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Ormuz : Washington et Téhéran proches d’un accord. Quels effets pour les pétroliers ? L’Europe pourrait participer au déminage du détroit

(Rome, 04 août 2026). Après des mois de tensions, un accord entre Washington et Téhéran sur la sécurisation du détroit d’Ormuz semble à portée de main. Il ouvrirait la voie à une reprise progressive du trafic maritime, tandis que Téhéran sollicite l’expertise européenne pour déminer cette artère vitale du commerce mondial, bouleversant les conditions de navigation des pétroliers et des navires marchands. Le Qatar et Oman travaillent sur les projets finaux : des couloirs de sécurité pour le trafic commercial sont envisagés, alors que les prix du pétrole chutent

Une lueur d’espoir pour le détroit d’Ormuz

Une fenêtre d’opportunité s’ouvre pour le détroit d’Ormuz. Les États-Unis et l’Iran pourraient parvenir, d’ici quelques heures, à un accord tant attendu sur sa réouverture, incluant des garanties concernant la liberté de transit pour les navires commerciaux, y compris les pétroliers.

L’annonce surprise du secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, faite peu avant l’ouverture de Wall Street, a provoqué une chute de plus de 5 % des prix du pétrole brut et a par la suite poussé les indices boursiers américains vers de nouveaux records historiques, rapporte le quotidien «Il Giornale». «Nous sommes en négociation avec les Iraniens. Il est possible de parvenir à un accord aujourd’hui ou demain pour rouvrir le détroit et évoluer vers une situation plus normalisée dans ce conflit», a déclaré Bessent lors d’une interview sur CNBC, excluant l’idée d’un péage. «Il s’agirait de garantir la liberté de transit. Bien que la situation dans la zone ait été plutôt incertaine, nous avons vu plusieurs navires quitter la zone, y compris ces derniers jours», a-t-il ajouté.

Élaboration de l’accord et médiation du Golfe

Ces derniers développements, accompagnés de l’espoir d’une véritable percée, surviennent dans le sillage d’une nouvelle sortie du président Donald Trump contre Téhéran, accusé cette fois de «duplicité» en raison du déni des négociations en cours, alors que le magnat affirmait qu’elles avaient déjà débuté.

C’est précisément cette voie de la négociation, prônée par les alliés du Golfe et les médiateurs, qui a incité le président à suspendre, ce week-end, une nouvelle série de frappes militaires lourdes contre les Gardiens de la révolution.

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Le Qatar et Oman sont les principaux acteurs orchestrant ces contacts indirects. Le porte-parole du ministère qatarien des Affaires étrangères, Majed al-Ansari, a indiqué que les parties avaient déjà échangé des projets d’accord et qu’elles s’efforçaient actuellement d’en ajuster les détails.

Un rôle clé pour les monarchies du Golfe

Le rôle central des monarchies du Golfe a été souligné lors d’un entretien téléphonique entre Donald Trump et l’émir du Qatar, Tamim ben Hamad Al-Thani. La conversation a porté sur les récents développements régionaux et sur les efforts visant à apaiser les tensions entre les États-Unis et l’Iran, ainsi que sur les tentatives de rapprocher leurs positions respectives.

Selon le bureau de l’Émir, Trump a salué, lors de cet entretien, le rôle de Doha dans le soutien aux efforts diplomatiques et la facilitation du dialogue. De son côté, Al-Thani a souligné la nécessité de poursuivre le dialogue et de veiller à ce que toutes les parties respectent le protocole d’accord signé par les États-Unis et l’Iran à la mi-juin.

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Le Qatar avait précédemment confirmé que des efforts visant une solution diplomatique au conflit étaient en cours, tout en précisant qu’aucune discussion directe n’était prévue entre Washington et Téhéran.

Confusion diplomatique et attaque près des côtes omanaises

La confusion diplomatique a été accentuée par une attaque contre un navire marchand près de la côte omanaise du détroit, signalée par le Centre des opérations commerciales maritimes du Royaume-Uni (UKMTO), un organisme géré par la marine britannique qui œuvre à la protection du trafic maritime dans les zones à haut risque.

«Ils demandent une réunion, certains diraient qu’ils ‘supplient’», a lancé Trump sur Truth. «Des discussions ont commencé, d’autres sont prévues prochainement, et pourtant, ils affirment ouvertement et fièrement qu’ils ne négocient pas, qu’ils ne discutent de rien et qu’ils ne traitent qu’avec Oman», a ajouté Trump, exprimant sa frustration croissante face à une situation de plus en plus complexe.

Le secrétaire d’État Marco Rubio a quant à lui tenté de clarifier la situation, reconnaissant les nombreuses variables en jeu : «Un dialogue est en cours entre Oman et l’Iran sur la manière de permettre à davantage de navires de transiter en toute sécurité par le détroit à court terme, alors que nous avançons vers des négociations nucléaires à long terme. Des progrès ont été réalisés, bien qu’un accord définitif n’ait pas encore été conclu. Nous sommes convaincus qu’il sera finalisé très prochainement». Rubio a assuré que «les navires transitent par le détroit et le pétrole circule. Le détroit est ouvert».

Les négociations indirectes et les couloirs sécurisés

Un contact direct est donc maintenu entre Oman et l’Iran. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, a expliqué que les discussions visent à garantir la sécurité du trafic à travers le détroit d’Ormuz, en se concentrant spécifiquement sur la désignation de couloirs de navigation sécurisés pour les navires entrant et sortant du détroit.

Selon Baghaei, les négociations ont été «perçues positivement tant sur le plan technique que politique», alors que Téhéran travaille à l’élaboration des mécanismes nécessaires à la gestion du trafic maritime.

Parmi les options envisagées figure la possibilité pour l’Iran d’autoriser certains pays européens à intervenir pour déminer le détroit. Cette ouverture, si elle était confirmée, constituerait un signal concret en faveur de la normalisation de la navigation et permettrait à l’Europe d’apporter une contribution opérationnelle à la sécurisation de l’un des passages maritimes les plus stratégiques au monde.

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Tensions internes en Iran

Sur le plan intérieur iranien, le président Massoud Pezeshkian a démenti les rumeurs sur sa démission qui circulaient suite à des désaccords avec l’aile dure du régime. «Nous sommes en pleine coordination avec les forces armées. Je ne démissionnerai pas et je maintiendrai ma position», a déclaré Pezeshkian. Ces rumeurs ont été propagées par Mohammad-Bagher Kharrazi, un haut dignitaire religieux proche de la famille du Guide suprême, qui affirmait que le président avait menacé à plusieurs reprises de quitter ses fonctions.

Le blocus naval et l’escalade en mer Rouge

Le blocus naval anti-iranien imposé par le CENTCOM se poursuit. «Le 4 août, les forces américaines ont détourné 45 navires commerciaux, immobilisé deux et en arraisonné deux autres», a rapporté le commandement américain. Les Gardiens de la révolution iraniens ont menacé d’une intervention militaire en réaction à ces opérations.

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Les Houthis, alliés de l’Iran au Yémen, ont également revendiqué l’attaque contre l’aéroport saoudien de Najran, qu’ils ont qualifié de «cible sensible» et qu’ils ont frappé par drone en représailles à une prétendue violation de l’espace aérien yéménite par l’Arabie saoudite. Selon les rebelles chiites, Riyad a utilisé des drones pour attaquer deux gouvernorats yéménites sous leur contrôle.

Attaque en mer Rouge : un cargo indien coulé

Les tensions se sont encore exacerbées avec l’attaque du MSV Faize Noore Oliya, un cargo battant pavillon indien, frappé en mer Rouge, près des côtes yéménites. Le navire a coulé dans ce que New Delhi a qualifié d’«attaque non provoquée», et tous les marins ont été secourus.

Le ministère yéménite des Transports, représentant le gouvernement internationalement reconnu et soutenu par l’Arabie saoudite, a condamné l’opération menée par les Houthis, attribuant à ce groupe pro-iranien la responsabilité de cette attaque.

Une recomposition stratégique aux conséquences régionales

Si cet accord est effectivement conclu et mis en œuvre, il marquerait un tournant géopolitique majeur au Moyen-Orient. Sur le plan politique intérieur américain, il pourrait être présenté par Donald Trump comme un succès diplomatique majeur à l’approche des élections de mi-mandat, renforçant son discours selon lequel sa stratégie de pression maximale a contraint Téhéran à revoir ses positions.

Du côté iranien, de nombreux observateurs pourraient interpréter un tel compromis comme un recul significatif du régime des ayatollahs, après des années de confrontation avec Washington. Cette évolution serait également susceptible d’affaiblir la marge de manœuvre de plusieurs groupes armés mandataires de l’Iran dans la région, même si l’ampleur de cet impact dépendrait des termes précis de l’accord et de sa mise en application.

Dans ce contexte, les discussions menées à Rome entre le Liban et Israël pourraient bénéficier d’un climat diplomatique plus favorable.

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Selon un analyste italien proche du dossier, «un affaiblissement de l’appui iranien au Hezbollah pourrait accentuer les pressions, tant internes qu’internationales, en faveur de la mise en œuvre des dispositions appelant au monopole des armes par l’État libanais».

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