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La menace iranienne est «sous-estimée», alertent les services de renseignements allemands

(Rome, 07 mai 2026). Les services de renseignement allemands estiment que la menace liée à l’Iran est plus sérieuse que ce que les autorités ont, jusqu’ici, admis publiquement. Entre risques d’attaques, ciblage des dissidents iraniens et tensions autour des institutions juives, les enquêteurs s’inquiètent également de liens croissants avec la criminalité organisée

Selon les services de renseignement allemands, le risque d’attentats liés à l’Iran en Allemagne est plus grave que ce que le gouvernement a, jusqu’à présent, publiquement reconnu. D’après les informations disponibles, les responsables des services de sécurité auraient exhorté les dirigeants politiques à émettre des avertissements publics plus fermes concernant cette menace, dont les preuves se multiplient et qui pourrait également viser les dissidents iraniens présents dans le pays, comme le rapporte le journal «Il Tempo».

Attaque contre un restaurant israélien à Munich

Les enquêteurs évaluent actuellement si des groupes iraniens ont été impliqués dans l’attaque perpétrée le mois dernier contre un restaurant israélien à Munich, au cours de laquelle les assaillants ont brisé des vitres et lancé des engins explosifs à l’intérieur du bâtiment.

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Une stratégie mondiale déjà observée dans de nombreux pays

Les inquiétudes exprimées par les services allemands ne constituent pas un phénomène isolé. Depuis plusieurs décennies, les services de renseignement occidentaux et moyen-orientaux accusent régulièrement l’appareil sécuritaire iranien d’être impliqué, directement ou indirectement, dans des opérations clandestines menées à l’étranger. Ces activités ont été signalées ou documentées dans de nombreux pays, parmi lesquels l’Argentine, la Bulgarie, Bahreïn, le Liban, la Colombie, la France, le Honduras, le Japon, l’Autriche, les Pays-Bas, le Paraguay, les Émirats arabes unis, le Royaume-Uni, les États-Unis, le Canada, le Kosovo, l’Irak, l’Allemagne ou encore Israël.

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Les cibles prioritaires de ces opérations seraient, selon plusieurs enquêtes et rapports de renseignement, les institutions juives et israéliennes à l’étranger, mais également les opposants politiques, dissidents, journalistes ou militants hostiles au régime des mollahs.

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Plusieurs affaires ont marqué les dernières décennies, notamment l’attentat contre le centre communautaire juif AMIA en Argentine en 1994, l’attaque de Bourgas en Bulgarie en 2012, ainsi que diverses tentatives d’attentats ou opérations de surveillance déjouées en Europe et en Amérique du Nord.

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Le Hezbollah et les réseaux parallèles : les bras opérationnels de Téhéran

Pour étendre son influence et limiter son exposition directe, Téhéran est fréquemment accusé de s’appuyer sur des groupes alliés et des réseaux intermédiaires, au premier rang desquels le Hezbollah libanais. Le mouvement chiite, allié stratégique de l’Iran, est considéré par plusieurs États occidentaux comme un acteur central des opérations de projection iranienne à l’étranger.

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Selon des rapports sécuritaires et judiciaires, ces réseaux serviraient à mener ou faciliter des activités variées : repérage de cibles, logistique clandestine, collecte de renseignements, trafics illicites, contrebande, financement occulte et blanchiment d’argent. Cette structure permettrait aux autorités iraniennes de disposer d’un appareil d’action indirect, capable d’opérer sur plusieurs continents tout en maintenant une forme de déni plausible sur certaines opérations sensibles.

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