L'actualité du Proche et Moyen-Orient et Afrique du Nord

Mojtaba Khamenei menace Trump de mort ; Macron, Meloni et les dirigeants de l’UE dans son viseur

(Rome, 13 juillet 2026). L’ayatollah Khamenei : «la vengeance pour mon père viendra». Alors que les tensions entre les États-Unis et l’Iran franchissent un nouveau seuil, Donald Trump et le nouveau Guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, multiplient les déclarations menaçantes. En parallèle, un quotidien proche du pouvoir à Téhéran a publié une «liste noire» visant plusieurs dirigeants occidentaux, dont Emmanuel Macron, Giorgia Meloni, Keir Starmer et Friedrich Merz, alimentant ainsi un climat de confrontation déjà exacerbé par les récents affrontements dans le détroit d’Ormuz

Les menaces s’intensifient entre Washington et Téhéran

La guerre des mots entre Washington et Téhéran s’est accentuée ce week-end, sur fond de menaces de nouvelles attaques de la part de Donald Trump et d’un avertissement de Mojtaba Khamenei. Ce dernier a juré de venger la mort de son père, alors qu’un journal iranien publiait une «liste noire» incluant la Première ministre Giorgia Meloni, écrit Valeria Robecco dans le quotidien «Il Giornale».

Trump brandit la menace d’une riposte militaire

Vendredi, le président américain avait déjà accusé l’Iran de comploter pour l’assassiner ; Il a renoué avec une rhétorique belliqueuse, promettant une fois de plus d’anéantir le pays en cas de passage à l’acte. «Des ordres ont déjà été donnés, et l’armée américaine est prête, déterminée et capable (pour une période renouvelable d’un an) de décimer et de détruire totalement toutes les régions d’Iran», a écrit le magnat sur son réseau Truth. «Un millier de missiles sont prêts à être lancés et visent la République islamique, et des milliers d’autres sont prêts à suivre immédiatement si le gouvernement iranien mettait à exécution sa menace d’assassiner, ou de tenter d’assassiner, le président américain en exercice (en l’occurrence, moi)», a-t-il ajouté.

Mojtaba Khamenei promet une vengeance «inévitable»

De son côté, le Guide suprême de l’Iran, dans son premier message depuis les funérailles de son père, l’ayatollah Ali Khamenei, tué lors d’un raid américano-israélien le 28 février, a souligné que «la vengeance est inévitable» à l’encontre des responsables de sa mort. Il a déclaré que les «criminels» impliqués «ne mourront pas paisiblement dans leur lit» et qu’un règlement de comptes aura lieu, avec ou sans l’implication directe des autorités de Téhéran. «Je dis à notre dirigeant martyr que nous jurons de venger son sang pur, ainsi que celui de tous les martyrs de ces deux guerres, versé par des assassins criminels et déshonorants», a écrit Khamenei (nommé nouveau Guide suprême en mars mais n’étant jamais apparu en public depuis).

Une «liste noire» publiée par un quotidien iranien

«Cette vengeance est la volonté de notre nation et doit inévitablement être accomplie» : Le journal «Hamshahri», propriété de la municipalité de Téhéran, a publié une sorte de «liste noire» présentant les photos des personnes considérées comme responsables de la mort d’Ali Khamenei. Cette liste inclut naturellement Trump et le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, représentés avec une cible sur le front, mais aussi la Présidente du Conseil italien Giorgia Meloni, le Premier ministre britannique Keir Starmer, le Président français Emmanuel Macron, le Chancelier allemand Friedrich Merz, le Secrétaire d’État américain Marco Rubio et le chef du Pentagone Pete Hegseth, tous vêtus de la combinaison orange de détenus.

Une crise alimentée par les récents affrontements

Cette escalade rhétorique fait suite à un échange d’attaques, survenu ces derniers jours et depuis lors interrompues : les États-Unis ont frappé pendant deux nuits consécutives à partir de mardi, après avoir tenu Téhéran pour responsable d’attaques contre trois navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz. Selon le ministère iranien de la Santé, 17 Iraniens ont été tués et 115 autres blessés. Parallèlement, des responsables américains ont déclaré à CBS News que l’Iran avait admis qu’un «groupe d’extrémistes incontrôlés» était à l’origine de la tentative de saboter les négociations de paix et la trêve en frappant des navires marchands à Ormuz et en provoquant une riposte américaine.

Au-delà des déclarations martiales, c’est la question de la sécurité du détroit d’Ormuz qui apparaît comme le principal point d’achoppement de la trêve. «En l’absence d’un mécanisme clair de contrôle et d’attribution des responsabilités, chaque incident est devenu un sujet de confrontation», estiment plusieurs experts.

«Ils (les Iraniens) sont revenus à la table des négociations en disant, « nous avions tort, nous avons commis une erreur. Continuons à discuter »», ont rapporté ces sources. Toutefois, les États-Unis exigent que la République islamique déclare publiquement que le détroit est ouvert à la navigation et s’engage à cesser toute attaque contre les navires marchands.

Le détroit d’Ormuz, au cœur des ambiguïtés

Plusieurs analyses convergent sur un autre point important : l’absence de dispositions suffisamment claires (article 5) concernant la sécurité et la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, ainsi que les mécanismes de vérification et d’attribution des responsabilités en cas d’incident. Cette lacune est aujourd’hui largement présentée comme l’un des principaux facteurs de fragilité de la trêve.

Une source occidentale affirme à ce stade, qu’il s’agit plutôt des modalités de gestion du détroit d’Ormuz : qui garantit la sécurité des navires, qui contrôle les transits, qui enquête sur les attaques et quelles sont les conséquences d’une violation. Ces questions n’ont pas été suffisamment tranchées et ont favorisé les accusations croisées après les incidents maritimes.

Selon les dernières informations, l’Iran déclare renoncer à respecter le protocole d’accord si les États-Unis ne tiennent pas leurs engagements. Téhéran a averti qu’il ne se considérerait plus lié au protocole d’accord conclu en juin avec Washington si ce dernier ne respectait pas ses engagements pris en vue de mettre fin à la guerre. «Chaque fois que l’autre partie a manqué à ses obligations, nous n’avons pas respecté les nôtres. Nous continuerons d’agir de la même manière», a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Esmaïl Baghaei lors d’une conférence de presse tenue à Téhéran, après la reprise des hostilités entre les deux pays.

Recevez notre newsletter et les alertes de Mena News


À lire sur le même thème