(Rome, 16 juin 2026). L’Iran précise que l’entrée en vigueur du mémorandum conclu avec Washington est conditionnée à une cessation des hostilités, y compris au Liban. Téhéran et Washington doivent ouvrir un nouveau cycle de négociations en Suisse, tandis que Donald Trump réaffirme sa ligne rouge : empêcher l’Iran d’accéder à l’arme nucléaire
L’Iran lie l’accord avec les Etats-Unis à une fin des combats au Liban
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que la fin de la guerre d’Israël contre le Liban était «le point le plus important» de l’accord conclu avec les États-Unis.
S’adressant aux diplomates à Téhéran, il a averti que toute attaque israélienne contre Beyrouth constituerait une violation de l’accord. «Le point essentiel que je tiens à souligner est que, selon nous, ce mémorandum comporte deux volets : d’un côté, les États-Unis et Israël, et de l’autre, l’Iran et le Hezbollah», a déclaré Araghchi. Selon lui, l’élément central du texte est «la déclaration d’une fin immédiate et permanente de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban».
D’après le chef de la diplomatie iranienne, Téhéran et Washington ouvriront un nouveau cycle de négociations vendredi en Suisse, écrit Andrea Riccardi dans le journal italien «Il Tempo».
En réponse aux déclarations d’Abbas Araghchi, les dernières informations en provenance du Liban font état de survols à basse altitude de la banlieue sud de Beyrouth par des drones israéliens. Un développement qui pourrait être interprété comme le signe que Benyamin Netanyahu ne souhaite pas, à ce stade, se conformer aux attentes américaines et iraniennes en faveur d’un arrêt des hostilités sur le front libanais.
Des négociations conduites à Genève
Les discussions à Genève seront menées par le négociateur en chef Mohammad-Bagher Ghalibaf. C’est lui qui signera l’accord avec les États-Unis, représentés par le vice-président J.D. Vance.
Araghchi a également précisé que le mémorandum d’entente entrera officiellement en vigueur vendredi. Le vice-ministre des Affaires étrangères, Majid Takht-Ravanchi, a déclaré que les négociations entre les États-Unis et l’Iran débuteront immédiatement après la signature du mémorandum. Si la Suisse accueillera la signature de l’accord, le lieu des négociations ultérieures reste encore indéterminé.
Un accord provisoire centré sur le détroit d’Ormuz
L’accord provisoire qui vient d’être conclu, engage les deux parties à poursuivre les pourparlers, obligeant Washington à lever son blocus naval contre l’Iran et contraignant Téhéran à garantir la libre circulation de tous les navires dans le détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique par lequel transite environ un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz liquéfié, mais bloqué par l’Iran au début du conflit. Pour le ministre iranien des Affaires étrangères, le premier cycle de négociations avec les États-Unis porterait sur des questions telles que le détroit d’Ormuz, le blocus naval américain et la reconstruction.
Donald Trump maintient la pression sur le dossier nucléaire
«Ce sera le chaos» en Iran si la République islamique se dote de l’arme nucléaire», tel est le dernier avertissement du président américain Donald Trump. S’exprimant lors d’un échange avec l’émir du Qatar en marge du sommet du G7 qui se tient actuellement à Évian, en France, Traump réaffirme que «la seule chose qui compte vraiment pour moi, c’est que l’Iran ne possède jamais l’arme nucléaire».
Une désescalade encore loin d’être respectée
Malgré l’annonce d’un cadre d’accord entre Téhéran et Washington, les derniers développements sur le terrain montrent que le front libanais demeure un point de friction majeur dans toute tentative de stabilisation régionale. Les survols signalés depuis peu au-dessus de la banlieue sud de Beyrouth et la poursuite des opérations israéliennes traduisent l’écart persistant entre la dynamique diplomatique et la réalité militaire.
Selon plusieurs experts consultés, «le Liban reste le principal test de crédibilité du futur dialogue irano-américain : sans apaisement durable sur ce théâtre, l’accord annoncé risque de demeurer davantage un cadre politique qu’un véritable tournant régional».
Beyrouth sous pression entre ouverture diplomatique et fracture intérieure
Les autorités libanaises apparaissent aujourd’hui dans une position particulièrement délicate, prises entre les attentes américaines et les équilibres politiques internes. L’ouverture de discussions avec Israël en vue d’un éventuel cadre de paix place l’exécutif face à un choix à haut risque, dans un pays où toute évolution sur ce dossier demeure profondément sensible.
Selon les mêmes experts, cette séquence est vivement contestée par le Hezbollah et ses rares soutiens politiques et populaires, qui dénoncent une démarche perçue comme un alignement sur les priorités de Washington. Pour les autorités libanaises, l’enjeu est désormais d’éviter qu’une initiative diplomatique présentée comme une sortie de crise ne se transforme en facteur supplémentaire de division et d’instabilité intérieure.
Par Paolo S.