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Iran : missiles et cercueils en défi aux États-Unis et à Israël. Téhéran célèbre sa Révolution islamique

(Rome, 11 février 2026). Téhéran célèbre le 47ᵉ anniversaire de la Révolution islamique en affichant sa force militaire et son défi à l’Occident. Missiles, débris de drones israéliens et cercueils symboliques de soldats américains sont exhibés dans les rues, tandis que les tensions avec les États-Unis et Israël restent vives et que les négociations nucléaires se poursuivent

Un message de défi adressé aux États-Unis et à Israël émane des places de Téhéran le jour même où, à la Maison Blanche, Donald Trump rencontre Benyamin Netanyahu. L’Iran célèbre par une démonstration de force le 47e anniversaire de la Révolution islamique (le 22 Bahman selon le calendrier persan), exhibant des missiles balistiques et de croisière, des débris de drones israéliens abattus et des cercueils symboliques de soldats américains. Un message sans équivoque qui, au milieu des slogans et des drapeaux en flammes, semble destiné principalement à Tel Aviv, tandis que les négociations sur le nucléaire entre Téhéran et Washington se poursuivent et qu’Israël fait pression sur son allié pour qu’il adopte une ligne dure.

À l’occasion de l’anniversaire de la chute du Chah, dont le fils, Reza Pahlavi, était revenu sur le devant de la scène depuis les États-Unis avec des messages adressés aux manifestants durant les semaines de protestations antigouvernementales, «des millions de personnes», selon les médias iraniens, ont défilé dans tout le pays, avec des cortèges organisés dans plus de 1.400 villes, écrit Andrea Riccardi dans le quotidien «Il Tempo».

À Téhéran, dès l’aube, la foule a commencé à se rassembler le long d’itinéraires prédéfinis en direction de la place Azadi, point symbolique de célébrations des commémorations, où étaient exposés des missiles balistiques et de croisière, notamment les missiles Fateh et Fatah 110. «Un message clair de Téhéran adressé à Tel-Aviv», écrit l’agence de presse Mehr, dans un contexte de tensions régionales toujours extrêmement élevées. À côté des missiles, des débris de drones israéliens abattus lors de la guerre des Douze Jours, présentés par Téhéran, étaient exhibés comme des trophées. Une propagande anti-américaine et anti-israélienne virulente n’a pas manqué. Des cercueils symboliques, attribués à des commandants militaires américains, ont défilé lors des marches, tandis que des effigies de Trump et Netanyahu étaient piétinées par la foule. Des banderoles arborant les drapeaux israélien et américain ont été incendiées sur la place Enghelab.

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Parmi la foule ont défilé, entre autres, le chef d’état-major des forces armées iraniennes, le général Seyed Abdolrahim Moussawi, ainsi que le commandant des Gardiens de la révolution (Pasdarans), Mohammad Pakpour. Étaient également présents le président du Parlement, Mohammad Ghalibaf, et le président Massoud Pezeshkian, qui devait prononcer un discours officiel. Ces célébrations interviennent dans un contexte de tensions internes encore marquées par les manifestations qui ont éclaté fin janvier et ont été violemment réprimées par les autorités, faisant des milliers de morts. Téhéran continue de présenter ces manifestations comme le fruit d’une campagne de déstabilisation orchestrée depuis l’étranger, accusant notamment les États-Unis et Israël d’avoir alimenté les troubles et les violences. Le 22e anniversaire du Bahman représente pour la République islamique bien plus qu’une simple commémoration. C’est le moment où Téhéran célèbre la fin de la monarchie pro-occidentale du Chah, Mohammad Reza Pahlavi, et l’avènement de la révolution menée par l’ayatollah Rouhollah Khomeiny. Ce dernier est rentré en Iran le 1er février 1979, après des années d’exil, accueilli par une foule immense dans un pays déjà secoué par les manifestations et l’effondrement de l’appareil politique et sécuritaire. Le Chah avait quitté l’Iran à la mi-janvier, alors que les rues étaient déjà en effervescence et que les forces armées peinaient à contenir la pression populaire. Le moment décisif est survenu le 11 février 1979, lorsque l’armée a proclamé sa neutralité et cessé son soutien à la dictature, marquant ainsi la fin de la dynastie Pahlavi et la naissance de la République islamique. Depuis lors, la révolution est devenue un pilier de l’identité iranienne, célébrée chaque année par des marches de masse, des slogans et des cérémonies mêlant religion, patriotisme et politique étrangère.

Entre manifestations et diplomatie : un message politique clair

Alors que des millions d’Iraniens descendent dans les rues pour célébrer la Révolution islamique, Téhéran adresse un message de force et de défi à l’Occident, mêlant démonstrations militaires et symboles antiaméricains et anti-israéliens. Cette démonstration intervient alors que les négociations sur le nucléaire se poursuivent avec Washington, cherchant à rouvrir le dialogue malgré les tensions régionales. Parallèlement, la rencontre de Benyamin Netanyahu avec Donald Trump à la Maison-Blanche souligne la pression d’Israël sur les États-Unis pour maintenir une ligne dure vis-à-vis de l’Iran, faisant de cette période un moment clé où manifestations populaires et enjeux diplomatiques se croisent, chaque camp mesurant ses forces et ses stratégies.

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