Le ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani, annonce un nouveau financement destiné à soutenir les villages chrétiens du sud du Liban, dans un contexte marqué par les difficultés économiques et les tensions persistantes dans la région
«Nous avons fait le point sur la situation avec le ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, sur ce que l’Italie peut faire et sur l’importance de notre engagement en faveur de la paix au Liban», a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani, aux journalistes en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York.
«Comme vous le savez, il y a la mission militaire des Nations Unies au Liban (FINUL), mais aussi une mission militaire italienne bilatérale», a ajouté le locataire de la Farnesina. «Au cours de cette réunion, j’ai décidé d’octroyer des fonds supplémentaires à la Coopération internationale afin de soutenir les programmes des villages chrétiens du Sud-Liban, qui ne doivent pas être abandonnés. Ces villages traversent actuellement des moments difficiles en raison du conflit en cours et, en accord avec le ministre Youssef Raggi, nous avons décidé d’entamer toutes les procédures nécessaires pour leur apporter un soutien financier et appuyer les projets, afin que ces villages puissent continuer à être habités et ne soient pas abandonnés», a-t-il poursuivi.
«Aujourd’hui, nous avons décidé de franchir une nouvelle étape en faveur de l’intégrité territoriale du Liban. Nous avons donc abordé cette question. Je le réaffirmerai lors de mon discours cet après-midi», a conclu Antonio Tajani.
Une «réapparition» à l’ONU après plusieurs mois en retrait
La présence du ministre Joe Raggi à l’ONU peut être interprétée comme un signe de son retour au premier plan sur la scène diplomatique. Il convient de rappeler que ces derniers mois, cependant, son rôle aurait été davantage en retrait, dans un contexte de tensions et de rapports de force autour du palais présidentiel.
Selon cette optique, des pressions politiques exercées depuis le camp chiite auraient contribué à limiter sa marge de manœuvre, notamment par l’intermédiaire d’un «conseiller» du président Joseph Aoun. Cette situation aurait alimenté les interrogations sur la capacité du chef de la diplomatie libanaise à conduire pleinement son action diplomatique, notamment lors des pourparlers de paix avec Israël.
Des interrogations sur le rôle du palais présidentiel et de son entourage
Cette situation a également nourri des interrogations sur le fonctionnement du palais présidentiel et sur l’influence exercée par certains membres de l’entourage du président Joseph Aoun.
Dans les milieux politiques et médiatiques, des voix ont en effet évoqué l’influence de personnalités proches du Hezbollah autour du président.
La question est d’autant plus sensible que l’exclusion du ministre des Affaires étrangères de certaines discussions internationales pouvait être interprétée comme le signe d’un déplacement du centre de décision diplomatique, au-delà des institutions normalement chargées de conduire la politique étrangère du pays.
Washington, Rome, puis New York : le retour du ministre sur la scène internationale
La présence du ministre à l’ONU apparaît donc comme davantage qu’une simple participation à une échéance diplomatique internationale. Elle intervient après une période durant laquelle son absence de certaines négociations (notamment à Washington et à Rome) avait suscité des interrogations de plus d’un.
Son retour au premier plan pourrait ainsi être perçu comme un réajustement institutionnel, rappelant que les dossiers de politique étrangère doivent normalement être conduits avec la participation pleine et entière du vrai chef de la diplomatie (et non d’un journaliste ou autre).
L’intervention du leader souverainiste Samir Geagea : un rappel à l’ordre politique ?
C’est dans ce contexte qu’intervient la prise de position de Samir Geagea : lors de la cérémonie organisée au siège du parti des Forces libanaises à Meerab, à l’occasion d’une messe commémorant les martyrs de la Résistance, Samir Geagea a choisi de réaffirmer publiquement son poids politique. La formule «Moi, c’est Samir Geagea», prononcée à cette occasion, prend ainsi une portée particulière. Elle apparaît comme une manière de rappeler son propre poids dans les équilibres politiques du pays, mais aussi de signifier qu’aucune recomposition autour de la présidence ne peut faire abstraction de son rôle et de celui de son parti.
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Dans cette séquence, l’intervention de Geagea peut être mise en parallèle avec la mise à l’écart, ces derniers mois, du ministre des Affaires étrangères de certaines discussions internationales. Elle intervient alors que la non-participation du chef de la diplomatie aux dossiers relevant de son portefeuille avait suscité des interrogations, notamment après son absence des pourparlers tenus à Washington et à Rome.
Au-delà de la formule, cette intervention peut être considérée comme une volonté de réaffirmer les équilibres politiques issus de la nouvelle configuration libanaise et de rappeler qu’aucune composante du pouvoir ne peut, à elle seule, imposer ses propres règles du jeu.
Cette séquence aurait ainsi contribué à rééquilibrer le rapport de forces autour de la présidence, permettant au chef de la diplomatie de retrouver une visibilité plus conforme à sa fonction.