatbek Omurbekov, le général russe qui dirigea l’occupation de Boutcha, la ville ukrainienne où 400 civils ont été massacrés, était censé être tué. Mais la bombe placée aujourd’hui dans un immeuble résidentiel à Knyaze-Volkonskoye, en Sibérie, a finalement tué un autre officier. Selon des sources proches de l’enquête, l’assaillant a dissimulé l’engin dans une boîte aux lettres entre le premier et le deuxième étage et y a installé une caméra. Cependant, il serait toutefois trompé d’entrée : un subordonné d’Omurbekov a été tué dans l’explosion, tandis que le général est sorti indemne, rapporte Andrea Riccardi dans «Il Tempo».

L’Union européenne a imposé des sanctions à Omurbekov pour son rôle présumé dans le massacre de civils à Boutcha. Depuis le début de la guerre, les services de renseignement ukrainiens ont ciblé des dizaines de hauts responsables russes, accusés d’implication dans des crimes de guerre.

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VChK-OGPU, une chaîne Telegram anonyme, réputée proche des services de sécurité russes, a affirmé mardi soir que l’explosion visait Omurbekov et qu’elle avait tué le lieutenant-colonel Kuzmenko.

Une localité militaire sous haute sécurité

Knyaze-Volkonskoye est une petite localité militaire située à la périphérie de Khabarovsk, dans l’Extrême-Orient russe, près de la frontière chinoise. Contrairement à une ville civile classique, il s’agit d’une communauté de garnison construite autour d’une base militaire : l’accès y est surveillé par des points de contrôle et les non-résidents doivent être munis d’une autorisation pour y entrer.

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L’Ukraine est également soupçonnée d’être derrière une tentative d’assassinat contre le lieutenant-général Vladimir Alekseyev, survenue en février dernier. Alekseyev, qui occupait une fonction centrale au sein des services de renseignement russes, avait été touché par plusieurs balles dans la cage d’escalier de son immeuble par un tireur non identifié, mais il avait survécu à l’attaque.

Le rôle controversé d’Omurbekov à Boutcha

Le profil d’Azatbek Omurbekov faisait de lui une cible de grande valeur pour les services de renseignement ukrainiens. Lors de l’occupation de Boutcha en 2022, il commandait la 64e brigade de fusiliers motorisés de la Garde, une unité d’infanterie d’élite. Les sanctions britanniques l’accusent d’avoir exercé un «commandement direct» sur les troupes impliquées dans le massacre de civils.

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La Russie a nié toute implication de ses troupes dans la mort de civils à Boutcha et, lors d’une cérémonie secrète, Vladimir Poutine a néanmoins décerné à Omurbekov le titre de Héros de la Fédération de Russie, la plus haute distinction du pays. Il a ensuite été affecté au 392e centre régional d’entraînement de district à Knyaze-Volkonskoye.

  • Une guerre qui frappe désormais au cœur du territoire russe

Cette attaque manquée contre Azatbek Omurbekov illustre l’évolution du conflit entre Moscou et Kiev : la guerre ne se limite plus au front ukrainien, elle s’étend désormais jusque dans les zones militaires les plus sécurisées de Russie. En visant des officiers accusés de crimes de guerre, Kiev cherche autant à affaiblir la chaîne de commandement russe qu’à envoyer un message politique et symbolique.

Mais ces opérations clandestines alimentent aussi une spirale de représailles et montrent qu’aucun camp ne semble à l’heure actuelle capable (ni prêt) à sortir de l’escalade.

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