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Arrestation d’un Iranien à Londres : alerte pour le 7 octobre, le niveau de sécurité renforcé

(Rome, 02 octobre 2026). À Londres, l’arrestation d’un Iranien, en lien avec l’«incident» de Fairford, fait monter d’un cran la vigilance à l’approche du 7 octobre. Alors que le niveau de vigilance reste élevé dans le pays, les autorités britanniques renforcent leur dispositif de sécurité, sur fond de crainte d’actions ciblées. A Rome, un sommet États-Unis-Italie concernant la menace de l’EI

Dans la nuit du dimanche 27 septembre, cinq ressortissants britanniques ont été arrêtés près de la base militaire de Fairford, en Angleterre.

Mis en cause, Téhéran dément. Washington expulse la délégation iranienne

Malgré l’accusation de terrorisme, les cinq individus ont été remis en liberté le lendemain, sous caution. Les dirigeants américains et britanniques sont tellement convaincus de l’implication de l’Iran que le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a ordonné quelques heures plus tard à la délégation iranienne auprès de l’ONU, conduite par le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, de quitter immédiatement New York et les États-Unis. Hier, Téhéran a rappelé l’ambassadeur britannique, rejetant les accusations de tentative d’attentat sur le sol anglais. Pourtant, hier soir, un homme de 27 ans possédant la double nationalité britannique et iranienne a été arrêté à Londres, accusé d’avoir «préparé des actes terroristes en lien avec l’incident survenu à la base de la RAF de Fairford». Un second homme, un ressortissant britannique de 26 ans, a été interrogé et deux propriétés ont été perquisitionnées, écrit Susanna Novelli dans le quotidien italien «Il Tempo».

Les arrestations récentes au Royaume-Uni, dont celle d’un ressortissant iranien, interviennent à quelques jours du 7 octobre, date particulièrement sensible depuis les attaques du 7 octobre 2023. «Si les autorités ne font pas, à ce stade, état d’un lien établi entre ces interpellations et un projet d’action à cette échéance, leur proximité dans le temps alimente les interrogations sur le niveau de menace», estiment plusieurs analystes interrogés sur ce sujet.

Quarante-huit heures plus tard, un avion de la compagnie émiratie FlyDubai, assurant la liaison Dubaï-Tel-Aviv, a été détourné. L’attentat islamiste a pu être déjoué grâce à l’intervention héroïque du commandant de bord et des passagers. Deux événements choc qui imposent des mesures exceptionnelles face au risque d’une nouvelle vague d’attentats, semblable à celle qu’a connue l’Europe au début des années 2000.

L’anniversaire du 7 octobre comme nouveau 11-Septembre

À l’époque, le tournant décisif avait été le 11 septembre 2001. Aujourd’hui, c’est le 7 octobre 2023. C’est précisément à la veille de l’anniversaire tragique du plus grand massacre de Juifs depuis la Shoah que le ministère de l’Intérieur italien a réuni le comité pour l’ordre et la sécurité publique, en présence des hauts responsables des forces de police et des services de renseignement, afin de renforcer le contrôle du territoire, notamment en vue des manifestations prévues pour ce même 7 octobre.

Entre «Flydubai» et le souvenir d’Ahmad Chah Massoud : des dates qui interrogent

L’épisode «Flydubai» intervient lui aussi dans une séquence calendaire qui attire l’attention : à quelques jours du 7 octobre, à l’instar des événements de septembre 2001 s’étaient inscrits dans les jours précédant le 11-Septembre. Une proximité de dates qui renvoie inévitablement à un précédent historique : l’assassinat du Commandant Ahmad Chah Massoud, le 9 septembre 2001, soit deux jours avant les attentats du 11 septembre.

Rappelons que le Commandant Massoud, figure majeure de la résistance afghane aux talibans, avait été assassiné lors d’un attentat-suicide perpétré par deux membres d’Al-Qaïda se faisant passer pour des journalistes, à bord d’un hélicoptère. Le 9 septembre 2001, leur attaque précédait de seulement quarante-huit heures les attentats du 11 septembre aux États-Unis.

Une coalition antiterroriste relancée par Rome et Washington

La chronologie interpelle également à Rome : une réunion de la Coalition mondiale contre Daech, coprésidée par l’Italie et les États-Unis, s’est tenue au ministère des Affaires étrangères (la Farnesina) ; elle visait, selon le communiqué, à «relancer l’action de la communauté internationale dans la lutte contre la menace terroriste de l’EI».

Cette réunion intervient dans une séquence sécuritaire particulièrement chargée : arrestations au Royaume-Uni, affaire «Flydubai» et inquiétudes autour d’éventuelles menaces à l’approche du 7 octobre. «À ce stade», nous explique un observateur italien bien au fait, «aucun élément public ne permet cependant d’établir que ces différents événements relèvent d’une même opération ou d’une même menace».

La menace hybride russe s’étend vers le sud

L’alerte est donc maximale. Cette situation est exacerbée par l’escalade de la guerre hybride que Moscou mène sur le flanc Est de l’Europe mais qui, comme l’ont révélé plusieurs dossiers des services de renseignement internationaux, pourrait également s’étendre au Sud. C’est ce qu’a rappelé le chef d’état-major, le général Luciano Portolano, entendu hier aux côtés du ministre de la Défense, Guido Crosetto, au sujet de la proposition de loi visant à «renforcer la défense italienne».

Pour les analystes, la question est donc moins celle d’un hypothétique déplacement de la menace russe «vers le Sud» que celle d’une extension géographique des méthodes de déstabilisation. Sabotage, cyberattaques, manipulation de l’information ou recrutement de relais peuvent frapper loin du front oriental. Dans un tel environnement, le risque terroriste et la menace hybride peuvent se superposer, sans pour autant relever des mêmes acteurs ni des mêmes logiques.

Des «loups solitaires» toujours plus nombreux

Un contexte complexe, donc, où la préparation organisée d’éventuels attentats de masse côtoie, et voit même s’intensifier, la menace d’actions individuelles isolées : celles de ces «loups solitaires» qui vivent dans l’ombre et sont particulièrement nombreux. Et puisqu’il faut le reconnaître, pour le meilleur comme pour le pire, tout part très souvent des États-Unis : les propos tenus hier par le président Donald Trump suscitent une vive inquiétude : interrogé sur la possibilité de recourir à l’«Insurrection Act» ou de proclamer l’état d’urgence nationale pour déployer les forces armées ou fédérales, il a répondu par «je ne l’exclus pas».

Par Paolo S. (Roma)

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