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Au sommet de l’OTAN, Erdogan offre des pistolets, un cadeau qui laisse les dirigeants perplexes

(Rome, 10 juillet 2026). À l’issue du sommet de l’OTAN organisé à Ankara, le président turc Recep Tayyip Erdogan a offert à chacun des leaders présents un revolver 357 Magnum fabriqué en Turquie. Un cadeau protocolaire pour le moins inhabituel, qui a suscité surprise, embarras et interrogations, chaque pays étant contraint de décider du sort de cette arme en fonction de sa propre législation ; certains n’ont réalisé de quoi il s’agissait qu’une fois rentrés chez eux

Un cadeau pour le moins inattendu

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a offert un pistolet à chaque dirigeant présent au sommet de l’OTAN à Ankara. Ce cadeau pour le moins insolite a suscité de nombreuses réactions, chaque pays devant décider de la manière de gérer cette arme conformément à sa propre législation. Certains dirigeants n’ont même découvert la nature du cadeau qu’une fois rentrés chez eux. L’histoire circule dans plusieurs pays, accompagnée de détails en coulisses et d’explications fournies par les personnes concernées ou par les médias, rapporte le média «Adnkronos».

L’Italie suit la procédure officielle

La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a rapporté l’arme en Italie. Selon des sources gouvernementales, la procédure a suivi les protocoles habituels : le pistolet a été confié au personnel habilité à manipuler des armes à feu et, au retour en Italie, des démarches ont été engagées pour déclarer officiellement sa détention. L’arme a ensuite été enregistrée au Palazzo Chigi (comme c’est le cas pour tous les cadeaux protocolaires reçus par un Premier ministre) et placée sous la gestion de la présidence, répertoriée au même titre que tout autre cadeau officiel. Dans ce cas également, son transport a été rendu possible grâce à un document délivré par les autorités turques autorisant sa sortie du territoire.

Le cas français reste entouré de discrétion

L’Élysée n’a pas communiqué sur le sort réservé au revolver personnalisé remis au Président Emmanuel Macron, n’a pas précisé si l’arme a été rapportée en France, laissée en Turquie ou confiée aux services diplomatiques, contrairement à plusieurs autres délégations qui ont détaillé les procédures retenues.

Un revolver turc des années 1990

Le président lituanien Gitanas Nauseda a partagé des images du cadeau : un pistolet Gumusay 357 Magnum, un modèle rare à six coups fabriqué par l’entreprise turque MKE dans les années 1990. Présentée dans un coffret en bois orné du drapeau turc et le logo de l’OTAN, l’arme était accompagnée de l’inscription, en turc et en anglais : «Gumusay, le premier revolver produit dans notre pays».

Le Premier ministre hongrois, Peter Magyar, a partagé une photo de ce cadeau attentionné sur la plateforme X : «Un cadeau insolite du président Erdogan lors du sommet de l’OTAN : un revolver Magnum avec ses munitions, gravé à mon nom… ».

Keir Starmer refuse de l’importer

Lors du vol de retour à Londres, le Premier ministre britannique Keir Starmer a expliqué qu’Erdogan avait joint au cadeau une note dispensant les armes des contrôles douaniers turcs à l’exportation. Toutefois, Starmer a choisi de laisser le pistolet en Turquie, estimant que son importation au Royaume-Uni aurait été contraire à la législation.

Le président slovaque Peter Pellegrini, comme le montrent des vidéos sur les réseaux sociaux, a ouvert le coffret et présenté l’arme aux journalistes durant le vol de retour.

Chaque pays applique ses propres règles

En Belgique, le Premier ministre belge, Bart De Wever, ne se serait rendu compte qu’il avait reçu un pistolet qu’une fois de retour à Bruxelles ; l’arme a été remise à la police.

En Pologne, un collaborateur du président polonais Karol Nawrocki a expliqué à la radio RMF FM qu’après avoir obtenu l’autorisation des douanes de Varsovie, le pistolet serait conservé dans un lieu sécurisé : «Personne ne s’en servira pour tirer».

Les Pays-Bas et la Suède ont apparemment opté pour une autre solution : pour l’heure, les cadeaux ont été confiés à leurs ambassades respectives à Ankara.

Des musées comme destination finale

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, remettra très probablement le pistolet à un musée militaire.

En Grèce, l’arme sera exposée au Musée de la guerre d’Athènes.

Au Canada, le Premier ministre Mark Carney a commenté la situation avec une pointe d’humour : «Mon cadeau, du sirop d’érable, semblait bien modeste… ». Lors de son séjour à Ankara, M. Carney ne s’était pas aperçu qu’il avait reçu une arme : «Je tiens à rassurer les Canadiens : je préfère garder les armes loin de moi», a-t-il dit. Le pistolet 357 devrait lui aussi rejoindre les collections d’un musée.

Un cadeau qui fera date… et sourire

Au-delà des contraintes administratives et des questions de sécurité, c’est surtout l’étonnement qui domine. Plusieurs dirigeants ont préféré désamorcer la polémique par l’humour, à l’image du Premier ministre canadien Mark Carney, qui a plaisanté en estimant que son cadeau (une bouteille de sirop d’érable) paraissait soudain «bien modeste» face au revolver offert par son homologue turc.

Une chose est sûre et mérite d’être mentionnée : jamais, dans l’histoire de l’Alliance atlantique, un sommet de l’OTAN ne s’était achevé par la distribution de revolvers aux chefs d’État et de gouvernement, ce qui semble constituer une première dans l’histoire de l’Alliance atlantique. Qu’elles soient désormais conservées dans des musées, des collections officielles ou des dépôts sécurisés, ces armes resteront sans doute comme l’un des cadeaux protocolaires les plus insolites jamais offerts lors d’une rencontre internationale.

Sur les réseaux sociaux, les plaisanteries se sont multipliées. Des humoristes ont eux aussi saisi l’occasion, résumant l’affaire d’une formule qui a fait mouche : «Chacun offre le cadeau qui raconte son histoire et son éducation». Une remarque ironique qui souligne à quel point un cadeau diplomatique peut aussi être perçu comme le reflet de la culture et des symboles du pays qui l’offre.

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