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Emmanuel Macron accueille Ben Salmane. Paris le centre des relations UE-Golfe

(Paris, 27 juillet 2022). Ben Zayed, Al-Sissi, Abbas, Raïssi, Lapid : une série de rencontres à l’Elysée conduisent le président français à s’imposer comme le guide des relations avec la région, suite aux relations étroites que la France entretient depuis des années avec le monde arabe

Après la Grèce, la France : le prince héritier saoudien, Mohammed Ben Salmane, débarque pour la première fois en Europe depuis l’affaire Khashoggi. Riyad tente depuis longtemps de retrouver des relations personnelles (de Ben Salman) avec les dirigeants de l’UE, et la visite de Joe Biden à Djeddah, avec la rencontre en tête-à-tête entre le président démocrate et le prince saoudien, a agi comme un fluidifiant, comme rapporté par Emanuele Rossi dans le quotidien italien «Formiche».

Après avoir signé les accords en Grèce, en premier lieu la pose du câble sous-marin « East to Med data Corridor » – qui sera développé par MENA HUB, propriété de la société saoudienne STC et de la société grecque de télécommunications et d’applications satellitaires TTSA – Ben Salman pense maintenant à Paris, où un «dîner de travail» entre le président français et le prince héritier saoudien est prévu.

Selon la presse française, la dernière rencontre entre le Président français et Mohammed Ben Salmane remonte au mois de décembre. Emmanuel Macron s’était alors rendu en Arabie saoudite pour échanger avec le prince héritier à propos de la « stabilité » au Moyen-Orient et de la situation au Liban. Cette entrevue avait suscité une polémique, Emmanuel Macron étant l’un des premiers dirigeants occidentaux à faire un pas vers le Saoudien depuis plusieurs années. Le locataire de l’Elysée avait justifié ses intentions en jugeant nécessaire de parler à l’Arabie saoudite, « premier pays du Golfe en terme de taille », pour pouvoir « œuvrer à la stabilité de la région », tout en n’étant pas « complaisant » avec l’Arabie Saoudite.

Comme le premier ministre grec, Kiryakos Mitsotakis, le président français, Emmanuel Macron, n’a jamais relâché ses relations avec le prince. Tous deux, l’avaient déjà rencontré l’année dernière – en Arabie Saoudite.

Si la visite grecque marque un intérêt de Riyad au sein de la Méditerranée élargie (notamment dans la dynamique du quadrant oriental, également connecté au marché de l’énergie du fait de la présence de puits égyptiens, israéliens et chypriotes), celle de Paris semble donner à Macron une longueur d’avance dans les relations des Européens avec la région du Golfe.

En l’espace de trois semaines, l’Elysée a d’abord vu défiler le leader émirati, Mohammed Ben Zayed, puis l’Egyptien Abdel Fattah al Sissi, le Palestinien Mohamoud Abbas, puis a eu une conversation téléphonique avec Ebrahim Raïssi, alors que début juillet, le Premier ministre israélien, Yair Lapid, s’était également rendu à Paris. Enfin Ben Salman. La France tente de faire du siège de son président le centre de l’européanisation des relations avec la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA), et peut-être, au-delà des dossiers contraignants comme l’énergie, Macron tente-t-il de prendre les devants sur des dossiers fondamentaux pour l’avenir, comme la construction du partenariat stratégique UE-Golfe.

Selon Anne Gadel, de l’Observatoire MENA de la Fondation Jean Jaurès, Macron sait que toute politique arabe ou moyen-orientale efficace passe par le centre de gravité géopolitique du golfe Persique.

« La France, explique Gadel, entretient des relations étroites avec les dirigeants du golfe arabe depuis des décennies. Par exemple, on a tendance à penser que l’excellente relation avec les Emirats Arabes Unis est due à l’amitié entre Macron et ben Zayed, mais cela reviendrait à ne pas oublier les liens étroits entre Jacques Chirac et Cheikh Zayed ».

L’attention portée par la France au Golfe n’est donc pas nouvelle. « De son côté, poursuit-elle, Macron sait aussi que les principaux enjeux en termes de sécurité et de géopolitique sont concentrés dans la région : approvisionnement énergétique, sécurité régionale et stratégie de pénétration de la Chine ».

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Le timing est particulier : comme déjà mentionné, la visite française des deux principaux acteurs du Golfe intervient quelques jours après le voyage de Biden au Moyen-Orient. Macron essaie-t-il également de capitaliser sur le désengagement partiel américain de la zone MENA ? « Le fait que les pays arabes du Golfe changent de regard sur leur allié traditionnel, dont ils mettent en doute la fiabilité », crée davantage d’espace et d’intérêt pour certains contacts.

« En effet, la politique étrangère de Macron, notamment au Moyen-Orient, peut aussi être analysée à partir d’une logique de mouvements et d’opportunités politiques », explique l’experte. Voir le cas du Liban, où le président français semblait avoir dirigé le destin du pays dont la crise s’est exposée au monde après l’explosion du port de Beyrouth le 4 août 2020. Des opérations qui réussissent en partie, si l’on considère que le Français a été le seul dirigeant occidental à être invité à la Conférence de dialogue international que Bagdad a organisée en septembre 2021.

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Les Français, en revanche, tentent de mettre en place une seconde conférence à Bagdad d’ici la fin de l’année, sur le modèle de la précédente. Cette rencontre avait permis, entre autres, aux représentants iraniens et saoudiens de s’asseoir à la même table pour la première fois, et à partir de là, s’était ouverte à une série de dialogues médiatisés par le gouvernement irakien. L’un des objectifs de l’Elysée est d’éviter une nouvelle escalade dans la région, notamment en cas d’échec des négociations sur le nucléaire iranien (JCPOA). Ce n’est pas un hasard si le gouvernement français avance des idées pour permettre à l’Iran d’exporter du pétrole tout en excluant les sanctions (exploitant le besoin extraordinaire dicté par la perturbation du marché de l’énergie produite par la guerre russe en Ukraine).

« Macron se positionne en leader sur les questions régionales, ce qui le fait apparaître à la tête de certains dossiers liés à l’UE. Celle tendance s’est renforcée sous la présidence française de l’UE, bien que la guerre en Ukraine ait dominé l’agenda. Mais la France a également fait preuve d’un jeu personnel au fil du temps, notamment au Moyen-Orient, grâce à des liens bilatéraux forts avec de nombreux pays de la région, mais aussi au fait que l’UE parle rarement d’une seule voix sur les affaires étrangères », ajoute Gadel.

Ben Zayed, Sissi, Abbas, Raïssi, et recevoir Ben Salman à Paris : un agenda chargé ces derniers jours, qui ne semble certes pas le fruit du hasard. Ce n’est pas ainsi ? « On peut penser que la question de la sécurité régionale (le JCPOA pour le nucléaire iranien, les accords d’Abraham) sera en tête des dossiers sur la table, ainsi que les questions énergétiques, mais sans grand espoir de ce côté-là. Les pays du Golfe sont liés par leurs capacités de production et les décisions du format OPEP+ », conclut l’experte du centre d’études français.

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